PARTIE PRATIQUE DU SYSTÈME DE GALL
anarchique de toutes les sociétés. Mais Gall n'a pas non plus émis une proposition aussi fausse. Au contraire , dans la classification générale qu'il a essayé de faire du genre humain sous le rapport des espèces et des degrés d'aptitude , il a dit formellement que la classe incommensurablement la plus nombreuse , la foule, en d'autres termes, se compose d'hommes en qui il est possible, sans doute, de trouver le germe de toutes les facultés qu'il a admises, de celles surtout de l'ordre le plus inférieur, mais en qui aussi aucune de ces facultés n'a originairement un développement considérable , et n'est susceptible d'en acquérir un semblable par le fait de l'éducation et aux dépens des autres facultés. L'éducation ne peut donc pas plus avoir pour objet de découvrir et de développer , dans tout homme sans exception , un ou plusieurs talens spéciaux , que d'y faire naître , suivant Helvétius, un talent, ou plusieurs talens quelconques .
Quand les hommes sont doués de quelquesunes de ces aptitudes spéciales, extraordinaires, auxquelles on a donné le nom de vocations , la plupart du tems l'éducation n'est pas nécessaire à leur développement, de même qu'elle n'a que peu d'efticacité pour leur répression ,
quand ces aptitudes , devenues irionstrueuses , d'extraordinaires qu'elles étaient , constituent des penchans malfaisans ou criminels. Tout au plus peut-elle les favoriser, les accroître, ou les diminuer, les pallier. Souvent même son pouvoir ne va pas jusque là. La faculté l'emporte , ou le talent , le penchant vicieux, qui se compose de l'action complexe de plusieurs facultés.
Au reste, quelles que soient la force et la résultante des penchans, le premier principe qui découle de la doctrine psychologique de Gall , c'est de les étudier, de les connaître , puis d<* faire agir l'éducation , c'est-à-dire les impressions venues du dehors, dans le sens des penchans , des aptitudes prédominantes , si elles sont bonnes , ou, si elles sont mauvaises, dans celui des penchans ou des aptitudes qui leur sont opposées par leur nature , et dont le développement les neutralisera en tout ou en partie. Le second , c'est de ne point s'obstiner à cultiver une faculté nulle ou presque idiote , surtout si son caractère de vertu ne la rend pas nécessaire à la moralité et au bonheur de l'enfant qu'on est appelé à élever; de ne jamais chercher , par exemple , à développer un de ces talens qui font le luxe de la société, lori-