PARTIE PRATIQUE 1)11 SYSTÈME DE GALE
à la Recherche d'un problème scientifique ; on le veut et on le fait. Il faut donc dire que la volonté c'est le commencement de la détermination ; et il est de fait qu'on se détermine pins souvent pour les impulsions de la nature brutale et personnelle, que pour celle de la nature réfléchie. Il n'y a donc pas de différence d'espèce entre les volitions et la volonté , mais des degrés souvent insensibles, comme il y en a pour la raison et pour son autre point de vue , le libre-arbitre. La volonté , c'est la résultante des impulsions simultanées de l'entendement et de l'instinct.
Malgré cette distinction hasardée , de Gall , dans ce qui est relatif à la volonté , on conçoit (jue sa doctrine sur la raison , le libre-arbitre et la volonté elle-même , doctrine qui résultait nécessairement, je ne dirai pas de ses principes , mais de ses observations sur la nature affective et morale de l'homme et des animaux , on conçoit qu'une telle doctrine devait amener des vues nouvelles sur l'éducation , sur les devoirs des hommes les uns envers les autres , sur l'appréciation des délits et des crimes , sur la législation, et surtout sur la législation criminelle.
L'entendement n'étant point une table rase ,
un papier blanc sur lequel on puisse écrire , à volonté, toutes sortes de caractères , ou bien , suivant les idées de Platon , de Descartes , de Leibnitz, un papier couvert, chez tous les hommes , de caractères identiques , que doivent rendre apparens I'éducation et le travail ; l'entendement étant , au contraire , un assemblage de facultés nombreuses , diverses , isolées , n'existant jamais au même degré de développement harmonique chez deux individus ; ou, en d'autres termes , les hommes étant essentiellement et congénialement difFérehs de besoins, de penchans, d'aptitudes, de talens, de qualités bonnes ou mauvaises : ce principe général , dont la vérité est démontrée par tout ce qui précède , ruine de fond en comble l'inconcevable théorie de Condillac et surtout d'Helvétius, sur l'identité des aptitudes , et , partant , sur l'opportunité de la même éducation chez tous les hommes. Sans doute, tous les hommes n'ont pas non plus un ou plusieurs penchans prédominans, et dont la réunion puisse , si on la développe par la culture , en faire des hommes extraordinaires ou seulement remarquables dans un genre ou dans un autre; et il est heureux qu'il en soit ainsi. On peut, en effet, affirmer qu'une société composée de tels hommes serait la pire et la plus