‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 2)Chapitre 12 sur 35 · Dette de r État · texte numérisé non relu

Dette de r État

« Le premier problème, celui de l'échange et de la circulation, « iriteOLtr, 4lt M. PfûtidHDt tous les autres vont se résoudre. »

Résolu est très-joli ! Ârchimède, au moins, disait t a Donne2-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde. » M. Proudhon ne demande rien, lui; il suppose qu'on lui a donné. C'est une nouvelle pétition de principe ; c'est dire : Donnez-moi le droit, et ce sera fini. Alors commencez donc par établir la réalité du droit, et surtout : n'oubliez pas la sanction.

« Tout ce que je cherche pour le moment, dit M. Proudhon, « c'est de rembourser la dette. »

Faites cela, monsieur Proudhon, et je vous donnerai un merle blanc, h me trompe, il y en a. Alors je vous donnerai un bàtqta qui n'aura qu*un bout.

Une dette d'État, monsieur Proudhon , c'est Tfxpression de la domination du capital succédant à la domination du sol, sous le droit divin ; c'est l'expression de l'exploitation des masses, sous la souveraineté du peuple ; c'est une nécessité sociale dès que la féodalité nobiliaire n'existe plus, et que la féodalité financière existe encore. Quand cette dernière féodalité n'existe plus, TÉtat n'emprunte plus, il prête : non pas au capital, mais au iravîril. Seulement cela n'est possible qu'après ranéanlissement de Tiguorance sociale sur la réalité du droit.

Disons cependant, car il faut être juste, que M. Proudhon, faisant ici abstraction de la banque d'escompte, a donné le seul moyen possible de rembourser la dette : c'est d^en anéantir instantanément l'intérêt, de faire compter comme remboursement ce qui est maintenant payé comme intérêt. Je crains bien que ce moyen soit seulement employé lorsque sa réussite sera devenue impossible. J'ajouterai même que son enoploi ne deviendra possible que lorsque sa réussite sera devenue impossible. Je traiterai ce point k propos de l'économie politique.

En parlant des économistes, moralistes, jurisconsultes et hohimes d'État, M. Proudhon se fâche, et les appelle canailles. Il a tort, et devrait se bornera dire : « Seigneur ! pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. »

Après avoir parlé de l'ignorance du peuple sur la dette, etc., M. Proudhon ajoute :

« Et c'est ce peuple, ignorant de tout ce qui Pititéresse, qu'on

« entretient de souveraineté, de législation, de gouvernement! a Pour amuser son esprit et le détourner de la révolution, on « lui parle de politique et de fraternité! Plaisants révolution- « naires ! etc. »

Hélas ! je crains bien : que M. Proudhon ne soit aussi ignorant et plus ignorant que ce peuple auquel il reproche d'être accessible à la fraternité; et qu'il ne soit également un plaisant révolutionnaire : si, par plaisants révolutionnaires, il faut entendre ceux qui ne révolutionnent que pour faire du gâchis. Pour amuser tes esprits et les détourner de la révolution, M. Proudhon leur parle de crédit gratuit, de constitution de la valeur, de banque d'escompte, de négation d'autorité après avoir affirmé l'autorité, de négation de gouvernement après avoir affirmé le gouvernement, de négation de propriété en affirmant la propriété. M. Proudhon est malade, et c*est bien dommage : car c'est une magnifique organisation- Puisse-t-il se guérir bientôt !

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