PARTIE APPLIQUEE DF.S SYST. 1)1. PSYCHOL
volonté d&inïtivè, résultante d'un certain nombre de volontés ou de volitions partielles , cette nécessité d'une détermination motivée , ne saurait anéantir le peu de libre-arbitre dont nous jouissons; ils l'établissent , au contraire, et l'on ne comprend rien de pareil à cette liberté dans la chute dune pierre, dans la courbe d'un astre, dans lesmouvemens organiques et involontaires de tous les animaux et de l'homme lui-même. Il est certain que nous pouvons, dans un grand nombre de cas, revenir sur une détermination, suspendre un mouvement commencé, même quand il est relatif aux affections les plus basses , aux instincts les plus grossiers. En outre , on ne saurait nier que , dans la lutte des passions avec la raison , des appétits avec le sens moral , ce pouvoir ne s'étende encore assez loin , et que ce triomphe de la volonté ne puisse mériter le nom de vertu sous lequel on le désigne. La liberté ne consiste pas seulement à agir, comme l'ont dit Voltaire (i) , Charles Bonnet (2) , et beaucoup d'autres philosophes , mais elle consiste à vouloir , comme
(1) Traite de métaphysique , 1734, chap. vu.
(2) Œuvres de Bonnet, in~4° , 4782, Essai analytique sur les faculté s de Vaine, ch, xn, p. 87, dans le t. vi.
l'a mieux exprimé Collins (i). L'homme moral est donc quelque chose de plus que cette balance dont parle ee dernier , qui, ayant la conscience de ses mouvemens , s'imaginerait être libre , quand un nouveau poids viendrait à rompre l'équilibre de ses plateaux (2) ; et pour que la doctrine de la nécessité , appliquée à l'appréciation des fautes , ne conduise pas à des conséquences funestes , quoique opposées à celle de la doctrine contraire, c'est-à-dire, à une impunité presque entière des délits et des crimes , il a fallu qu'on y regardât les châtimens comme un motif suffisant d'action en sens opposé pour les coupables , ou pour ceux qui seraient tentés de le devenir. C'est ce qui faisait dire à d'Alembert , que « fussions-nous assujétis , dans nos actions , à une puissance supérieure et nécessaire , les lois et les peines qu'elles imposent n'en seraient pas moins utiles au bien physique de la société , comme
(1) Recherches philosophiques sur la liberté de f homme.
(2) Cicéron avait déjà eu l'idée de cette comparaison. Voici ce qu'il dit , au chap. 4 2 du livre iv des questions académiques : « Ut enim necesse est lancent in libra , ponderibus impositis , deprimi , sic animum perspicuis ce d ère. »