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LES FLEURS DU MOUVEMENT A RS pe
D ieun de seconds sauts, je puis laisser la jambe qui se trouve momentanément libre, tendue derrière moi
ou la relever en avant le genou plié, je puis la tenir
ployée en arrière ou tendue devant moi: Voici donc (abstraction faite de la tenue du pied), pour un même parti pris dans l'allure générale de l'individu, quatre figures nettement distinctes l’une de l’autre, quatre fleurs du mouvement, qui ne se ressemblent pas plus qu’un dalhia et qu'un chrysanthème, qu’une reine-marguerite et qu'un zinnia. Je choisis comme exemple, des fleurs qui, pour l’amateur de bouquets, sinon pour le botaniste, ont entre elles quelque similitude d'aspect, comme les quatre formes de sautillés que je viens de décrire.
Si je veux lever lentement et progressivement les bras complètement étendus, de la position qu'ils occupent, tombés naturellement le long du corps, jusqu’à ce qu'ils atteignent la position verticale vers le zénith, je puis les lever par les plans latéraux, c’est-à-dire, si j'ai le dos appuyé à un mur, en frôlant constamment ce mur des deux coudes ; ou je puis les lever par le plan sagittal, en les faisant monter devant moi constamment parallèles l’un à l’autre. Dans chacun de ces deux cas, je puis effectuer l’exercice les mains en pronation (la paume en dessous) ou en supination (la paume en dessus). Ce qui donne encore quatre fleurs du mouvement, différentes les unes des autres, comme le glaïeul, la digitale, l’aconit etle muflier.
Connaître clairement lesfleurs du mouvement, c'est
4 oo d | | QUES CE QUE LA DANSE ki savoir avec netteté, avec précision, de quels ‘éléments. Has linéaires se composent tous les gestes que l’on exécute, 4 quelles positions relatives chaque attitude exige dd chaque segment corporel, quelle place l’humérus etle . fémur y doivent occuper, par rapport au tronc, l'avant- : . bras et la jambe, par rapport au bras et à la cuisse, la main et le pied, par rapport aux membres qu'ils terminent, comment sera tourné chacun de ces segments, relativement au segment qui le précède, quelle inclinaison fera le torse avec la verticale du lieu, à combien de degrés environ chaque articulation ouvrira ou fermera l'angle formé par les deux articles rigides qu’elle réunit. :
Pour que cette connaissance devienne profonde, il faut que le danseur sache, et sache sans hésitation, obtenir le plus simplement, le plus rapidement, le plus économiquement possible l'attitude désirée. Il faut que des réflexes infaillibles se substituent, dans son système nerveux, à force d'exercices répétés,
aux actes intelligents et aux évolutions conscientes qui lui ont primitivement permis, par {âtonnements et par. corrections successives, d'arriver à la « pose » souhaitée. Et 1l ne s’agit pas seulement d'atteindre exactement ces « limites », que la danse classique nomme des positions ; il faut encore passer de l’une à l’autre par le chemin le plus bref, le plus simple, le plus sûr. En un mot, la connaissance des fleurs du mouvement ne saurait demeurer statique ; elle doit devenir cinématique, au point qu'un feu roulant d’innerva-
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