THÈSE
Gomment la nouvelle thèse? vous voulez donc éternellemeiit 4es antinomies? mais c'est Tenfer que vous nous offrez! Âinsi.la synthèse réelle pe sera point définitive , et ce sera toujours k re* commencer? Je conçois, monsieur, que vous appeliez brigand le créateur d'un pareil ordre. Mais aussi, ne reconnaUre que la p$>ssibilité d'un pareil Dieu, est d'un malade : soit au physique; soit au moral.
. « Qui ne voit que la nouvelle thèse , continue M. Proudhon , « se ferait d'autant mieux concevoir et d'autant plus vite, que son € analogie aurait été plus universellement compris, c'est-à-dire cque la théorie àxi libre contrat qui remplace la théorie goûte' verneméniale aura été plus vulgarisée, et conséauemment K la nécessité de cette équation rendue plus frappante : TÊtre
« suprême est à X, comme le règne gouvernemenlal est au ré- « gime industriel? »
Mais, monsieur I comment voulez-vous vulgariser Tabsurde en présence de rincoropressibililé de l'examen? el je vous ai prouvé que votre régime industriel est absurde. Si vous criez au peuple : uu égale trois est absurde; donc dit^es avec moi : un égale sept. Croyez-vous que ce soit un excellent moyen de vous, faire^accepter ? et voilà cependant ce que vous faites , en voulant remplacer le Dieu personnel par votre système contractuel, placé sous la protection de i'autoniatisme.
« Youlez-vous, ajoute M. Proudhon, faire descendre le nou- <( veau principe , invoqué sous le nom de Paraclet par les socia- « listes de tous les âges , annoncé par Jésus-Christ même ? com- « mencez par renvoyer dans le ciel le Père éternel. Sa présence a parmi nous ne tient plus qu'à un fil, le budget. Coupez la <( corde, vous saurez ce que la révolution doit mettre à la place « de Dieu. »
Et savez-vous, monsieur, ce qui empêche découper la cordé? La juste crainte de l'anarchie. Ce n'est pas dans le ciel qu'il faut renvoyer le Dieu personnel, c'est dans le néant duquel il est sorti. Mais en même temps il faut faire justice de la riiison même, le Dieu impersonnel, le Dieu réel, l'éternelle justice.
J5. Justice.
c( Justice, autoritéy termes incompatibles , dit M. Proudhon ,
« mais que le vulgaire s'obstine à faire synonymes D'où vient
a celte dépravation d'idées ?»
Hélas ! monsieur, la dépravation dMdées n'est |)as chez le peuple, elle est chez vous.
Toute justice, privée de sanction , est une expression vide de sens, absurde ; et l'autonté n'est autre que la sanction. Concevez-vous que la dépravation d'idées n'est que dans voire iesprit?
« La justice, coniinue M. Proudhon, a commencé comnie « l'ordre par la force. »
El comment voulezwôus, monsieur, que la justice' et Tordi'e 1 ' 21
puissent commencer, au sein de toute humi^iité nécessairement ignorante au commencement? La justice et Tordre n'ont de base possible qye la force ou la raison. Et, quand on n^à pas encore la raison, on prend n^ssaireQient la force, que Too transforme en raison, en droitf au moyen de l'éducation dont on s^empare par la force.
Et vou^méme Texprltuez par ces paf 6les : la distribution phis winoins ràis&nnée de l'arbitraire.
Pulâ vous ajoutez :
« La justice est restée ce quelle était atiparavaùt , une émana- « tion de l'autorité, c'est-à-dire tîuè formule de doercitlon, radier calemetit nulle , et dans toutes ses dispositions réciisable.
m Nous MET SAYOiïS PAS CE QUE G'ÉST QUE LÀ JUSTICE. »
Bravisfsimo, monsieur ! vous tie savez pas ce que c^est que la justice, c^est vrai. Mais alors pourquoi donc en parlez-vous ? et surtout pourquoi voulez-vous l'anéantir par ratiéantisseoneirt de Tautorlté? Que dirlez-voùs d^un liialade qui, au sein d'une atmosphère pourrie, parlerait d'anéantir l'oxygène , afin de respirer k son aise ?
Après avoir dit qu'il ne sait pas ce que c'est qiie la justice^ ce qui implique qu'il ne sait en rien ce que c'est que le droit, M. Prôùdhon ajoute :
a J'ai souvent entendu discuter cette question : La société a- « t-elle le droit de punir de mort? »
Gomment voulez-vous, monsieur, 'que la société puisse répondre ^ cette question , $i çUe est aus^i ignoraïUe quç vous sur le 4roit, sur la j^slicç? Avant de parler de rouge ou d^ vert, il faut avoir des yeux pour voir les couleurs ^ et s^vQir a^prj^ ^ Içs
distinguer 1^ uuçs d«^ autres.
<c Un Italien, génie du reste assez médiocre» Beccari;^. çqqa tiuue }fi, Froudbpu , $'f st fait au siècle dernier une réputation « par r^oquçnce ^veç laquelle il réfuta les partisane de la peine « de iPQrt, 1^
Ilçj^t yrai quel jusqu'à présent on n'a fait que n^4cber à vide sur cette question. Est-ce que des hommes du plus grand ni^ri^e ne l'op^ pqint traitée 1 nullement. C'est qu'ils l'ont traitée avant
d'avoir détermiué s'il y a un droit aujre que la force ; et, ?'i!y ei) a un, cpmment on distingue le droit r^el du droit illusoire. Que voulez-vous qui soit fait de bon avant d'avoir résolu ce$ qucistion^ préalables ? Aussi M. Prqudhon a-t-il fait comme les autres, il a mâché à vide.
a Et le peuple, continue M, Proudbon^ en 1848, crut faire « merveille, en attendant mieux, d'abolir cette peine en matière « politique. »
Etqu'est-il résulté de cette sensiblerie gouvernemental^? q[ue,t pour chaque bourreau officiel^ vous en avez eu des mille improvisés. Vouloir anéantir le bourreau, avant d'avpir an^apti l'ignorance sociale, c'est vouloir prendre la lune avec les dents.
« Mais, continue M. Proudhon, ni Beccaria ni les révolution- « naires de Février n'out seulement touché lepreipier mot de la « question. »
Et M. Proudhon n'y a pas plus touché queBçccafia et les révolutionnaires de Février. Le premier mot de la quçstiou est^y a-t-U un droit autre que la force? Et le second : s'il y a un droit au^e que la force, comment distingue-t-oq, socialepient, le droit vrai du droit faux? M. Proudhon. n'a pas fln^ traité de cela que si c'était absolument inutile,
« L'application de )a peine de mort, continue }li, l^rondhpu, « n'est qu'un cas particulier de la justice crimjneUe* »
Très-bien. Mais comment pouvez-vous parler de la justice cri? miuelle, puisque, selon vous-Qiémei ^oiis ue ^ave^ pas ce (][iie c'est que la justice?
« Or, continue M. Proudbou» il ^'^git (le savoir si la société a « le droit, non pas de tuer, non pa^ d'iP%er une peine, si 4ouçe « qu'elle soit, même d' acquitter et de faire grâce, mai^ de juger, »
C'est très-vrai : puisque la spcjété ne ^^i pas g^Qore ; s'H y a un (Iroit autre que la forç^; et, s'il y en a un, cQq3,a;ienty distinguer le droit vrai du droit faux? Alors il fallait commencer fàv résoudre ces que^tiou^ préalables. L'avez -vous fait? Eu rien.
« L'hompi^e seul, ajoute M. Proudhoo„ a dro\t de se juger, n^
Mais, hQmme du bgp pie)i 1 quelle rageave;i;*vous dQUC 4^ parle;
de droit avâûl de savoir : s'il y en a un autre que la force ; et, s'il y en a un, comment ou distingue, socialement, le vrai droit du feux droit ?
S'il y a un droit, vous avez raison, l'homme seul a droit de se juger. Mais seulement quand il est instruit, quand il n'est pas fou, et quand la société elle-même est instruite et réellement instruite, c'est-à-dire d'une manière rationnellement incontestable. Parce qu'alors, l'homme, en se jugeant, juge comme la société. Mais, quand l'homme est ignorant, ou fou, ou que ta société est encore ignorante, faut-il que l'humanité se laisse périr, parce qu'il plaît à M. Proudhon de parler sur un sujet dont il n'a pas l'ombre d'une idée nette?
Après cela, M. Proudhon prend la défense des assassins, des voleurs, des banqueroutiers, etc., etc. Et moi aussi, je prends leur défense contre la société actuelle. Mais est-ce à dire qu'il faut les laisser libres d'assassiner, de voler et de faire banqueroute? M. Proudhon me déclarerait fou, si je lui prêtais cette idée.
Ce qu'il faut faire : c'est prouver qu'il y a un droit autre que la force, et, par conséquent, une sanction autre que la force; c'est démontrer aussi d'une manière rationnellement incontestable , comment on distingue, socialement, le droit réel du droit illusoire ; c'est vulgariser ces connaissances ; c'est en déduire, que quiconque assassine, vole, etc., agit conire lui-même ; que, par cOîiséquent, il est fou, et qu'il faut en avoir pitié, tout en sauvegardant les autres de sa folie*
Or, M. Proudhon fait tout le contraire. En affirmant le panthéisme, il affirme, implicitement, qu'il n'y a de moral, c'est-àdire de raisonnable, que d'assassiner, de voler, etc. : pourvu que l'on soit assez fort pour se mettre à l'abri du bourreau. Est-ce là le moyen de diminuer le nombre des assassins et des voleurs?
Ici, M. Proudhon dira qu'il n'est ni voleur ni assassin. Si on hii demande pourquoi, dans la supposition qu'il peut se mettre à l'abri du bourreau, il it'a de réponse à faire, sinon : que ce n'est p^s plus son goût d'assassiner et de voler que d'avoir les mains îiaies. Un autre répondta t qu'il a le goût d'assassiner et de voler.
ainsi que d'avoir les mains propres. Et, si le vol et l'assassinat sont nécessaires ou utiles au bonheur de celui qui a le goût du vol et de l'assassinat, lequel serait le bon goût, le goût raisonnable : ou de se satisfaire; ou de se rendre malheureux : toujours dans la supposition de se trouver à l'abri de toute sanction?
K C'est précisément, dit M. Proudhon, parce que la conscience <c universelle reconnaît un droit, une morale, une société, qu'il « fallait en exprimer les préceptes et les proposer à l'adhésioa de « tous. L'avez-vous fait? »
Et vous, monsieur, pourquoi ne le faites-vous pas? Et ce n'est • pas le tout que de proposer; il faut faire accepter. Or, tant que faire accepter par la raison reste impossible, il hui bien faire accepter par la force, ou que la société périsse. Vous aimez mieux qu'elle périsse, n'est-il pas vrai? Eh bien ! essayez de faire accepter cette proposition par la force, puisque vous ne le pouvez par la raison ! Il est pénible de voir une aussi belle, intelligence battre ainsi la campagne : et cela par la manie des antinomies.
« Il y a trop de partialité dans vos lois, » s'écrie M. Proudhon, ;iprës avoir dit : « Soufflard, Lacenaire, tous les scélérats que « vous avez envoyés au supplice, s'agitent dans leur fosse et vous « accusent de faux judiciaire ; il y a, continue-t-il, trop de cho- « ses sous-entendues, équivoques, sur lesquelles nous ne sommes c< point d'accord. Nous protestons, et contre vos lois et contre « votre justice. »
Protestez, monsieur, et nous vous aiderons. Mais, parce que les lois et la justice actuelle ne sont que celles de la force, est-ce une raison pour nier les lois réelles et la justice réelle, dont la sanction éternelle est la seule base possible?
Tout à l'heure vous avez vu M. Proudhon s'appuyer sur la conscience universelle, en disant : Cest précisément parce 9Ud la conscience unwerselle reconnaît, etc.
Maintenant : qu'il se sait incapable de formuler ce que la conscience universelle, la raison éternelle, ordonne ; quMI se sait incapable de rendre harmoniques, et la conscience universelle et la conscience de chacun, ce qui ne peut se faire que par Tanéantissemint de l'ignorance sociale, il s'écrie :
« Consentement universel ! Cela rappelle le prétendu principe (c que vous nous présentez aussi comme une conquête , que <( tout accusé doit être envoyé devant ses pairs, qui sont ses c< juges naturels. Dérision ! Est-ce que cet homme, qui n'a pas « été appelé à la discussion de la loi, qui ne Ta pas votée, qui « ne i^a pas même lue, qui ne la comprendrait point, s*il pouvait « la lire, qui n'a pas seulement été consulté sur le choix àix légis- « laleur, est-ce qu*il a des juges tiaturelsJ »
Eh bien, monsieur, concluez! Tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie, pour que la conscience universelle et la conscience de chacun puissent être identiques, le faible n'a de juge naturel que lé fort. Supposez même que tous les habitants du globe fussent aussi instruits que vous croyez Vétre, qu'en résulterait-îl ? Vous-même, avouez que vous ne savez en rien ce que c'est que la justice et le droit. Il en résulterait donc que, selon vous-même, le juge naturel du faible serait encore le fort.
« Quoi ! continuez-vous, des capitalistes, des propriétaires, des « gens heureux, qui se sont mis d'accord avec le gouvernement, « qui jouissent de sa protection et de sa Faveur, ce sont les juges « naturels du prolétaire ! ce sont là les hommes probes et libres « cm, sûr leur honneur et leur conscience (quelle garantie pour « un accusé 1), devant bieu, qu'û n'a jamais entendu ; devant « les hommes, au nombre desquels il ne compte pas, le déclare- « ront coupable 1 et, s'il proteste de la mauvaise condition que a lui a faite la société, s'il rappelle les misères de sa vie et toutes « les amertumes de son existence, lui opposeront te consente- « ment tacite à\x geûre humain ! »
Concluez, monsieur! t^ulsque vous ne pouvez fbnuuler la justice et le droit par la raison ; et que la société ne peut se baser que èur la justice et le droit; il faut bien, tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie, que la justice et le droit soient formulés p2it la force .
Mais vous sentez qu^en présence de î^incompressibilité de l'exaîhen, la justice et le droit ne peuvent plus, sans causer Tanarciiîè,sâhs mettre la société à l'agonie, être formulés par la force, et vous vous écriez :
« Non, non, magistrats, v«us ne soutiendrez pas davantage ce « rôle de violence et d'hypocrisie. C'est bien assez que nul ne « révoque en doute votre bonne foi, et qu'en considératipn de « cette bonne foi, Tavanir .vous absolve; mais vous a'irez pas c( plus ioin. »
Et où donc iront-ils, ainsi que la justice, le droit et la société? A la mort, s'ils suivent M. Proudhon. Est-ce là que M. Proudhon veut les conduire, lui qui avoue ne savoir ce que cW que la justice et le droit formulés par la raison ; et qui avoue également que rautorité de la raison est devenue nécessaire à Texistençe de rhumanité?
a Vous êtes, dit-il aux magistrats, sans titres pour juger ; et c( celte absence de titre, cette nullité de votre inve&titure, ^lle « vous a été implicitement signifiée, le jour où fut proclamé, à la c( face du monde, dans une fédération de toute la France, le prin- (( cipe de la $ow)eraineté dupetiple^ qui n est autre que celui de
« la SOUVERAINETB INDIVIDUELUS . D
Jamais noua n'accuserons M. Proudhon de inauvaise foi ; mai» nous Taecusons formellement d'étourderie*
Gommeul ! la sduveraiiieté du peuple» la 9<niverMwMdu nom*" hre» que M. Proudhon traînai ov^c tant de raisoil «t d'éloqHdno^, dans les fanges de la force brutale ; cette souveraineté» qui o'esk autre que la négatioa absolue A^ la t^uv^araiiiaté iodivîdueUe» de k souveraineté éà ia raison réelle résidiiot iibw oha<|iie individu ittstruit et non aliéné» serait alle-mâfiia la s^veraioeté individuelle 1 Mw ProudboB rêvait» quasd U d éedt celte proposition absurde., et iiofis m appelons à M» Prou4bDn évalllé*
Maintenant, M. Proudhon s^évailie* fiaeutess^el II est toujours admirable» quand il n'est jj^iut méf^tmU
« 11 n'y a, dii^il, ^ntenen^vous-en^ qu'nne seule manier» de a faire jos$iee t t^^eii qnt fincutpâi ou aimpleflient ranstgué^ la « lasse lut**ménei Or^il la fera, lorsque ehaque oitoyert anra paru « au paicte social (1); iofsquév dani oétte tonvention solennelle, les
(1)11 fiillait dire s mita waifm k jimUm so«tfile hvmM& d'une tnaaière raUonnellement incuntestable.
« droits, les obligations et les aitributions de. chacun, auront été (( définis »
Très-bien, monsieur : tout cela présuppose qu'il y a réellement un droit; c|lie ce droit a une sanction autre que la force et supérieure à la force; et, en outre, que 'ce droit, impliquant cette sanction, est démontré réel, d'une manière rationnellement in- «onftestable, vis-à-vis de tous et de chacun ; après encore que la nécessité absolue de ce droit et de cette sanction a été socialement reconnue, car, auparavant, c'est évidemment impossible.
Je sais que beaucoup d'aveugles disent que jamais la société ne reconnaîtra ofSciellement son ignorance. Quand ces aveugles auront été broyés par l'anarchie, les borgnes restant verront que cela est NÉCESSAIRE.
M. Prôudhon ajoute : « Les garanties échangées, et la sanc- <c tionscmscrite. » ■
Hélas ! voilà M. Proudbon qui se rendort.
Les garanties et la sanction sont une seule et même chose.
On ne souscrit point une sanction; elle existe par elle-même, ou elle n'est pas. Il n'y a que deux sanctions possibles : celle de la force et celle de la religitMi. Celle de la force brutale est socialement morteHe; parce qu'elle n'est autre que Tanarcbie ou Pagonie sociale. Celle de la religion par la foi devient impuissante devant l'incompressibilité sociale de Texanâen. La seule sanction sociale possible alors est celle de la religion par la science, lit, si celle-ci ne pouvait exister, la société, Thumanité, dès que l'examen est devenu iriconipressible, devrait périr ou rétrograder à la sanction par la foi, c'est-à*dire au despotisme, et à toutes ses cons^uences; c'est-à-dire: rendre l'examen eompr^«iWe, que Ton reconnaît être devenu incompressible.
c( Alors, » continue M. Proindhoii, qui sait parfaitement que la société ne peut reposer que sur la justice, ^mt illusoire, soit réeite^etqui sait également qu'en présefice de l'incompressibilité sociale de Texamen, la société ne peut plus reposer sur une jus^ tice illusoire, « alors, dit-il, la justice, procédant de la liberté [i)^
(1) G'esi^-dire de )a raispp fendue rationnellement incontestable.
« ne sera plus vengeaiKC, elle sera* réparation. Comme, entre lii « loi de la société et ia volonté de Tindividu, il n'existera plus « d'opposition; la récrimination lui sera fermée, il n'aura de re- « fugeque l'aveu. »
Il fallait ajouter : à maiîis qu'il ne soit fou , et alors la société aura pitié de lui. .
Bravissimo! monsieur Proudbon, Ici, vous ne dormez plus. C'est reconnaître l'absolue nécessité de rendre identique : ce qui est ordonné par ^éternelle raison ; el ce qui est compris comme tel par chaque individu : au moyen de l'anéantissement de Tiguorance sociale sur la réalité du droit et sur la réalité de son éternelle sanction.
Maintenant, M. Proudlion ne va pas précisément se rendormir; mais il sommeillera de temps en temps.
c< Alors aussi, continue M. Prpudhon, Tinstruction des procès « se réduisant à une simple convocation de témoins, entre le « plaignant et Taccusé, entre le plaideur et sa partie, il ne sera « besoin d'autre intermédiaire que les amis dont ils invoqueront « l'arbitrage. »
Quand l'ignorance sociale est anéantie, il n'y a de procès que pour savoir si tel ou tel est fou. Auparavant, la décision a besoin d'être provoquée par raulorité; et, quand même elle serait rendue, elle serait nulle, si elle n'était basée sur une sanction suffisanté. Or, nous avons vu que la seule sanction acmdlement suffisante est la sanction religieuse incontestablement scientifique.
« Dès lors, en effet, continue M. Proudbon, que, suivant le c( principe démocratique, le juge doit être l'élu du justiciable.., »
Le principe démocratique, suivant vous et suivant la Taison, est une sottise, car il est la souveraineté du peuple, pour laquelle vous avez, avec raison, le plus souverain mépris. Quant au juge, il ne doit pas être Téln du justiciable, car alors i[ ne serait Télu que de la force brutale, l'un pouvant en vouloir et l'autre pas. Le juge, c'est la raison, éternelle, impersonnelle; et l'applicàteur de la raison, de la justice, est Nlu de la société, Velu de rhiima-nité réellement instruite.
« L'État, continue M. Prbudhon, se trouve exclu des j«-
« gements cotnme des duels ; le droit de justice rendu a tout le 4x inonde est la n^eilleure garantie dé jugements. »
Non, monsieur, l'État alors n*esi pas exclu, parce que TÊiat alors c'est l'humanité instruite, ayant reconnu : la réalité de Téternelie justice ; et la réalité de ce qu'elle ordonne. Quant à la garantie des jugements, elle n'est autre que la sanction religieuse scientifiquement reconnue : et par tous; et par chacun. Dans tous les cas, une décision arbitrale serait encore nulle : si elle n'était basée sur l'État, dont la sanctioil sociale est toujours l^expression.^
M. Prôudhoh va encore se fréndoilnir.
«( li 'abolition complète, immédiate, sanâ transition ni substitua tion aucune, des cours et tribunaux, est une des premières né- « ceâsllés de la rèùblution. »
C'est vrai. Mais, en dôrfliàht, M. iProùdhon a oublié d'écrire qUè : f évolution est synonyme À*anàrchie.
Pour que la révolution puisse être anéantie, il faut que les tribunaux basés suf là force, soient remplacés par les tribunaux basés sur la sanction religieuse.
« Au point de vue des principes, ajoute M. Proudbon, la jus- « ttce constituée n'est jamais qu'une formule de despotisme, par « conséquent, une négatioii de la liberté du droit. »
Nous voilà retombé dané le galimatias par rindétermination du genre confondu avec des espèces opposées.
La justice constituée par la forcé n^est jamais qu'une i*ormule de despotisme, par conséquent, une négation de la liberté et du droit; cela est vrai.
MaiSk la justice constituée par la rùlson e^t essentiellement Taijèantissement du despotisme^ par conséquent, l'affirmation de la liberté et du droit.
« Là, continue M. Proudbon, où vous laisserez subsister une «juridiction, là vous aurez élevé un ïnonumentde coutre-révolui tiôn, duquel surgira tôt ou tai'd une autocratie politique ou « religiebte. »
U aurait fallu dire : L^ où vous laisserez subsister une juridiction par la force, là vous aurez élevé un nouveau monument de résolution duquel surgira t^i ou tard une prétendue aiilocratic
politique ou religieuse pi!t Une foi quelconque , qui lie 'pMi être qu'une source d'atiârchîe en ^présence de rincottipressibilité de Texamén.
M. Proudhon ne &e doute pas : que là révolution n'est que l'anarchie ; èi que la conire-révôlution réelle c*èsl Tanéàntissement de l'ignorance, source des révolutions.
Nos observations, sur ce que dit M. Proudhon de la jnêtitê, était d'abord très-court. Nous avions pensé : que quelques mots suffisaient pour montrer, à cet égard , rincoWence des idées de l'auteur. Mais, dans une conversation , M. de 6irsi.rdin m'a témoigné avoir une profonde admiration pour ce chapitre ; et dès lors j*ai cru devoir compléter mes observations. Si ce que je viens de dire est mauvais, je suis le seul coupable. Si c'est bon , on le doit à M. de Girardin principalement.
M. Proudhon est admirable pour critiquer la société actuelle. Personne n'est au-dessus de lui comme diestructeur. Comme édificateur, il est d'une ifaiblesse qui ne peut rester inaperçue que pour ceux qui sont encore plus faibles que lui. Mais par sa belle intelligence, par sa bonne foi» il est digne de faire mieux que de détruire. ïe lui montre le chemin ; et je suis persuadé que la folle vanité de ne pas y entrer, parce quVn autre lui en aura ouvert la barrière, ne l'empêchera pas de le prendre. Dès quil y sera, il y marchera plus vite que moi.
c Toiit est contradiction dans notre société : c'^t poiirqu3i nons ne pôUTOhs venir ^ bout de nous éîttendbre et nous aotnanet toufcmn prâM é no« livrer bataille. »
ït. PàoDDHON, Idéù générale f elc, p.Mz.
^ Si cela est, et cela est, il faut reconnaître : Que la société n^a de hase possible : que la force brutale ; ou que la force transformée ert droit; que, si ^incompressibilité de
Texamen vient rendre : et la force brutale ; et la force prétendument transformée en droit, seules bases temporelles possibles, également mcapables de servir de base à Téxistence sociale; la société, l'humanité, ne peut plus exister : qu'établie sur une base éternelle, démontrée réelle vis-à-vis de tous et de chacun.
Et cette base éternelle est exclusivement la réalité du lien religieux.