RELIGION DE L'HUMA^ITÉ
p^ Ia religion du GRAND*ÉTafi. Vous savez ; qu'il y a un Graod- Être pour chaque espèce de bêles ; et, que le plus fort d'entre eux avale nécessairement tous les autres. ..
« — ... La religion de Thumanité, directement fondée « l'année précédente, dans mon discours ci-dessus men- « tionaé. J'y systématisai le culte intime, d'après ma thçorie « de9 véritables anges gardiens, émanée de mes propres effu- « sions journalières, et je le liai solennellement au culte public « en instituant ma série normale des neufs sâgAements
« 0OGUUX t ,
(4) a Je dois témoigoer iQÎ notre juste reconnaissance pour le zèle et la « fermeté de M. Bineau^ qui; comme ministre dos travaux public, autorisa « dignement mon cours, aceompli dans un local placé sons sa dépendance « oiBoidUe. » mu éê M.A. Comté*
«••*«••» Far un tel ensemble d'institutions, la r«Uf gion piiMûNTEiB devient maintenant capable de reift* « placer, à tous égards, la religion révélée, désormais ausai ft dépourvue de puissance affective que d'efficacité poli- « tique* Outre les saintes pratiques quotidiennes secrètement « adoptées par plusieurs positivistes, j'ai solennellement « conféré en 1850, comme prêtre de l'humanité, les « trois principaux sacrements sociaux, etc., etc. »
(M. Auguste Comte, Sytime de politique positive^ T. Ip p. 18 delà préface.)
wm Voulez-vous, maintenant une définition de la religion? En voici une.
€ — La religion constitue, pour l'âme, un consensus « normal, exactement comparable à celui de la santé avec le
« corps. • ^ . « *
« « , .... une telle définition exclut toute pluralité. »
— Cela vous va-t-il?
c — L'état religieux, dit encore M. Comte, repose donc
< sur la combinaison permanente de deux conditions égat^-
« fMnt FOTfBÂMENTALES t AIMER et CROIRE
« Si donc l'AMOUR excite à croire en sur-
< montant l'orgueil, la foi dispose à aimer, en prescrivant « la soumission. » (W., p. 17.)
— Si vous aimez une religion démontrée par la foi, vous devez être complètement satisfait.
M. Auguste Comte proclame ensuite, et de la manière suivante : l'absolue nécessité d'une religion,
« «-«Tout fouvernement, dit-iU suppose une religion, « pour ooNiACHKR et AtG|4Eit U çamnuindement et Vobéis-
— Trouvez-vous que le commandement et l'obéissance seraient suffisamment consacrés et réglementés, lorsqu'ils
— tcn —
seraient appuyés sur le Grand^Étre de l'humanité, devenu Grand-Être suprême, par cela seul qu'il a été assez fort pour dévorer tous ses camarades ?
Peut-être, seriez vous curieux maintenant de connaître la source intellectuelle de la religion. M. Auguste Comte va vous satisfaire.
« — Quant à sa source intelleclucile, dit-il, la religion « humaine diffère trop peu des théories analogues qui sur- « gissent, chei les autres intelligences animales. »
— Ainsi, les chiens et les huîtres ont de la religion; et notre religion et les leurs ont une seule et même source t.. J'en suis bien aise. Galiani avait dit :
« — Tous les animaux sont raisonnables, l'homme seul « est religieux. » (Cité par le Dictionnaire.)
— Vous voyez que nous sommes en progrès sur Galiant Telle est la religion du panthéisme ! la religion de ce monsieur qui espère bien devenir chou.
Jusqu'à présent, les mots philosophie et religion n'ont qu'une seule et même valeur : galimatias. Je suppose que cette identité ne vous suffit pas. Alors, cherchons ailleurs I
Nous venons de parler du Dictionnaire; et, à propos d'être religieux, nous y avons trouvé une belle citation panthéiste* Voyons ce quUI dit au mot religion !
« — Religion , s. f. Eeligio. Croyance à la Divinité. » — Ainsi, la religion est la croyance à l'antropomorphisme* Puis, si l'antropomorphisme est absurde, ce qui est maintenant démontré universellement au sein de la science, toute religion sera également absurde. D'un autre côté, le besoin do religion, comme base sociale, est universellement reconnu : même par M. Auguste Comte; même par M. de 6irardin (i); comment sortir de cette tour de Babel? Interro-
(1) U est absurde de vouloir isoler la morale de la religion. »
M. E. DE GiRABDiN^ Èiudes poliiiqueê.
— iGvn —
geonsi' à cet égard, les princes de la science^ peut-élrc auront-jls rextréme obligeance de vouloir bien nous aider.
« — A quoi prétend une religion, messieurs, quelle qu'elle « soil? »
— Faites attention, je vous prie, que c'est M, Guizot qui vous parle î
« — Elle prétend, dif-il, à gouverner les passions hu- « maines, la volonté humaine. Toute religion est un frein, t un pouvoir, un gouvernement. Elle vient au nom de la loi c divine, pour dompter la nature humaine. C'est donc à la c liberté humaine qu'elle a surtout affaire; c'est la liberté « humaine qui lui résiste, et qu'elle veut vaincre. Telle est « l'entreprise de la religion, sa mission, son espoir. »
— Jusque-là, pas le plus petit mot sur la valeur de l'expression religion. On voit seulement qu'elle doit vaincre la liberté, et qu'elle ne peut se faire accepter : que par la force; ou l'abrutissement. Cela se conçoit : si c'est la croyance en l'absurde.
« — À la vérité, continue M. Guizot, en même temps que c'est à la liberté humaine... »
— Pourquoi pas aussi à la liberté des chiens : puisque les animaux sont également religieux?
« — ... Que c'est à la liberté humaine (1) que les reli- « gions ont affaire, en même temps qu'elles aspirent à ré- « former la volonté de l'homme, elle n'ont pour agir sur « l'homme, d'autre moyen moral que lui-môme, sa volonté, « sa liberté. Quand elles agissent par des moyens extérieurs, « par la force, par la séduction, par des moyens en un mot, « étrangers au libre concours de l'homme, elles le traitent « comme l'eau, le vent, comme une force toute matérielle ;
(I) J*ai déjà eu l'honiieur de vous faire observer : que^ partout où vous trouves Texpression liberté humaine^ vous avez affaire à uo panthéiste^ quelque déiste qu'il veuille paraître.
t elles ne vont peint & leur but; elles n'atteignent et ne gou« « vernent point la volonté. »
-(— Maintenant, soyei tout attention! H. Guizot va devenir sublime :
« — Pour, dit-il, que les religions accomplissent réelle- « ment leur tâche, il faut qu'elles se fassent accepter de la « liberté même ; il faut que Vhomme se soumette, mais vo- « lontairement, librement, qu'il conserve sa liber lé, au sein « de sa soumission. C'est là le double problème que