‹ Qu'est-ce que la danse?Chapitre 25 sur 52 · TERPSNGHORE E ET URANIE OUR · texte numérisé non relu

TERPSNGHORE E ET URANIE OUR

jet u périphérie d'un demi-cerele. Si j je veux parcou-

même nombre de pas, il faudra que la musique qui m accompagne joue plus fort pendant mon parcours de la courbe que pendant mon parcours de la ligne droite. Si, au contraire, je veux accomplir tout le trajet avec la même vitesse linéaire, il faudra, pendant que je marcherai sur la demi-circonférence, une musique plus « longue » ou plus « lente » que celle exécutée pendant que je marche sur le diamètre. Le rapport de la circonférence au diamètre (que les géomètres nomment x) régira nécessairement ce crescendo musical ou cette élongation de mesure, qui donnent au spectateur, parleur réalisation chorégraphique, le premier, le sentiment que le danseur est lancé sur une courbe concave, la seconde qu'il franchit une courbe convexe... Et je ne parle pas des arrêts, des temps forts, de toutes les particularités de cohésion et d'accent qu'exigent, suivant des lois parfaitement

constantes et vérifiables, les angles de toutes sortes

rencontrés, en cours de route, dans les diverses figures.

Quand il s’agit du parcours d'une ellipse, la vitesse

et l'intensité de la musique, en raison des mouvements

pendulaires requis par cette sorte de trajet, se trouve soumise à des variations plus complexes encore. Ici triomphe cette mathématique des nuances, à laquelle je faisais allusion tout à l'heure. Un danseur, qui aura

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| souvent effectué des trajets des. : avec use Fe

modalités d'accélération que comportent ces courbes,

aura acquis un sens extraordinairement précis el affiné du crescendo et du diminuendo, de l'accelerando et du ritenuto sonores.

Beaucoup de personnes pensent se faire les avocats du sentiment artistique en s’élevant a priori contre toute culture systématique du rythme corporel, soit dans la durée, soit dans l’étendue. Pour répondre à leurs objections, il me serait facile de reprendre les arguments que, tant de fois, les esthéticiens durent invoquer en faveur des diverses techniques. Ce seraient là des redites inutiles, probablement sans effet et d’un caractère trop général pour un livre exclusivement consacré à la Danse.

On sait assez, par toute l’histoire de l'art, que chaque progrès y a toujours été taxé de complication scientifique et que ce furent généralement les esprits les moins personnels, les créateurs les plus dénués de sensibilité qui redoutèrent le plus — à juste titre d’ailleurs — que leur mince génie ne fût étouffé par le perfectionnement méthodique du langage. Moins on a de choses à dire, plus on se méfie d’un riche vocabulaire et d’une syntaxe subtile. Le « petit nègre », qui passe, dans toutes les époques de décadence, pour le fin du fin du style, n’est que la marque d'une mentalité puérile et d’un tempérament affaibli.

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