Administration. — Police
M. Proudhon, après avoir fait remarquer que :
« Le gouvernement s'est décidé à ne plus intervenir dans les « affaires de conscience, »
S'écrie :
c( Or, de deux choses l'une : ou le gouvernement, en faisant ce « sacrifice d'initiative, est tombé dans une erreur grave; ou bien « il a voulu faire un pas en arrière, et nous donner un premier « gage de sa retraite. »
Ni l'un ni l'autre, monsieur, n'est la vérité. Le gouvernement n'a pas fait le sacrifice de l'initiative, ce sacrifice lui a été imposé par la nécessité sociale résultant : de l'incompressibilité de l'examen d'une part; et de l'ignorance sociale de l'autre. Et, bien loin que le gouvernement personnel de l'ignorance ait voulu donuer un gage de sa retraite, il a cru pouvoir se perpétuer en sacrifiant cette initiative.
« Pourquoi, en effet, continue M. Proudhon, si le gouvernece ment ne se croit pas le droit de nous imposer la religion, pré- <x tendrait-il davantage nous imposer des lois? »
Très-bien, monsieur! Vous reconnaissez donc que les lois ne pçtavént être imposées qii^au nom de la religion. Et, eu effet • du ifBOtnenl que, forcé parla nécessité sociale, le gouvernement a dû reuoncer à l'initiative religieuse, les lois qu'il s'imagine pouvoir imposer sont observées comme vous le voyez. Mais, parce qu'il est désormais impossible d'imposer la religion et la loi par la force, est-ce une preuve que religion et loi ne doivent pas être iinj^osji^s par la raisoit? Et, parce que le gouvernement de la
force n'est plus possible, est-ii consér{uent de vûulôir i^épudier le gouvernement de la raison?
c( Pourquoi, ajoute M. Proudhon, non content de cette autorité c( de législation, exercerait-il encore une autorité de justice? <x Pourquoi une autorité de police? Pourquoi enfin une autorité «administrative?...»
Hélas! monsieur. Parce que la justice, la police et l'administration sont aussi inhérentes à la loi, que trois côtés et trois angles le sont au triangle. S^vez-vous, monsieur, qu'il est pénible d'avoir à vous dire de pareilles choses ? Gela pourrait faire croire qu'il est possible de s'imaginer que vous ne les connaissez^pas.
« Quoi ! continue M. Proudhon, le gouvernement nous aban- « donne la direction de nos âmes, la partie la plus^^ précieuse d^ « notre être, du gouvernement, de laquelle dépend entièrement, <( avec notre bonheur dans îauire vie, l'ordre en celle-ci; et, dès « qu'il s'agit de nos intérêts matériels, affaires de commerce, rap- « poris de bon voisinage, les choses les plus viles, le pouvoir se « montre, il vient. Le pouvoir est comme la servante du curé, il « laisse Tame au démon ; ce qu'il veat, c'est le corps. Pourvu « qu'il ait la main dans nos bourses, il se moque de nos pensées, a Ignominie !»
£h! non, monsieur. C'est impuissance qu'il fallait dire. Les gouvernements vont devenir aussi incapables de puiser dans votre bourse que d'inculquer de la religion dans vos pensées. En serezvous mieux après?
« Ne pouvous^ou^, continue M. Proudhon, administrer nos « biens, régler lios comptes, transiger nos différends, pourvoir à « nos intérêts communsy tout aussi bien au moins que nous poua vous veiller à notre salut et soigner nos âmes ? »
Non , monsieur : parce que le salut de chacun est personnel à chacun; tandis que le nous est relatif à tous, et que tOtt« doivent être A'accord, pour que les membres du nous ne s'égorgent pas. Avez-vous un moyen d'empêcher ces membres du notes de s'égorger : en restant sans règle, sans loi, sans autorité, sans sanction.
sans g(mvi^ri)p(Af4k^ mi sys4èf»^t WW pplJCQ» ?ag4 ^dpaipislration? En vérité, monsieur, de pareilles prçpo^jitiQg^ |q)i)L p^liUes à lire!
« Ni rËglise manquant de sanction politique, dit M. Proudhon, a ne saurait conserver la direction des idées; ui l'État, dépourvu a de principes supérieurs, ne peut aspirer à 1^ domination des a intérêts.... »
Il fallait dire i Ni TÉglise manquant de sanctioa éternelle. . . .
ni rÉlat subordonné à TÉglise...: Puis il feUait ajouter : Il y a
Église par la foi; et Église par h seienee; et FÉ^ise par la foi
est devenue impuissante, parce qu'elle f st privée de sanction
étemelle.
« Qu^ut à leur imm, (ijQUte YmU^W, elle 6$t eacore pli^^ chi- <c mérique que celle de la mooarfitûe ^soiiu^ avec la »io(iar<^ie « (Hmstittttionnallfi« p
G'e^t \rai, parfaitement vrai. U faut partout ; que Xtiglm io^ nuQe, ou que rhumanitô périsse. Mais, je le répète : U y 9 Église par la foi ; et jÊglise paf la scienee.
Après cela» M. Proudbon continue à dépiolir h société ^çldielle. Laissez-le faire. Il serait bien pli|s fort en dànoUtiou, s*il lais^iait apercevoir en lui l'ombre d'une force en réédificatioo.
Après cela, M. Proudbon revient au système contractuel. Pour jQIqu, pipni^ieur, donqez-pquis du ne^f : celui-là çst yeroioulu.
&. Instruclion jiublique, -r- Trdvauçc pv>blm^ r- Ajfrmlture^
commerce et finances.
Vous croyez peut-être qu'à propos d'Instruction publique, M. Proudbon va vous exposer : qu'il y a instruction réelle et instruction illusoire; que celle-ci conduisant à l'anarcbie, il est nécessaire que la société en préserve les individus. Vous creyes ÇU'il y?i vous dpnnev un mçyen d§ distingper qe^ dçi^x espèces 4'ilWt,ruçliau, etc,. etc, Yoh# éle^ à^m l'erreur, M, PrpHdhou lim P^rie »n«* rinrtriiqfipB Cttwroe Montesquieu s^^ les lo|s,
£%, ap^^ 4YQir lu, \^m éte3 m p§u. mo'm ^yapc4 qi('^u-
Après avoir beaucoup parlé pour ne riep ^ire^ M. PrQudhon ajoute :
<x A moin.^ qu^ Is^ 44noQCratie ne $oit un (eyrre, et la souyerai- « neté du peuple une dérision, il faut 2(dmetti[e...... p
Le système contractuel, etc., etc.
Eh bien ! monsieur, la démocratie et la souveraineté du peuple sont des leurres, des dérisipp^, des calembredaines, tout ce que vous voudrez. C'est v ous-mêine qui Tavez dit : une fois, dix fois, cent fois, mille fois.... Je vous le prouverai quand vous voudrez. Et j'ajoute que voua avez eu xsmn.
Quant 9UX financent M* Proudbon hïi la critique de la société actuelle ; et n'a pas l'ombre d'une idée de ce que doit être la société nouvelle. Il en parle cômmg un aveugle des couleurs.