STATUE DE VICTOR HUGO
LR Tr. :
bien mal choisie. Le plus dogmatique des contrapuntistes ou des harmonistes doit reconnaître que les « lois » de son art, comme il dit, ne sont que des recettes trouvées, recueillies avec infiniment de sagacité, de goût et d'expérience, c’est entendu, mais enfin sujettes à variation et dérivant beaucoup plus d habitudes empiriques que de certitudes objectives, tandis que les « lois » de l'architecture tiennent à des nécessités matérielles parfaitement mesurables, constantes et certaines, dans les conditions données de la vie planétaire.
La musique peut librement organiser tout ce qu'elle imagine, sans aucun contrôle de la raison, et le réussir, dès que le génie s’en mêle, accumuler dissonances sur dissonances, voire cacophonie sur cacophonie; il y à toujours des oreilles complaisantes pour s'adapter aux plus grandes audaces et des esprits aventureux pour s'y complaire.
L'architecture, elle, n’a qu’une origine; son étymologie même l'indique. Le nom de cet art fut bien choisi. Il s’agit, étant donné les matériaux d’une contrée et les besoins de ses habitants, de couvrir le mieux possible telle ou telle étendue de terrain ; etle premier précepte que doit respecter le constructeur, c’est l'adaptation parfaite de son monument, temple ou maison, halle ou forteresse, à certaines conditions mécaniques d’équilibre et à la « demande » de ses contemporains. Supports et couverture, tout est là, finalement pour lui.
Par là même, la beauté primordiale et essentielle
TS RE Meur
AT NE TE AR PC NE PRE NOEN TES OI PARNUE 174 PAL CM EN MR A MALE I ni LÈ AMOR [
de son œuvre, sa perfection esthétique, réside presque uniquement dans sa logique et dans sa solidité. La cathédrale de Beauvais s'écroule parce qu’on veut la faire trop haute. La Symphonie la plus extravagante ne fera pas tomber la salle de concerts où on l’exécutera, ni mourir aucun des auditeurs.
Si l’on veuttrouver, dans les arts plastiques, quelque comparaison avec la musique pure, ce n’est pas dans l'architecture qui, par tout un côté, tient de si près à la physique et à la géométrie, qu'il faut la chercher, mais bien dans l’ornementation, dans ce que l’on nomme aujourd'hui, faute d'un meilleur mot, « l'art décoratif ». Ici aussi la géométrie joue un rôle essentiel, mais combien plus libre, plus dégagé, plus pur (voici l’épithète des mathématiciens qui reparaît!) que dans l'art de bâtir, où les sciences physiques, la minéralogie du carrier, du couvreur et du plâtrier, la botanique du charpentier et de l’ébéniste, la chimie du < vitrier et du plombier, entrent si puissamment en jeu. Comme le compositeur de sonates, le décorateur dispose librement de ses signes, choisit à sa guise ses groupes thématiques; comme lui, illes combine en vue de la variété, tout en leur conservant partout le même style, le même aspect général, par souci de l’unité. Comme le musicien, il expose et développe ses motifs liminaires, les reprend, les répète et les module, lui aussi, selon des « lois » qui, pour n’avoir pas été aussi strictement codifiées que celles de l'écriture et de la composition musicales, n’en auraient pas moins pu l'être : lois de
pes