L.-N. 'Bonaparte, t. II, p
Dans une époque où il n'y a de possible que tyrannie et anarchie, il est bien diffictle, quand on a l'espoir de pouvoir anéantir Tanarchie, de résister au désir d'empêcher les maux qu'elle cause, iru'y a qu'une pensée qui puisse détourner de ce désir : c'est de se pénétrer : que, pendant cette laême époque, toute tyrannie est de courte durée; quelle ne sert qu'à produire un6 auarahit^ plus
cruelle que celle que Tou a voulu détruire. En présence de Tignorance sociale sur la réalité du droit, et de Tincompressibilité de rexâfflen, il n*est qu'un moyen d'anéantir ranarchiis : c'est de comnnencer par faire proclamer officielleiiekt i'ignoraj>ce spciala; et de chercher ensuite la démoûstration de la réalité du, droit. >.
« Nous avons rappelé, dit Tauleur, les principaux traits de la c( vie de Guillaume ; c'est assez montrer combien ils diffèrent des « faits qui se passent sous nos yeux. . ^
« La politique de 1830 n'est pas la politique de 1688; elle « est tout l'opposé. » (P. 48.)
C'est une erreur immense, et néanmoins commune, de comparer c la situation de l'Angleterre en 1688 à la situation de la France en 1830.
En Angleterre il s'agissait de substituer l'autocratie religieuse du roi à rautocratié religieuse du pape.
Rien de pareil en France. Au contraire, il y est question de l'anéantissement de toute autocratie personnelle, religieuse ou civile. '
En Angleterre il s'agissait de maintenir le système tiobiliaii*é féodal.
En France il s'agissait de le détruire. ' "
Comparer les deux situations, c'est loucher intellectuellement ; c'est du mysticisme.
La source de tout mysticisme social, c'est la logomachie, ou; si vous l'aimez mieux, le galimatias, sur la valeur de l'expression liberté. Comment voulez- vous être d'accord'sur une multiplicité si vous ne l'êtes point sur lunité? Alors vous êtes obligé dédire : ou comme M. Cousin, que un égale. plusieurs; on,' comme Jacotot, que tout est dans tatU, Et c'est parler pour ne rien dire. -i
L'auteur se montre grand admirateur de M. Guizot,. inventeur du rapprochement entre* 1688 et 1830. Au livre . prochain,. je prouverai que M. Guizot est un mauvais guide: mém^ du seul point de vue théorique. .
« Charles V% dit l'auteur, expia cruellement les fautes de son (( père et les siennes propres; mais que 4e saisoBS ^pouF: expier
tsdâ ettiHirsi Élevé A«t)S des principes d'tiHorilé abëolue, r(^ti)m(i^d dl^6 rdts qui* Va vdieât précédé éevaii égarer 8011 n-jligein^tit et hi fairt prendre te î«stes plaintes du peuple 4'pdur d^ dé(^iÂâliiMii^ finstisttsesv ^ les ponmlxione d'une so- « eiétéiMlâéè piomt tjbis ^ditUmê vûlgtiAvBs. »
^ ■ Cfest (Jtilî ëàt bieiV dtfficîfe, kû\éiti Ai H^iClSfilë, dfe àistin- Itifer les èttîivulstom d*Wné ^dété ttâfedie des SëdltièttS Vulgaires : quand ou n'a pas de remède p^ufitiériMà lA&làdie ^iàle^ et âttrtoult, x][Uand ott Ut ëntbdfé dé flâttêd^è !
présent le plus funeste
Qdè littîé^ faire Mi>6b li tol^e câ^stë.
c( Quelque puissance matérielle que possède uU chëff dit ràu-^ « leur, il ne peut disposer à son gré des destinées d^ûn gfabd <K peuple ; il n'a de Toirce qu^en se faisadt L'mi^TRilMEiît des vues «de la majorité. »
,. Le tout est de s'entendre sur la valeur des expresisions. L^auteur appelle cet instrument un chef. Moi je l'appelle te valet de Vanarefiie.
Si quelqu'un à été le valet des majorités légales, c'est certainement le roi Louis-Philippe. Nous traiterons aussi de cela au prochain livre.
« Charles II, dit l'auteur, oublia que l'Angleterre était
«..toujours divisée pai* aa ces mêmes qtiestiom de tolérance reliagwise et de liberté politique qu'U /aut «ésoudbb et qui ne se «; soH'iuMfiNT pas^ »» (Yillemiaiu^ Histoire de Cromtoell.)
C'est eu effet dani la nécessité de résoudre ces questions que consiste la situation sociale actuelhi
•Ifoiis allons poser déis principes qui servirml d» prémisses à la solution.
; La toiéranoe ifeligieutey soeiàkmeûl cMsiéérée^ <^'^t du n^stkisme, de Tutopife^ En voiel la pMàtè :
La religion^ sotibUiSMiarr gocibii^réi :
Ou n'existe pas ; •Ou l9si imposée par la forcer .
: Ou tâi impolie par k raison*; i !
Je ne GOBiiiiis de quatriànm «iltenàatiTS qv'à Ghanentoni
La liberté politique ou sociale est Tobéissance velontdre k ce
ce qui est ordonné par k religioa^ Je ne connais de seconde alternative qu'A Gtearenton» Si qlid^
qu un en connaît une, U ne fera plaisir de me k présedtier ; fi
il me permettra» avant d'examiner sa Ibéorie, de tt'itiibrUiM!) )
s'il ne sort point d'un Charenton quekoBque.
« Charles U, dit Tauteur, i v « 1 1 . ^ ttéprisail le deMin, ^ce à qu'il ne voyait^ dâAë k suite de tant d'éréMiAeiite tontrttiirëèi K qU'ùit jeu de la fortutiéi Péhétré de 4éi âlhéisiÉ&politiqtyB. . . )»
C*eist jprécisétbent ébUmé chez nods, où M. Ëiirfôt fatt àéchté^ la loi athée. Pour u'ètffe pi athée pôlitiqilë, il ^^t avoir un ÏMë^ politique, une loi, et une sanctibh âWrie qtlë te boùtteâfi. ..* sous peine de ne craindre que le bourreau.
(( II crut, continue l'auteur, qu'une habile dissimulation suf- « firaitpour tromper les hommes, et le sort pour conjurer tous « les dangers. Il crut qu'en remplaçant les idées d'honneur et de « gloire par le développement des intérêts matériels, en détruî- « sant la foi par l'astuce et les consciences par la corruption, il a sortirait du dédale des passions politiques ; quant à la nation, « peu lui importait qu'elle se perdit. »
Et, en sa qualité d'athée politique, il avait parfaitement raison. Il n'avait de tort alors : que de n'être pas assez habile ; assez corrupteur ; assez fort enfin*
« La crainte de l^anarcbie, continue l'auteur, fut exploitée avec a ardeur pour excuser des mesures arbitraires. »
C'est inévitable dans la silualion actuelle : tantôt par crainte de l'anarchie ; tantôt par craiute du despotisme. Il n'y a que la liberté réelle qdi ne «raigne tieii: El , eil éjp(H|ttê (figAoï^i^; la liberté réelle, c'est du mysticisme ; (?tët de ^utopie. Mais, allez dire cela làtix iuystiqtieâl îl§ vOii^ âiipellifrdtit Ufdpislë. C'est juste : rira bien qui tira lé^liei^hieif.
« Lès SlUàfts, dh i^àùledr, arHvèrèrii au trSde à iine époqité « où les progrès de la civilisation avaient divisé l'Angleterre en « deux parties distinctes : le s int ér êts v yiciens» forts de k consé-
<x cration du temps ; les intérêts liouveaux^ forts de^aHcendant de
C'est, maintenant : la situat;!Oii soéiale du monde. Mais comment distinguer les intérêts qni doivent être conservés de ceux tpii; doivent être établis? Piiis, comment conisérver et comment établir? Tant qu'on né ie sait point, de manière à faire accepter le remède à tous et à èfeacwnliii n'y a depossiWeqoe Tanarchie. .. . C'est ce que nous examinerons au commencement du prochain yç4uipe. Nous donnerons ensuite : la THÉORIE GÉNÉRALE PE L1MI>0T; la THÉORIEGÉNÉRALE DE L ORGANISA- TION DE XA PROPRIÉTÉ;, et la THÉORIE GÉNÉRALE ïiES ASSOCIATIONS PARTICULIÈRES, TANT NATIOkÀLES QUE POMESTIIQUES.
<■■■■ FIN Dtî TO-ME PREMIER.
<« oo- >»