PARTIE PRATIQUE DU SYSTEME DK GALL
des actions humaines, etc...., il en restait une que Gall ne pouvait manquer d'aborder. Otte question, étourdissante nouveauté de notre époque , qui a inventé tant d'autres vieilles découvertes , c'est la question du progrès ou de la PERFECTiRiuTK humaine ; et il est facile de deviner sous quel rapport Gall a dû l'envisager, et comment il la résolue.
Les facultés morales et intellectuelles n'étant point, pour lui, dépures notions, le résultat d'une vue de l'esprit et d'un artifice de classification , mais constituant des êtres presque aussi réels que les faits qu'elles représentent, le nombre en étant à peu près invariablement fixé , et l'éducation , l'action des objets extérieurs ne pouvant en faire naître de nouvelles; il résulte de là , de toute nécessité, que la perfectibilité humaine est , pour Gall , renfermée dans le cercle de ces facultés, ou, en d'autres termes, que cette perfectibilité , ou plutôt le progrès dont elle est la source , ne peut pas quitter les routes battues , rompre tout rapport avec le passé; qu'il doit, au contraire, continuer ce passé, prolonger ces routes. Mais les prolonge-t-il réellement, les a-t-il toujours prolongées, les prolongera-t-il toujours , et dans toutes les directions ? ou autrement , l'espèce humaine est-
elle en effet perfectible; l'est-elle sous tous les rapports , c'est-à-dire , dans toutes ses facultés, ou, si l'on veut , dans tous les objets de sa connaissance ou de sa création ; et l'est-elle d'une manière illimitée ou au moins indéfinie ? Voici, à cet égard , l'esprit , sinon la lettre, des idées de Gall.
Non, pour les actes qui ont rapport aux facultés instinctives les moins élevées et communes aux animaux et à l'homme, il n'y a pas, il ne peut pas y avoir progrès. On fait l'amour, on aime ses enfans , on se bat , on tue , on ruse , on vole , on cherche , sous un rocher ou sous un arbre , un abri contre la pluie ou le soleil , aujourd'hui comme au tems de Noè', ou de Deucalion. Non encore, il n'y pas progrès pour quelques-unes des facultés , quelquesuns des talens qui ont dans leur domaine les arts d'imagination , les beaux-arts , et pour le développement desquels il ne faut qu'un beau ciel , une belle nature , des sens neufs, une imagination vierge, vive et mobile, comme le ciel, la nature, les sens, l'imagination des anciens Grecs. Aussi , la poésie de ce .peuple n'a-t-elle pas été surpassée par la poésie moderne , quoi (ju'il soit vrai de dire qu'on éta-