‹ Qu'est-ce que la danse?Chapitre 17 sur 52 · DANSEUSE GRECQUE. BAS-RELIEF EN MARBRE.(MUSBE DU LOUVRE · texte numérisé non relu

DANSEUSE GRECQUE. BAS-RELIEF EN MARBRE.(MUSBE DU LOUVRE

H suffit de regarder les figures féminines du moyen âge, pour constater que le sens des attitudes séduisantes ne s'était aucunement perdu à cette époque de foi vive. (P. 167.)

Photo Neurdein.

STATUE DE LA FAÇADE OCCË TALE. XIVe SIÈCLE. (CATHÉDM DE STRASBOURG.)

RD AUTHMES 0 À Qu

tion de celui-ci dans un cadre qui convient aux valeurs nouvelles mais force à déplacer tous les accents.

Une fois acquises ces connaissances rythmiques, il réste à pénétrer la Valeur expressive, c’est-à-dire l’élé-

ment psychologique du rythme. Dans cet ordre d'idées,

on se trouve encore en présence de principes très nets, très objectifs. Avec un exercice suffisant on parvient à discerner clairement le régime des genres, masculin ou féminin, du binaire et du ternaire, à reconnaître que l'expression des pieds composés de valeurs égales diffère totalement de celle des pieds composés de valeurs inégales, les premiers déterminani toujours des rythmes d'action et les seconds, tou-

jours des rythmes de passion, et que, parmi ces der-

niers, ceux où les longues précèdent les brèves offrent un caractère de joie, de bienveillance, d’euphorie opposé à celui de souffrance, d'hôstilité, d’irritation présenté par les pieds ou les brèves précèdent les longues. On peut arriver à prévoir, à coup sûr, comment, au point de vue émotif, les rythmes de chacune de ces catégories réagissent les uns sur les autres, selon des lois de priorité et de hiérarchie parfaitement justifiables et fixes, à pénétrer le dynamisme subtil des amphibraques et celui des syncopes qui en dérivént et, enfin, à appliquer aux rythmes coupés de silences toutes les particularités des rythmes à pieds pleins, avec les modalités expressives nouvelles dérivant de ces arrêts du mouvement.

Mais, pour posséder la science rythmique d’une

NAT) fa AA S

Ep AU A A Gr Eee CE QUE LA DANSE

manière utile à l'exercice de son art, le de 0 nous paraissions l’avoir un peu-perdu de vue — ne doit pas seulement connaître toutes ces choses, 1l doit

les sentir profondément. Et comment les sentirait-il,

s’il n’est capable de réaliser personnellement, avec chaque segment de son corps, tous les rythmes pos-

sibles, d’en figurer plastiquement les éléments infiniment variables de vitesse, de durée, d'intensité et de cohésion ? Et comment, réciproquement, les figurerait-il, s’il ne les connaît pas, s'il ne perfectionne constamment son dynamisme naturel, s’il se contente toujours du répertoire spontané de gestes, que lui suggèrent ses intuitions, répertoire forcément très limité, très incomplet, très approximatif ?

On se trouverait là en présence d’un dilemme fâcheux, d’un postulat décevant, si l'acquisition de la science du rythme et le perfectionnement des habitudes motrices n'étaient précisément « fonction » l’un de l’autre et si la meilleure, ou, pour mieux dire, la seule façon d’acquérir l'intelligence, le discernement et la sensibilité rythmiques n'était de - s'exercer à représenter tous les rythmes et toutes leurs modalités au moyen d’attitudes segmentaires, au moyen d'innervations et de mouvements rigoureusement proportionnés à leurs valeurs et à leurs accents.

Je disais plus haut que le rythme n'est l'élément propre d'aucun art et qu'il est l'élément primordial

de tous. C'est qu'il est, en effet, d'essence purement .

Page 1