‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 3)Chapitre 3 sur 97 · ANTHROPOMORPHISME · texte numérisé non relu

ANTHROPOMORPHISME

tf L*homme a fait les dieux à ton image : il « leur donne aussi ses institutions. »

Aristote, Polit. ,\ïy, I, ch. 4.

« Tous les vieux dieux s'en yont. »

M. Blamqui, do Ilnsi^tut.

a Le mot esprit n'a aucun sens pour qni- « conque n'a pas philosophe. 0n esprit n'est (t qu'un corps pour le peuple et pour ics ena fants (1). NHmagincnt-ilspasdcs esprits qui c crient^ qui paileht [f), ({uï battent, qui font a du bruit ? Or^ on m'avouera que dos esprits « qui ont des bras et des langues ressemlilcnt « beaucoup à des corps. Voilà pourquoi tous et les peuples du monde, sans excepter les a Juifs, se sontfait'des dieux coiporels.Noni- «t mômes avec nos termes d'esprit, de trinité, « de personnes, sommes pour la plupart d6 « VRAIS Aii.TaRppo)iORPBiT£s. J'avouo q!i*on « nous apprend à dire que Dieu est partout : « mais nous croyons aussi que l'air est parce tout, au moins dans notre atmosj)Uèrc; et le (c mot ESPRIT, dans son origine, ne signifie « iui-môme que souffle et vert. Sitôt qu'on « accoutume les gens A dire des mots sans les fc ENTENDRE, il est facile, après cela, do LEUR

« FAIRE DIRE TOUT (jS QU'OH VEUT. »

Rousseau, EmiU.

Personne, au xviii* siècle, n'a reproché à Rousseau d'avoir, en se servant du mot Antropomorphistë, employé une expression obscure. Il parait que le xix® siècle ne comprend plus la langue de ce grand écrivain.

A rarlicle Anthropomorphite, le Dictionnaire dit : « Qui a croit à un Dieu corporel, à un Dieu à forme humaine. De a Anthrâpos^ homme; et de Morphi, forme. »

La forme humaine n'est point essentiellement : d'être un

(4) Et en époque â^ignw(xnee ou d'enfaneé ioeiàle : tout U monde est nnPLB ; tout le monde est enfaxt l (â) Garo les révélations !

bipède sans plumes; d'élre un bipède ou un millipède brun ou noir, gris, vert ou bleu. Il pourrait y avoir des hommes ayant des plumes, des ailes, des hommes diaphanes, etc., etc. La caractéristique de Thumanilé, la forme de l'humanité est de raisonner réellement, d*étre libre réellement: car, Tesseuce du raisonnement, plus qu'illusoire, est la liberté. Quant au fond de l'humanité, d'une humanité plus qu'illusoire, c'est une individualité absolue chez chacun de ses membres : car, pour raisonner, il faut un raisonneur; et pour que le raisonneur puisse être libre, il faut qu'il soit absolu, c'est-à-dire indépendant ; c'est-à-dire incréé, étemel. - Si les anges, les diables, les dieux, les gnomes, les farfadets, etc., etc., raisonnent réellement ; c'est-à-dire, s'il sont libres réellement ; ce sont des hommes réellement ; des hommes immortels, si vous voulez les rendre tels par hypothèse; mais enfin des hommes.

Le nom d'ÂNTROPOMORPHiSBiE est donné: à toute croyance en des êtres : non-seulement n'appartenant point à notre humanité, tout en ayant raisonnement, liberté ; mais ayant, en outre, supériorité, puissance, sur notre humanité.

Je pourrais dire encore; que, les panthéistes, dont nous parierons bientôt, qui font sentir, penser et raisonner le chien, l'huître, l'éponge, le chou, la carotte et le cristal, sont aussi des antropomorphistes. Et voilà, comment les deux grandes sectes de l'ignorance, ne font réellement qu'une seule et même secte.

Voyons, maintenant, comment l'antropomorphisme vient à naître, nécessairement, au sein de toute humanité possible.

Dans tout commencement de société, l'expérience et le raisonnement prouvent: la nécessité d'une hègle, pour jes actions, tant individuelles que sociales; et, en outre, la nécessité d'une SANCTION, autre que la force brutale, pour assurer l'exécution de la règle : afin que l'ordre, vie sociale, puisse exister et persister. Cette règle et cette sanction, tant qu'elles ne peuvent être démontrées réelles par un incontestable raisonnement, les sociétés doivent les faire dériver ;

d'êtres hypothétiques surhumains; d'êtres supposés raisonnant comme l'homme ; d'êtres supposés libres comme l'homme; ayant hypothétiquement toute puissance sur l'humanité, ou sur une partie de l'humanité; surtout sur celle ayant besoin d'être soumise à telle ou telle règle, à telle ou telle sanction.

Dès ce moment, l'antropomorphisme se trouve établi.

Ainsi : tout fétichisme, toute idolâtrie, toute astrolâtrie, tout polythéisme, tout monothéisme, tout déisme, tant prétendu révélé que prétendu philosophique, est de I'ànteo-

POMORPHISME.

£t quelle est la conséquence rationnellement incontestable des prémisses antropomorphiques?

C'est que l'être antropomorphe étant supérieur à l'homme, ayant toute puissance sur lui, Thomme cesse d'être libre, plus qu'illusoirement, cesse de raisonner, plus qu'illusoirement; c'est que les individualités absolues, fonds réels de chaque membre de l'humanité, deviennent relatives aux antropomorphes ; c'est que la réalité de l'humanité disparait, pour n'être plus qu'une illusion. L'affirmation de l'anlropomorphisme, n'est donc autre que la négation d'une liberté plus qu'illusoire; d'une raison plus qu'illusoire; n'est autre enfin : que, la négation de l'humanité.

C'est clair, précis et incontestable vis-à-vis de la raison.

Mais, l'antropomorphisme est de nécessité sociale, de nécessité d'ordre, depuis l'origine de l'humanité. C'est donc un préjugé nécessairement inculqué à l'humanité depuis cette même époque. Une science négative, lorsque l'examen n'est plus comprimé, pourra bien détruire ce préjugé chez quelques individus ; chez tous même si vous voulez. Mais, évidemment, ce préjugé ne peut être détruit, socialement, que pour une nouvelle nécessité sociale, dérivant d'une anarchie, ayant alors sa source dans ce même antropomorphisme, devenu insuffisant pour servir de base à la sanction; et cela encore : après que la science positive, réellement positive, aura incontesta-

tffeinentTtéfllontré : la'réaHtè d'une friction inévitable, ^M l'Knfropomorpbisme hypothétique avait été, jusqu'alors, H sèrfté Vase pissmë.

PÀNtHÈlS>ffi.

* . « Suivant l'heureuse et profonde expression

^ de SCHELLING^ LE DÉISTE EST UN ATHEE POL- « TRON. »

M. DE Lahennâis.

* « Le panthéisme est un matérialisme pol-

<f tron. »

Colins; Mse.

« Vous pensez si vous sentez.. »

M. Cousm.

« Qui mange^ pense. »

Balzac,

«f La VIE EST PARTOUT COMME L'INTELLIGENCE !

« Toute la nature e$t animée, toute la na- « ture sent et pense ! . , . . partout ou est

« LA VIE^ LA aussi BST LE SENTIMENT; et U

^ <( pensée à des dégrés inégaux, sans doute^

* à mais sans vide. »

t " Lama&tins.

Âu dictionnaire, à Vsiriide panthéisme, vous trouvez :

< Système de Spinosa, qui reconnaît pour Dieu, tout ce qui est le grand tout. — Nature divinisée. »

Et à Vaviide panthéiste :

i Qui croit i}uè Dièil est le tout, ^ lé tout Dieti; »

Comme vous lè voyez, le panthéisme est un màtériaiisme pbtfron : c'est Texistence d'une seule nature. Et, comme rexîsiencê de la nature matérielle est incontestable, le pantiiéisme est la nègallori de la nature immatérielle, la négation de toute individualité absplue.chez chaque njemfire de liiumanïiè; par conséquent : la négation, chez chaque iii-

V Yii

diriâM, de ttrat faisônnéur plus que phénoffiéfiai ; la nég^lon de loufe liberté plus qu'apparente ; la négfilion de rhumanlté absolument dite.

De même qu6 Tanlropomorphisme vient à naître nécessâirdnient au sein de toute hùmanilé poIslWe, et y dure nécessairement tant qu'il peut y être base d'ordre; de même le panthéisttiê naît, nécessairement, au sein de toute humanité possible, par le seul effet de l'examen, du raisonnement; et, y dure, nécessairement aussi, tant qu'il n'y devient pQlnt source d*une anarchie, poussée à un tel degré d'intensité, âtt sein de l'humanité tout entière, que cette même humaaiiê doive pouvoir le détruire : sous peine de mort évidente. *

Tant que l'examen peut rester comprimé, le panthéishie reste enfermé i d^àbord au sein des castes sacerdotales dominant les masses par i'antropomorphisme. Les prêtres égyptiens étaient panthéistes, comme les lettrés chinois le sont encore à présent. Mais, bientôt des ambitieux, chassés ou sortis des temples, voulurent faire secte ; et, sous prétexte d'éclairer les peuples, firent passer leurs nouveaux disciples de la foi religielise è la foi irréligieuse. C'était, le sachant ou l'ignorant, vouloir substituer l'anarchie au despotisme. Tout cela, du reste, se trouve inhérent aux développements dq Pintelligence, et à la nécessité de l'ordre, pen. dant toute l'époque d'ignorance dont je dois parler bientôt. Aussi, depuis l'origine du monde, tous. les prétcp dus ^philosophes ont été panthéistes ; comme tous les peuples ont çtô ' anlropomorphistes. Pendant toute cette période, l'éducation est antropomorphiste et l'instruction panthéiste. Mais^ tapt" que l'instruction peut, sooialemetit, rester subordonnée à l'éducation; tant que la>. raisonnement peut être subordonné aux sentiments; c'est-à-dire, tant que l'examen peut être socialement comprimé : les philosophes, qui se permettent de parler trop haut, sont grillés; et, socialement, l*aparchie se trouve étouffée.

Vient ensuite l'incompressibilité de l'examen, dont aussi nous parierojQS bientôt : laquelle, pour que celle expression

• « jouté à la force vitale? Et comment tié pas voir qae ja « vie eat une chose qui se développe, et dont l'épanouisse - €c ment naturel consiste dans ces facultés éminentes dont

ît LES ANIMAUX SUFËRIEURS, Et ENFIN L'fiOUIBtE PRÉ- « SENTENT LA RÉUNION. »

LiTTRÉ. Dictionnaire de médecine.

Ce dictionnaire est signé des cinquante noms les plus lio- VMiorés dans la science médicale.

% Si i'Institut de Franco ne vous est pas une garantie suffisante^ voici un passage qui appartient aux Saintes Écritures :

« La fin de Thomme et des animaux est la méme,fft leiir * condition est égale. Comme l'homme meurt, ainsi meurent « les animaux. Tous les êtres respirent par le même mode, « eil*homme n'a rien de plus que l'animal. Tout est vanité. « Tout va en un même lieUé Tout est fait de la terre et f «»- « tourne à la terre. Qui sait si le souffle des fils d'Adam < monte en haut et si le soufld des animaux descend en bas? ' «i yûi ddnc compris qu'il n'y a rien de tnieiix pour l'homme <r 'que de se plaire dans son œuvre et que c'est là sa part de ' « bonheur. Car, qui le ramènera pour jouir de ce qui sera « après lui?»

EcCLÉsiASTE, Ch. m. Traduction de Vatable et de Robert Élienne.

' *Vqu8 concevez, maintenant; que, la négation de toute individualité réelle, dont la conséquence logique est la négation ^ dé toute liberté; est aussi là tlêgation de tout droit, de 4oul devoir, de toute morale. Alors, vous cdtioeVeE égàlef^ ment i quelle démoralisation^ quelle anarchie suivent hécesBairement là vulgarisation du patitbéistne; et comment le fMMthéismë ne peut être anéanti que par une nouvelle néces- - ^/jpitâ sociale, forçant égaletnètit les hommes, tant à fbi reli- 1^ ' " gilusii qu'à foi irréligieuse, de reconnaître c qu'ils sont des

: .^solë»

' ,* <' i:Mai8^ demanderez-vous, n'y a-t-il donc pas taoyen da I i.' >, prends un grain quelconque, dans un des boisseaux, pdur

)e jeter dans Tautre : afin c(tie të indlbetirètlx éfnéf, soit Ht deux pieds, soit à quatre, puisse ue pas mourir de feiàlf

A cet égard, je vais vous dire ce qui a été fait :

M. Deseartes, un grand philosophe eomme vous SaT«9^ avait bien reecnnu : que, s'il y avait réellement de la sensi- i

bilité cbez le singe, le chien ou le baudet, la prétendue âoîe iHunatérielle de rhomme, et rien, c'était absolument la mém^ chose. Âussi^ établit-il en principe : que le singe^ le chien^ ^ le baudet, etc,, ne sentaient miette. Mais^ il convint ^'iliiu * • é(ait absolument impossible de prouver ce qu'il avançaiti Du rSste , une démonstration était peu de chose poiir M. Descaries. Car, Galillée lui avait prouvé : que la terre tournait autour du soleil; et M. Descartes s'était éoHé : que Gaiillée n'était qu'un sot. Il en disait autant de Newton m ' j

lativement à l'attraction. Par contre, il admettait : que deë v* prêtres, au moment des paroles sacramentelles, avaient soh^ *

vent trouvé un petit enfant ou des morceaux de chair entre leurs doigts; Nous dirons même que tous les grands homl^es contemporains de Descartes pensèrent comme lui : non sui^ ^ "^ les résultats des paroles sacramentelles ; non sur l'idiotiisoié de Gaiillée et de Newton; mais, sur Yinsensibilité réélit é&B animaux. C'était une opinion. Car, en dehors d'une dd^ monstration rationnellement incontestable } d'ude démons* trationne conduisant point à l'absurde; il n'y a de pfl*sible : que des opinions;

Il y avait bièh encore tiii aiitré moyen pour né point iiiou- ^ rir de faim entre les deux boisseaux. C'était de passer à l'aivtropomort^bisme avec artnes et baga'^, bû sis plongeatit \û • tête la première dans l'absurde, comme Pascal le recom- ' ^ mandait. Ce moyen était excellent vis-à-vis de la foi. Mais^ vis-à-vis de la raison; il ttiUd replaçait entré léâ dftb]: f^

boisiséâtix. . --. - - .v.

Depuis Dedbaictes, &t msllgrë sa dëmodstfïtidh dé l'imnia^ *l^i^iâiilë de l'àîne, le panthéisme a gagné tout ce que l'anjtropomorphlsme a perdu. Ce qui signifie : que la raisia fi.'fli

— xn —

ni gagné ni perdu. Seulement le despotisme y a beaucoup perdu ; et l'anarchie y a infiniment gagné. • Pour le moment actuel, voici ou nous en sommes : M. Au-

guste Comte, le Spinosa du xix^ siècle, a dit tout uniment que ^n ancêtre Descartes, relativement à Tautomatisme des

r animaux, n'était qu'un sot : pas en trois lettres, mais en un

pTus grand nombre, ce qui ne fait rien à l'affaire. Descartes

^ avait dit autant de Galillée et de Newton. Des preuves, que

^ nous sommes ou que nous ne sommes pas des machines,

^ 'î auraient mieux valu. Ici, M. Auguste Comte veut bien que nous soyons machines, comme nos frères les animaux ; mais, il prétend : que ces machines peuvent fort bien raisonner; peuvent parfaitement être libres (1). Il ajoute même, comme . preuve de liberté : que si des bœufs traînent nos charrues,

I . 4| si des haridelles traînent nos fiacres; c'est pure bonté de V leur part, véritable condescendance fraternelle ; et, que si les

"* bœufs ainsi que les haridelles le voulaient, elles nous feraient

un pied de nez , et nous planteraient là pour reverdir (2). ^ outre de Descaries niant, et de M. A. Comte affirmant,

f' j'ai voulu donner la démonstration rationnellement incon-

testable : que le panthéisme est aussi sot que l'antropomor*

» pbisme ; et l'antropomorphisme aussi sot que le panthéisme.

Même, j'ai voulu la donner gratis pro Deo. Mais, le public s'est moqué d6»moi; et, a bien mieux aimé s'occuper des

v' ' (4) Ici M. Aug. Comte se trouve d*accord avec l'école éclectique.

« La brute, dit M. Damiron^ n'est pas libre autant que Thomme^ mais elle • « est libre comme Tbomme. » (Cours de philosophie,)

^ (2). L'école éclectique a été plus loin que M. A. Comte. Elle prétend que les bétes ont même la connaissance du paradis. l\ est vrai que M. Comte nie /* toute autre vie.

« N*ont-elles pas (les bétes) comme la conscience d'une autre vie que la « vie physique ? Ne faut-il pas même qu*elles l'aient pour pouvoir être avec ^^ « .nolis en quelque commerce de sentiment? »

^ * '- M. Damiron^ Cours de philosophie.

Et ailleurs :

^ « N*y a-t-il pas pensée, en vie et en action, de la pensée efficace, puis-

4t santé et créatrice, non pas seulement dans les animatnc, où elle esipresqui

GQHIIE CHEZ L'HOMHE, mais DANS LA PLANTE ET DANS LA PIERRE. »

^^8t une bien Joëlle chose que la philosophie!

tables tournantes et parlantes. Puisqu'il n*a nui besoin de ma démonstration, le public a eu parfaitement raison. A cet égard, et de tout mon cœur, je lui souhaite bonne chance. Ici, je voulais seulement vous expliquer ce que j'ai compris par le mot panthéisme. Si vous avez l'extrême bonté de me comprendre, je vous en suis bien reconnaissant.

— WT —

HkTmkusm

ou MONDE EXCLUSIVEMENT PHYSIQUE.

n Le principe universel d'action fait tout en « nous. Il ne nous a point exceptés du reste de

« la nature Concluez donc que le

• « principe universel d'action fait tout en vous.»

YOLTAIBE.

« Le corps organisé suppose comme prin- « cipe de formation une matière, sans doute, ^ « mais aussi une force (1) : Dans le minéral, « une force purement mécanique ; dans le vé- , « gétal, une force plus riche et plus puissante

^ ' (( qui assimile les substances étrangères à la

« substance du corps ; dans Tanimal, une force « encore supérieure^ principe de sentiment, « d'activité et d'intelligence p«ur les êtres qui a en sont doués. »

M. Cousin, Cours d'hist de la k philosophie morale.

w « Le célèbre docteur Priestley assure que la

« matière convenablement organisée , a nonce seulement la faculté du mouvement f mais « encore celle 'de la pensée et de Vintelli- « gence ; et qu'un homme n'est qu'un mobcead

** a DE MATIÈRE CONVENABLEMENT ORGANISÉE. » *

M. Cousm, Idem, ^ • « En dernière analyse, l'homme n'est donc

^ : ^* « pas seulement une machine vivante, mais

^i ^ \ « une MACHINE pensante. »

M. Lemaire, Initiation à la philosophie de la liberté.

« Machine et liberté sont compatibles : comme « l'être et le néant. x>

GoLiNS, Commentaire.

« J'appelle matérulistes : ceux qui ne re- « connaissent qu'une seule nature, la nature « physique ; ceux qui, s'ils sont logiques, nient « toute individualité persistant après la mort, « toute individualité réelle, immatérielle, qui « unie à un organisme, peut seule raisonner « réellement. Par conséquent, j'appelle maté-

a riaUstes : ceux qui, s'ils sont logiques, nient * •

(1) Il y a matière corporelle et matière incorporelle. Toute force est matière incorporelle.

•jft

« ia liberté^ le bien et le «lal^e droit et le de- <i Yoir^ l'ordre moral enfin; c'est-à-dire : l*é-

« TXRNBLLB JUBTICS. »

le pourrais faire un votame, dMx volumeft, dit volfA&es de citations matérialistes. B y a d^à p(us d'une douzaine d'années que M. Prott4h<m, dans sofi ouvrage tatituié : De la création de i'^dre, a osé affirmer : que, le matérialisme était généralement enseigné par l'Université ; et un journal n^^fii^uel, aysiût jm tête les prineipaiix noms de TAcadémie des sdeaees aiorales et politiques, n^a pas oraiiit de Ure : qu'W serait fort ^fficile de répondre à M. Proudhon. Et, mt* cgfet, persoAiie ne 1^ a répondu.

Le matérialisme, comme ^e panthéisme, est l*exlsten»^ êtftne seule nature, la négation de toute individualité plus* que phénoménale, la négation de toute individualité responsable après lainort; donc, la négation de la liberté, du droit, du bien et du mai , de Tordre moral enfin. Et, comme je l'ai dit, à l'imitation deSchelling, toute la différence, entre les deux, c'est : que te panttiéisme est un matérialisme poltron, tanêis que son frère jumeau , répudiant toute hypocrisie, est un matérialisme bravadie. Nous commencerons par exposer le matérialisme poltron.

Voici le portrait du panthéisme fait d'après nature. j|t est tracé jpar Voltaire ; et^ d'après lui-même. : car, Voltaire n'est pas toujours matérialiste bravache :

« — Spinosa, dit-il , sie sert -toujours du tvet Dieu..,

« y&lsds au lond , Spinosa ue reconnaît point de Dieu. Il u'a 9i {)(robfJ)leme^t employé cette expression, il n'a dit qu'il If^ut « ^rvir et «aimer Dieu que pour ne point effarouc^ le « ^nre Àimadn. Il parait athée dans toute la force de oe « terme:} il n'est point alhée comme Épicure, qui reconow^ « $ait â^^ieux inutiles et oisifs ; il ne l'est point comme la € plUpai^ des Grecs et des Romains qui se moquaieat des

« dieux du vulgaire : il l'est parce qu'il ne reconnaît au- « cune Providence, parce qu'il n'admet que l'éternité, que a riQimensité et la nécessité des choses. 11 l'est comme Stra* « ton, comme Diagoras; il ne doute pas comme Pyrrhon, « il affirme; et qu'affirme-t-il ? qu'il n'y a qu'une seule « substance, qu'il ne peut y en avoir deux; que cette sub- « stance est étendue et pensante ; et c'est ce que n'ont jamais « dit les philosophes grecs et asiatiques qui ont admis une « âme universelle. » {Le philosophe ignorant, XXIII.)

Le panthéisme du xix* siècle est en progrès sur le panthéisme du XTiii® siècle. Le panthéisme du xn^ siècle renie iiaufement Dieu, par la bouche de son grand-prêtre M. Auguste Comte. Puis, ce panthéisme, toujours poltron, rem* place Dieu par un grand-être.

. Si je place indifféremment M. Auguste Comte, soit parmi les panthéistes, soit parmi les matérialistes, je dois dire que le maître répudie ces deux déaominalions. Il donne à sa philosophie, à sa religion, comme vous voudrez, le nom de

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