COL
^ Il est évident : que, du moment que les peines et les récompenses sont laissées de côté : la Justice, signifiant sacrifice de soi, signifiant ma/, est une sottise; et Tinjustice signifiant mal pour les autres, aoantage pour soi, se trouve seule RATIONNELLE. Car, le raisonnement n'est m\H% que, la balance pour choisir entre deux voies, celle qui est la plus avantageuse à celui qui raisonne^ à celui qui veut parcourir Tune ou l'autre des deux. Dans le cas contraire, le raisonnement serait la folie.
« — Je pourrais peut-être, continue Adimente, souffrir c dans la boucbe de tout autre cette manière de louer la vertu « et de blâmer le vice par leurs effets extérieurs; mais Je ne « pourrais te le pardonner, à moins que tu ne me Tordon- « nasses, d'autant que la justice a été, jusqu'à présent, l'u- < nique objet de les réflexions. Qu'il ne te suffise donc pM « de nous montrer qu'elle est meilleure que l'injustice. Fais- K nous voir en vertu de quoi l'une est un bien, l'autre un « mal en soi, que les hommes et les dieux en aient conoaiSih c sance ou non. i
— C'est comme s*il avait dit :
Fais-nous voir en vertu de quoi les trois angles d'Uii triangle sont égaux â deux droits : quand bien même une ligne tombant sur une autre ne ferait pas des angles égaux ft deux droits.
C'est une véritable discussion d'enfants gâtés. Il est clair comme le jour : que, se faire du mal sans raison est une soir tise; et que, se dévouer, en l'absence de toute sanction religieuse, c'est se faire du mal sans raison.
Écoutez maintenant la réponse de Socrate, prétendu défenseur de la justice pour la Justice!
< — Je fus ravi, dit-il, des discours de Glaucoo etd'Adi^ c mante. Je n'admirai jamais davantage la beauté de leur « nature qu'en cette rencontre, et je leur dis :
< c Enfants d'un père illustre, c'est aveo raison que l'ami < de Glaucon à commencé ainsi l'élégie qu'il a composés
— eu —
c pour TOUS, quand vous tous (tttes Mgtifllés ft la j5Uf idée de c Mégare ; Fils d^Ariiton^ issus d'wwmts ditins....t. ^ »
— Voyez-vous comment Platon commence par battre le chien devant le loup; et, à prépare^ m retraite, se Connaissant battu ; ou plutôt : faisant voir cpi'il a défendu sciemmsnt une mauvaise cause par la bouche de Socrate.
t — Car, continue Socrate, il faut qu'il y ait en vous i quelque chose de divin, si, après ce que vous venez de t dire en faveur de injustice, vous n^étes pas persuadés
< qu'elle vaut infiniment mieux que la justice. Or, vous t n'en êtes pas persuadés, vos mœurs et votre conduite me
* le i>?ou vent assez, quoique je pusse en douter si je m*arréi tais à ce que vous venez de dire; mais je n'en suis que plus
• embarrassé sur le parti que je dois prendre. D'M côté, je I ne sais comment défendre les ^tirets de la justice. CslA