‹ Qu'est-ce que la phrénologie?Chapitre 39 sur 56 · PARTIE PRATIQUE DU SYSTEME DE GALL · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE DU SYSTEME DE GALL

besoins;, des appétits, des penchans, on dit que l'instinct L'a emporté sur l'entendement , la chair sur l'esprit , que la raison a fléchi , et que le vice a triomphé. Dans ce dernier cas, la résultante de toutes les impulsions a à peine été formulée en jugement par les facultés supérieures ou réflectives , et c'est alors que Ton a pu dire qu'on s'est déterminé, qu'on a agi sans réflexion , sans raison»

Ce que je viens de dire de la raison , ou du prononcé des facultés supérieures , d'après les principes de la doctrine de Gall , pourrait tout aussi bien s'appliquer au libre-arbitre. C'est que le libre-arbitre et la raison ne sont , sous des noms différens , que le même point de vue de l'entendement. L'homme ne jouit du librearbitre ou de la liberté morale, qu'en vertu de discussions intimes dont sa raison le rend capable , et , d'après ce que je viens de dire de toutes les conditions en vertu desquelles la raison prononce un jugement, lorsqu'elle est en demeure de le prononcer , on peut bien affirmer que ces dénominations de libre-arbitre, ou de liberté morale, ne lui conviennent que trèspeu. La moralité, l'arbitre, ou plutôt l'arbitrage intime des déterminations de l'homme

ne sont point complètement libres ; ils sont , au contraire , environnés des liens les plus assujétissans, et restreints dans d'étroites limites. Rien , en effet , dans une foule de cas , de plus difficile à la raison , que de reconnaître la valeur relative des motifs, souvent fort nombreux, qui nous déterminent , quand nous croyons cependant n'être mus que par un seul. Aussi cette extension trop grande , donnée par Gall luimême , au libre-arbitre ou à la liberté morale, l'a-t-elle , à mon avis , entraîné dans quelques erreurs sur la nature de la volonté.

Il a voulu distinguer les désirs , les volitions de la volonté, qui ne serait, suivant lui, que le vouloir des facultés supérieures pesant, jugeant et se déterminant, ce qui la ferait rentrer tout-à-fait dans la raison et la liberté. Cette distinction n'est peut-être pas dans la nature des choses. La volonté s'exerce de bas en haut, depuis les besoins Jusqu'aux facultés intellectuelles les plus élevées , et elle ne change pas pour cela de caractère. J'en appelle , à cet égard, à l'expérience personnelle de chacun. On veut, de la même façon , tout aussi fort, plus fort même , manger , procéder au coït , défendre sa propriété , sa propre personne , qu'exercer un acte de bienfaisance , ou se livrer

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