PARTIE PRATIQUE DU SYSTEME DE GALL
tout , ne sauraient s'appliquer à la considération îles intérêts généraux de la société. Mais eette société ne devra pas rester désarmée pour cela. Elle se défend bien des loups et des tigres, qui ne sont guères libres, à coup sur; pourquoi ne se défendrait-elle pas des hommes méehans ou vicieux qui, encore, le sont plus que ces animaux, et qui peuvent lui faire beaucoup plus de mal? Elle est, au contraire, parfaitement libre de tout faire pour cela. Mais elle ne dira point, avec Beccaria , ces inconcevables paroles « que la vraie mesure des crimes est le tort qu'ils font à la nation, et non l'intention du coupable... (i), et que le châtiment ne se mesure point sur la sensibilité de ce dernier, mais sur le dommage causé à la société (2). » Elle dira tout le contraire , et elle cherchera quel degré de liberté le prévenu ou le coupable a apporté dans l'exécution de son méfait ou de son crime. Elle l'appréciera , ce degré , et le déterminera aussi exactement que cela est possible dans des réglemens par leur nature aussi généraux que les lois criminelles. Son but , dans ces lois, de
(1) Beccaria, Traité des Délits et des Peines, traduc* tion française. Paris , 1773 , in-12 , p. 48.
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vra être , comme le dit Gall , de prévenir les délits et les crimes, de corriger les malfaiteurs, dans les cas, malheureusement rares, où cela est possible , et de mettre la société en sûreté contre ceux qui sont incorrigibles. Les châtimens doivent atteindre ce triple but , mais ne doivent pas le dépasser.
A une doctrine de psychologie physiologique, Gall devait chercher dans la psychologie pathologique , c'est-à-dire surtout dans la folie , des preuves et des applications. 11 devait , en d'autres termes , montrer que cette dernière partie de la science de l'homme intellectuel et moral se rallie parfaitement aux principes de de son système , et que son étude en fournit la confirmation ; et c'est, en effet , je crois , ce qu'il a accompli , mais de la façon que je vais dire.
L'étiologie de la folie , son incubation, son début, sa marche, ses diverses formes, tout cela, sans aucun doute , établit invinciblement que ce sont bien les sentimens et les passions , et non point les facultés intellectuelles des écoles, qui sont le fait primordial et générateur de l'intelligence ; (\ne c'est sur les sentimens et les passions , c'est-à-dire sur la partie morale de