‹ Qu'est-ce que la musique?Chapitre 21 sur 48 · FD A · texte numérisé non relu

FD A

vrant les fonds d’une poussière ténue; et dans l’immuable prestige de la nuit profonde et bleue, le cor anglais et la clarinette tour à tour disent la fuite lointaine des nuages. Parfois ce n’est qu'un murmure insaisissable, glissement silencieux des vapeurs, dans les plaines veloutées de l’espace, et parfois la rapide ascension de quatre notes mordantes active, d'un souffle plus vif, la course mélancolique des grandes nues. Les violoncelles éclairent à peine cette obscurité de leurs calmes pizzicati, les bois y mettent des brises plus lumineuses, et quand la flûte mêle à tous ces chuchotements la blancheur de sa voix, on dirait qu'un rayon de lune, filtrant à travers les grandes ouates fugaces, jette sur leurs silhouettes un peu de sa clarté crayeuse... jusqu'à la minute où Le cor anglais, coassant encore sur un minuscule frisson de timbale, agonise parmi le grésillement de quelques cordes pincées… Tout cela d’une variété de nuances inexprimable, d'une poésie pénétrante; musique le plus minutieusement blutée qui se puisse concevoir.

Malgré tout, l'exemple de Debussy, même à ne l’envisager que comme instrumentateur, fut dangereux, parce que ses défauts, pareils à ceux de tous les maîtres, sont faciles à imiter, et peut-être en eut-il davantage que ne le comportait son assez frêle génie.

À coup sûr, les piocheurs qui le suivirent, les pointillistes enragés, qui n’écrivent pas dix mesures de suite pour le même instrument, nous intéressent quelquefois, nous étonnent, nous «amusent », comme on

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e dit à présent, par le cliquetis, le “miroitement, ee

5e étincelles, lesdéclics et les soudaines éclipses de leurs sonnailles. Ils n’oublient qu’une seule chose : le fluide F mystérieux qui enveloppe, qui enivre, qui apaise ou ; qui réconforte tour à tour : la musique, en un mot!

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