‹ Qu'est-ce que la danse?Chapitre 5 sur 52 · LE DANSEUR · texte numérisé non relu

LE DANSEUR

vanr d'étudier de plus près ce qu’est la Danse et à Â quelles conditions de forme, de mesure et de lyrisme, elle doit satisfaire pour atteindre la perfection, J'aimerais considérer le danseur lui-même, je ne.

dirais pas en dehors de son talent professionnel, mais

abstraction faite de ce talent et, pour ainsi dire, anté- … |

rieurement à son acquisition.

Ne devrait-on pas toujours d’ailleurs « sonder les reins » de ceux qui veulent se consacrer à un art, quel

qu'il soit, ou, pour employer une expression plus

simple, mais qui semble, comme tant d’autres, s'être

dépouillée aujourd’hui de sa signification profonde, se

demander d’abord s'ils ont vraiment la « vocation » ?

Or, plus on va, plus les exigences d’une virtuosité folle, d’une concurrence effrénée obligent — on le croit

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. entité déc exercices tathhiquese qui doivent assurer leur dextérité à

les prodigieux et insupportables automates que nous

fabriquent désormais les Conservatoires, dans ces con- ditions fâcheuses, où la psychologie n’a rien à voir, ni dans une détermination purement arbitraire des

parents du futur phénomène, ni dans les préoccupa- tions exclusivement mécaniques des maîtres et des examinateurs.

Pour la Danse, une erreur de vocation est plus grave

encore ; elle est plus rare aussi, puisque les conditions

indispensables du succès y tiennent étroitement à la

personnalité du sujet, à ses aptitudes physiques, à ses

aspirations et à ses facultés.

Dans la Danse. en effet. et c’est ce qui la rend si p 2

séduisante et si difficile, l'artiste est très souvent le créateur de l’œuvre qu'il exécute ; il en est toujours à Ja fois l'interprète et l'instrument. Il compose la danse et la joue lui-même avec son propre corps.

Comme instrument de son art, le danseur doit,

avant tout, être beau. C'est sans doute par là qu’il

touche le plus grand nombre d'individus. Que la Danse soit considérée sous sa forme mondaine : danse-amu- sement, danse de salon, ou sous sa forme théâtrale :

venir et les « prédestinés » de la musique, par exemple, pauvres bambins de cinq ou six U ans, ne sont appelés vers elle ni par le Destin, ni par un goût marqué, par un don évident, mais y sont poussés par l’inflexible vanité de leur famille. On sait assez

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souple, vigoureux, aimable de visage ; une belle dan- 30

seuse c’est une danseuse belle, aux traits charmeurs, son

élégante, harmonieuse de formes, agréable à serrer dans ses bras ou à tenir dans le champ de sa lorgnette, quelle que soit d'ailleurs la qualité de ses mouve-. ments. si Aussi la Danse, aux yeux du grand public, semblet-elle plus faite pour la mise en valeur de la beauté, comme prétexte à la présentation, quelquefois à l’étalage de grâces, qui sans elle demeureraient cachées, que la beauté n’est faite pour la Danse. Beaucoup d'artistes, qui se croient émus par la Danse, y demeurent | en réalité très insensibles et ne sont guère touchés que par les formes des interprètes, par le cadre où ils évoluent, — décors et costumes. Pourvu que ces formes soient attirantes et ce cadre pittoresque, ils s’illusion-

nent complètement sur la valeur chorégraphique du .

spectacle.

Évidemment la solidarité de la Danse et de la beauté plastique de ses ministres est fort étroite et rien n’est,

en effet, plus admirable qu'un beau corps humain évo-

luant suivant des rythmes choisis et traduisant, par

ses arabesques dans l’espace, les inflexions d’une phrase mélodieuse. Il y a, dans ce jeu, pour la chair de la femme, « argile idéale et fragile », pour le. magnifique organisme qu'est un corps viril bien découplé, comme une sorte de glorification, d’apo- .

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