PARTIE APPLIQUÉE DES SYST. 01 PSYCHOL. SS
verses dichotomies physiologicfues , philosophiques et théofogiquesL
Il est assurément incontestable que nous sommes plus invinciblement entraînés , que nous agissons moins librement , avec moins Ôe tems pour nous reconnaître , pour peser les motifs réels tle nos actions , leur résultat à venir , lorsque nous nous déterminons en vertu des principes inférieurs d'action ou des affections égoïstes , que dans le cas où nous sommes mus par les affections bienveillantes ou supérieures, on intelligentes, par la prudence , le sens moral, la raison Mais il est également irréfragable, d'après les travaux même de l'école écossaise , que nous n'agissons jamais que par suite d'un sentiment intérieur de bien-être , ou , si l'on veut , d'un sentiment d inquiétude , de désir , qui appelle ce bien-être ; et cela, aussi bien dans l'action du sens moral que dans celle de la faim et de la soif. Il faut donc reconnaître que , dans le cas où les affections supérieures, bienveillantes , raisonnables , ou , si l'on veut, les facultés qu'elles supposent , sont naturellement très-dévcloppées , ou accidentellement excitées avec beaucoup de force, elles peuvent nous entraîner avec presque autant de violence que le font les affections inférieures
ou égoïstes, et, par conséquent , ne pas nous laisser un beaucoup plus grand degré de liberté que ces dernières ; et c'est ce qui a lieu , en effet, chez les hommes essentiellement bienveillans, comme chez ceux qui sont réellement, et par droit de naissance, artistes , poètes, savans , philosophes. D'ordinaire on ne tient pas compte de ces derniers faits pour la question de la liberté , parce que de pareilles dispositions ou de pareilles actions sont utiles à la société , ou au moins ne lui nuisent pas , tandis que l'action des affections inférieures non-seulement ne lui sert à rien , mais , la plupart du tems, lui est préjudiciable. Mais, il n'en reste pas moins prouvé que , dans la pratique des affections bienveillantes , comme dans celle des affections égoïstes ou des appétits, nous n'agissons jamais que d'après des impulsions ou des motifs internes souvent très-impétueux, et qui peuvent, dans l'un et dans l'autre cas, se ramener à la formule générale du plaisir que nous avons àagir, soit dans le bien, soit dans le mal ; ce qui faisait dire à Bacon , que le plaisir et la douleur sont aux affections en .général , ce que la lumière est aux couleurs ( i ).
(1) De Difjnitate et /fur/mentis Scientidrum, 1. vu, c. nu