BATIMENTS
Q^e signifie ce mot bâtiments imprimé en petites capitales? E&t«ce que des bâtiments, à moins d'être sur roulettes, ne sont point propriétés immobilières? Quand on fait de pareilles distinctions, c'est qu'on n'est pas maître de son sujet.
«Abordons, dit M. Proudbon, cette grande question de la « propriété »
Quoi, quoi? il n'est pas du tout question ici de propriété; n'embrouillons point les problèmes par des logomachies. Il s'agit ici de propriété immobilière ; et il y a la même différence entre cette propriété et la propriété qu'entre la partie et le tout. Il n'est pas un seul ouvrage de M. Proudbon où cette logomachie ne soit la source de la presque totalité de ses erreurs.
Puis, M. Proudbon nous fait un nouveau galimatias et nous parle de cités ouvrières et de bon marché. Dans le prix des choses, il y a Je le répète, le prix du travail ^t le prix ou l'usure ou rintérét du capital. Le bon marché relatif au travail est l'ex-
pression du paupérisme. Quaut aux cités ouvrières » elles soq( des sources d'anarchie ; et, puisque Tanarchie est nécessaire pour faire sentir le besoin de vérité y puissent tous les bâtiments possibles être transformés en cités ouvrières !
Après cela, M. Poudbon nous assure que :
c( La société aspire à changer la cojoistitution de la propriété « bâtie. »
Eh ! non, monsieur ! la société aspire à changer la constitution de la propriété, à remanier les lots qui règlent Vusage de la propriété ^ ainsi que le dit, avec beaucoup d'élégance, M. Blanqui de Plnstitut : socialiste sans le savoir et sans le vouloir.
A la page suivante, et après avoir embrouillé la question au-> tant qu'il est possible de le faire sur un recta et un v^rso, quoiqu'elle soit en elle-même aussi simple que possible, M. Proudhou nous dit :
« Dans un temps donné, la ville de Paris sera propriétaire de « la majorité des maisons qui la composent , elle aura pour loça^ « taires tous ses citoyens. »
Est-ce que la minorité, propriétaire de maisons, et» par con-^ séquent, du sol, ne comptera point parmi les citoyens? Ceux-ci, sans doute, auront montré leur procuration du bon Dieu,
Je suis, du reste, très-content d'entendre dire à M. Proudhon ;
« Le droit de propriété, si respectable dam sa cause^ quanA a cette cause nest autre que le travail »
Alors la propriété c*est le vol signifie : la propriété volé^ est un vol. En vérité, si M. Proudhon estime cette pensée comme ce que le dix-neuvième siècle a de mieux, il a bonne opinion de ses produits !
M. Proudhon termine cet alinéa par une proposition qui vaut infiniment mieux que la propriété c'est le vol ; la voici :
« Il est trop tard pour parler de purgatoire, de pénitence grâce duelle, de béforhe progressive. L'Éternité vous attend; plus « de milieu entre le ciel et l'enfer : îl faut firanchir le pas. »
Si M. Proudhon veut obtenir un brevet à cet égard, je consens à signer que rien de mieux n'a été dit au dix-neuvième siècle.
Après cela M. Proudhon formule la continuation de sa bancyt^
route. Si M. Proudhon a une maison, je lui demande à être sou locataire.
£t je vous assure que c'est sans plaisanter nullement que M. Proudhon, une des plus belles intelligences qui aient existé, vous dit ces choses-là. En époque de choléra moral, les plus belles intelligences sont les plus fortement frappées.