‹ Qu'est-ce que la musique?Chapitre 10 sur 48 · CHANTEUSE DES RUES · texte numérisé non relu

CHANTEUSE DES RUES

une hiérarchie quelconque. Le ÆRécitatif, la Mélodie proprement dite et l'Air ne constituent pas des degrés d'émotion musicale supérieurs les uns aux autres. N'’attachons pas à cette classification une idée de « qualité », mais seulement une idée de « quantité » mélodique. Si l’air est plus organisé que le récitatif, cela ne veut pas dire qu'il soit plus musical. ni plus expressif ; il est autre, voilà tout ! Une valse de Métra est aussi organisée qu'un scherzo de Beethoven, et ne vaut pourtant pas telle psalmodie liturgique qui l’est à peine. »

Cette classification conventionnelle mais claire permet de comprendre pourquoi si souvent, entre créateurs et dilettanti, s'est produit le malentendu qui consiste à refuser le caractère mélodique à une monodie, uniquement parce qu'elle présente un degré d'organisation auquel on n'est pas encore accoutumé.

L'A/ceste de Gluck, le Faust de Gounod, le Tannhauser de Wagner furent accusés, à tour de rôle, de manquer de mélodie, par des amateurs pourtant éclairés. Quand ces œuvres apparurent, ils disaient : « Je ne comprends rien à cette musique ! » et en concluaient : « elle n'est pas mélodique », parce qu'une musique semble toujours manquer de mélodie à qui ne la comprend pas. Or, qu'est-ce que comprendre de la musique? Retournez le problème en tous sens, vous reconnaîtrez bientôt que c'est uniquement se sentir capable de la retenir, ce qui ne dépend ni de sa valeur dynamique ni de son contenu expressif, mais uniquement de sa facture, de son degré de symétrie, de

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