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Do ve FLEURS DU MOUVEMENT FRE ie
PU. de odions et de decohtaens alt
détermine la série des poses du danseur, sans une con-
fusion, sans une erreur, sans une gaucherie. Nous
: | verrons bientôt que la culture rythmique seule peut
développer pleinement cette habileté. Pour l'instant,
constatons simplement la nécessité d'y atteindre ; ne * nous préoccupons pas des meilleurs moyens pour le
faire.
Si elle est vraiment profonde, la connaissance des fleurs du mouvement ne comportera pas seulement une parfaite collection d'images motrices et de leurs représentations dynamiques, elle comprendra aussi la perception du.rapport intime entre chaque geste exécuté et sa valeur expressive, perception dans une certaine mesure intuitive, mais, pour une part néanmoins, parfaitement déductive, bien que d’une acquisition dif- ficile et longue. ”
C'est encore plus au chorégraphe qu'à l’exécutant (si celui-ci ne « règle » pas lui-même ses danses) que cette connaissance est nécessaire, pour combiner des suites d’attitudes exprimant toutes rigoureusement ce qu’elles veulent dire et concourant, sans contradictions, à un caractère déterminé.
Reprenons l'exemple, que nous donnions tout à l'heure, des bras montant peu à peu, de ia position où ils pendent vers le sol, Jusqu'à celle où ils se dres- sent vers le ciel et considérons seulement deux formes différentes de ce mouvement : leur ascension par le plan sagittal, les mains en pronation (la paume
tournée : versle sol) et leur ascension par fe même Le plan.
oi mains en supination (la paume en dessus). Das 0 ‘le premier cas, la série des attitudes du danseur expri- 0 mera sa supériorité morale, sa puissance certaine sur
le phénomène ou sur l'individu avec lequel il se confronte, et le degré d’inclinaison des bras (verticaux. vers le sol, obliques en bas, horizontaux, obliques en haut, verticaux vers le ciel) déterminera quantitativement l'énergie d'une autorité dont la qualité demeure constante, pour toute la série de ces positions succes- sives. | Les bras baissés très obliquement devant soi, c’est le. commandement doux à un être ou à un élément qui ne peut même pas tenter un semblant de résistance.
Les bras horizontaux, c’est la bénédiction du pontife » à la foule courbée devant lui ; c’est Neptune pronon-
cant, sur les flots déchaînés, son irrésistible : Quos ego...
Les bras levés tout droits, c’est le spasme d’incantation, trahissant l'effort surhumain du magicien ;
c'est Esclarmonde évoquant les esprits qui obéissent
à sa voix exallée.
Les mêmes gestes, exécutés la paume de la main ‘en dessus, signifientexactement le contraire : l'abandon d'un être à des forces supérieures, aux volontés d'un maître souverain, avec toutes les nuances quantitatives d'intensité, déterminées par leur inclinaison.
Les bras en bas, c’est Marie, répondant à l'annonce de l’Ange : Fat voluntas tua !
À a É Pat ARE
“a ta mains dues horizontalement, les deux pouces 1 en dehors, c'est la prière ; c’est Pharaon faisant, aux | us pus puissants que lui, une offrande, qui n’est, elle-même, qu'une forme d'imploration.
Levées aux nues, c'est Niobé, au comble du désespoir, suppliant Zeus de la changer en pierre.
put Le danseur devra connaître, de la sorte, toutes les __ caractéristiques dynamiques et expressives de tous les gestes quil emploie, de tous les mouvements qu'il ajoute à son activité motrice naturelle, à sa mimique spontanée ; ce qui l'oblige, du même coup, à augmenter sans cesse son vocabulaire corporel, à chercher sans répit des expressions nouvelles, plus précises, plus délicates, plus fortes, serrant de plus près sa pensée, la traduisant avec plus d'adresse, de grandeur ou de force. Et. au fur et à mesure qu'il accroîtra ce répertoire presqueillimité d’attitudes et de mouvements, il devra les classer méthodiquement, logiquement dans son esprit, par catégories et, pour ainsi dire, par gemmes, selon des points de vue mécaniques et psychologiques soigneusement sériés, nuancés, étiquetés, lui permettant ensuite d'éliminer toutes les expressions inutiles et de retrouver immédiatement, selon ses besoins, les figures contrastantes ou similaires rigoureusement convenables, qui communiqueront à son éloquence plastique la justesse d’accent, la variété de ton et l’unité de style, sans lesquelles il n’est pas d’art possible. |
LES FLEURS DU MOUVEMENT pu e | ai sn LR MANS
Combien, hélas ! la plupart des danseurs atrophient ha ;
au contraire, et boursouflent tout ensemble leur langage, le réduisant à un petit nombre de locutions, conservées au hasard, toujours les mêmes, qui ont paru plaire, dont on use et dont on abuse ensuite à tort et à travers, et que l’on « force » tant et plus en vue exclusive de l'effet !
Et combien se trompent les novateurs, qui utilisent inconsidérément et hâtivement quelques formules neuves, découvertes par une heureuse intuition, et s'en servent avec un empirisme aveugle, sans souci de les ordonner, de les cataloguer, de trouver patiemment les chaînons intermédiaires, reliant Les uns aux autres tous les gestes qu'ils utilisent, permettant leur classement logique et, par là même leur réduction à quelques types essentiels, nécessaires, soigneusement et savamment choisis pour leur beauté supérieure et pour la richesse de leur sens. |
« Tout le reste est littérature » ; tout le reste, du moins, est rhétorique, rhétorique au mauvais sens du mot, au sens de bavardage, d’afféterie, de tarabiscotage et d’esbrouffe.
Jl n’en saurait d’ailleurs être autrement, si ces ornements du geste, si ces fleurs, comme nous venons de les nommer, prétendent s'épanouir sans discipline, au gré de je ne sais quelle fantaisie aléatoire, si ce