‹ Qu'est-ce que la phrénologie?Chapitre 47 sur 56 · PARTIE PRATIQUE DU SYSTEME DK GALL · texte numérisé non relu

PARTIE PRATIQUE DU SYSTEME DK GALL

des actions humaines, etc...., il en restait une que Gall ne pouvait manquer d'aborder. Otte question, étourdissante nouveauté de notre époque , qui a inventé tant d'autres vieilles découvertes , c'est la question du progrès ou de la PERFECTiRiuTK humaine ; et il est facile de deviner sous quel rapport Gall a dû l'envisager, et comment il la résolue.

Les facultés morales et intellectuelles n'étant point, pour lui, dépures notions, le résultat d'une vue de l'esprit et d'un artifice de classification , mais constituant des êtres presque aussi réels que les faits qu'elles représentent, le nombre en étant à peu près invariablement fixé , et l'éducation , l'action des objets extérieurs ne pouvant en faire naître de nouvelles; il résulte de là , de toute nécessité, que la perfectibilité humaine est , pour Gall , renfermée dans le cercle de ces facultés, ou, en d'autres termes, que cette perfectibilité , ou plutôt le progrès dont elle est la source , ne peut pas quitter les routes battues , rompre tout rapport avec le passé; qu'il doit, au contraire, continuer ce passé, prolonger ces routes. Mais les prolonge-t-il réellement, les a-t-il toujours prolongées, les prolongera-t-il toujours , et dans toutes les directions ? ou autrement , l'espèce humaine est-

elle en effet perfectible; l'est-elle sous tous les rapports , c'est-à-dire , dans toutes ses facultés, ou, si l'on veut , dans tous les objets de sa connaissance ou de sa création ; et l'est-elle d'une manière illimitée ou au moins indéfinie ? Voici, à cet égard , l'esprit , sinon la lettre, des idées de Gall.

Non, pour les actes qui ont rapport aux facultés instinctives les moins élevées et communes aux animaux et à l'homme, il n'y a pas, il ne peut pas y avoir progrès. On fait l'amour, on aime ses enfans , on se bat , on tue , on ruse , on vole , on cherche , sous un rocher ou sous un arbre , un abri contre la pluie ou le soleil , aujourd'hui comme au tems de Noè', ou de Deucalion. Non encore, il n'y pas progrès pour quelques-unes des facultés , quelquesuns des talens qui ont dans leur domaine les arts d'imagination , les beaux-arts , et pour le développement desquels il ne faut qu'un beau ciel , une belle nature , des sens neufs, une imagination vierge, vive et mobile, comme le ciel, la nature, les sens, l'imagination des anciens Grecs. Aussi , la poésie de ce .peuple n'a-t-elle pas été surpassée par la poésie moderne , quoi (ju'il soit vrai de dire qu'on éta-

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