‹ Qu'est-ce que la phrénologie?Chapitre 23 sur 56 · PARTIE APPLIQUÉE DES SYST. DE PSYCHOL · texte numérisé non relu

PARTIE APPLIQUÉE DES SYST. DE PSYCHOL

ainsi Épieure, qui faisait encore une plusprande part aux sens , était aussi stoïcien que Zenon , quand il s'agissait du libre-arbitre et de la vertu (i) : et l'on retrouverait des singularités, des incertitudes, des contradictions du même genre dans Cicéron, Erasme, Bramhall, King, Chub, Voltaire, Cb. Bonnet, d'Alembert, etc. Cela tient , comme je le disais , à la nature de la question, qui varie suivant même la disposition d'esprit où l'on se trouve en l'examinant , et qu'il est, du reste, fort difficile d'envisager dans tout son ensemble.

En cherchant néanmoins à la ramener à ses plus simples termes , en la dépouillant de toutes les questions accessoires , de toutes les considérations morales et surtout théologiques qui l'obscurcissaient , ou ne permettaient pas de la traiter avec indépendance , on ne conçoit guère qu'elle ait pu être le sujet d'opinions, en apparence, aussi

f/rtor. Moral., lib. I, cap. xn, xm , xiv , xv , xvi , xvil. — Ethicor. Eudeni. lib. v, cap. n , m.

(1) Épicure, voyez Diogène Laërce , lib. x, Epicur. Mcnecœo. — Gassendi, De Moral. Philos. Epicur i animadvers. , dans le t. ni Philosophiœ Epicur i . — Lucrèce, De Rerum nalurâ, lil>. n , vers. 25 1 et serju.

différentes , et d'aussi étranges divagations. L'homme est un être essentiellement et spontanément actif, mais qui ne se détermine à agir que sur des motifs , et une action non motivée, ou motivée seulement sur le désir de prouver son libre arbitre , ne serait pas une preuve de liberté illimitée, ou de raison toutepuissante , mais serait tout simplement , comme dit Locke , un si.one de folie. Dans tous les systèmes imaginables , il ne saurait donc être question d'une liberté absolue , et ces systèmes ne diffèrent entre eux que par les limites qu'ils assignent à cette liberté, c'est-à-dire pour la résultante des motifs d'action qu'ils font entrer en ligne de compte ; c'est encore ici , comme on le voit , une affaire d'observation .

Or , cette observation , pour quiconque voudra la faire de bonne foi , sans orgueil , et sur soi-même afin d'être moins exposé à se tromper, cette observation montrera, jusqu'à l'évidence, que les motifs de détermination ou de volonté sont , pour ainsi dire , innombrables , et n'ont presque jamais été complètement envisagés dans les théories du libre arbitre. Elle fera comprendre que Hobbès ail pu dire que la volonté il est point une action volon-

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