PARTIE APPLIQUÉE DES SYSï . DE PSYCHOL
arbitre el delà volonté, (jui, au tond, se réduit à ceci , que tout le inonde comprendra : si l'homme est très - raisonnable et trèslibre, ou si, au contraire, il l'est très-peu; sur cette question, dis-je , les philosophes se divisent en deux camps, dont l'un est pour la liberté absolue et presque illimitée , et l'autre pour la liberté inliniment restreinte , et presque pour la nécessité ; ce qui n'empêche pas qu'il n'y ait des moralistes qui ont vu la raison et la liberté , ce qu'elles sont : une chose réelle , mais limitée, incertaine et flottante, suivant une multitude de motifs divers de détermination.
Dans le camp des partisans d'une raison et d'une liberté trop absolues, on compte, j'ai à peine besoin de le dire, Platon, les Stoïciens , les Pères et les Docteurs de l'Église , Descartes , Mallebranche, Clarke , Cudworth , King , Leibnitz , Kant et son école , et tous les partisans des idées et des principes innés , tous les fauteurs de l'absolu , soit en idéologie , soit en morale. Dans le camp opposé, nous retrouverons surtout des philosophes tenant de plus ou moins près aux doctrines du sensualisme, et, parmi eux pourtant , quelques idéalistes. Ce seront, par exemple, Pyrrhon, Hobbes, Hume,
Hartley , Priestley , Charles Bonnet , d'Alembert, Hemsterhuis , Helvétius , le baron d'Holbach , et en général la plus grande partie des philosophes français du dix-huitième siècle. Enfin , entre les deux camps et parmi les philosophes qui me semblent avoir le mieux vu ce que sont la raison , la liberté , la volonté , leur nature , leurs limites et leurs variations , je citerai A ristote, Bacon , Locke, Collins, Bayle, s'Gravesande, Voltaire, Maupertuis, Ferguson et les autres moralistes de l'école écossaise , bien que ces derniers me paraissent avoir sur ce sujet des idées un peu trop relevées.
Je ferai remarquer toutefois que la même incertitude , la même extensibilité , qu'offre , dans la nature et dans ses théories , la liberté morale , se retrouve, la plupart du tems , dans les opinions des auteurs qui en ont traité. Ainsi le fatalisme des Stoïciens ne les empêchait pas d'accorder à l'homme , sur lui-même , un empire démesuré et que personne ne lui a plus accordé Jdepuis eux ; ainsi le sensualisme d'Aristote n'a pas fait que ce philosophe ait apprécié, avec moins de vérité, la liberté humaine (i);
(1) Aristote , Ethicor. Nicomach. , lib. m, cap. iv cap. 7; lib. vi , cap. n; lib. vu, cap. m , vu. — Ma-