‹ Qu'est-ce que l'esprit françaisChapitre 6 sur 30 · GRACE, GOUT ET GAITÉ (H · texte numérisé non relu

GRACE, GOUT ET GAITÉ (H

« ... Examinons quels avantages d'ambition on trouvait en France à se distinguer par le charme de la grâce et de la gaîté, et nous saurons pourquoi ce pays offrait de l'une et de l'autre tant de parfaits modèles... »

Après avoir passé en revue les pays étrangers et énuméré les raisons qui rendaient leurs gouvernements insensibles à ces as-réments, M^^^ de Staël écrit :

« Ce n'était donc qu'en France où, l'autorité des rois s'étant consolidée par le consentement tacite de la noblesse, le monarque avait un pouvoir sans bornes par le fait, et néanmoins incertain par le droit. Cette situation l'obligeait à ménager ses courtisans mêmes, comme faisant partie de ce corps de vainqueurs, qui tout à la fois lui cédait et lui garantissait la France, leur conquête (2).

« La délicatesse du point d'honneur, l'un des prestiges de l'ordre privilégié, obligeait les nobles à décorer la soumission la plus dévouée des formes de la liberté. Il fallait qu'ils conservassent dans leurs rapports avec leur maître une sorte d'esprit de chevalerie, qu'ils

(1) Extr. de la Lilléralure considérée dans ses rapports avec les instilulions sociales.

Le titre entier du chapitre est :

« Pourquoi la nation française était-elle la nation de l'Europe qui avait le plus de grâce, de goût et de gaîté? »

(2) Les nobles ont longtemps été considérés en France comme les descendants des Francs : et c'est par une sorte de droit de conquête qu'on s'efforçait, souvent, de justifier leurs privilèges.

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