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LES DIVERSES SORTES DE DANSES Aie me
1 | nombre de ekécutants, plus encore que pour les pieds du vers français :
De la musique avant toute chose
Et pour cela préfère l’impair
Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
La danse à trois, cinq, sept ou neuf danseurs apporte au chorégraphe, surtout quand il s'attaque à de la musique moderne, des ressources supérieures de variété, d'esprit, de figuration, une richesse de combinaisons beaucoup plus grande, la plupart du temps, que les danses à nombre pair de partenaires. Celles-ci conviennent, au contraire, à la musique classique,
dont la carrure est fixe, constante et rigoureuse.
Mais, dès qu’on arrive aux grandes masses chorales (et vingt danseurs forment déjà une masse), il faut renoncer aux rythmes délicats et choisis dans l’espace, aussi bien qu'aux rythmes subüls dans le temps. « Un orchestre bien plus nombreux garde pourtant sa souplesse et sa clarté! » me direz-vous. C’est que l’orchestre, "grâce à la variété des timbres, retrouve dans la diversité des groupes sonores, des « paquets » instrumentaux, comme de nouvelles individualités à plus grande échelle, tandis que les timbres, c’est-à-dire les expressions individuelles des danseurs, se fondent, se perdent complètement dans de bien plus petits ensembles. Le subterfuge de costumes très différents
» peut rendre quelque unité à des groupes de danseurs
A DE ou EST-CE Que 1 LA DANSE |
nombreux. c’ estce qu’on cherche, au nee RO dans a
les finales des Revues. En tout cas, les grands futi dé danse, les « foules » ne peuvent prétendre qu’à cer- | taines impressions de force et de pittoresque.
Ils y atteignent, avec puissance, quand ils sont bien réglés. On peut citer le ballet de Shéhérazade, tel que l'ordonna M. Fokine, comme un admirable modèle du genre. Mais alors ce ne sont, à vrai dire, n1 ie rythme géométrique ni le rythme musical qui entrent en jeu. C’est l'effet théâtral, un effet un peu « gros ». On ne peut guère reconnaître, dans ces impressionnants ensembles, de véritables œuvres d'art, même s'ils pré- sentent un caractère grandiose ou tragique, comme on l'obtint parfois dans telle mise en scène de Gluck ou de Sophocle ; l'émotion, dans ce cas, ne dérivant que d’un effet purement physique, où l’'entendement n’a, pour ainsi dire, aucune part. On constate, en effet, que la danse d'agrément personnel, pratiquée en grandes . masses, avec entrain, produit les mêmes résultats. Le galop final du Bal de la Courtille, avec ses tournoiements endiablés, prenait une sorte de beauté démoniaque, venant d’une totalisation d'efforts, d’excitation et de folie. Qui oserait affirmer que ce fût là un véritable spectacle d’art ?
L’exaltation supérieure du rythme, son plein épanouissement musical ne saurait, en somme, se trouver ni dans le solo de danse, qui, forcément monotone, n’intéresse pas longtemps le spectateur, si l’on n'y recourt à une virtuosité corporelle d'essence plus ou
louis XIV, Poussin dut voir de belles
es, de superbes danseurs, comment venté de toutes pièces ces souplesses tes et ces magnifiques élans ? (P.179.)
NICOLAS POUSSIN : BACCHANALE (FRAGMENT). FRANCE. DIX-SEP- TIÈME SIÈCLE. (NATIONAL GAL- LERY. LONDRES.)