‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 3)Chapitre 44 sur 97 · LIBERTÉ DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

LIBERTÉ DE LA PRESSE

« Gutentferg , sani le savoir^ ayait 6té 1« « mécanicieD d*un nouveau monde. En créant « la communication des idôes^ il* avait assuré « l'indépendance de la raison. Chaque lettre « de cet alphabet qui sortait de ses doigts^ cr contenait en elle plus de force que les arec mées des rois et que les foudres des pon-. « tlfes. C'était rintelligeuce de la parole. » M. DB Lahartini*

« L'invention de rimprimerie est venue ren-

— cccaxiv —

<c verser et rendre impossible pour Tavenir « toute transformation de la force en droit. <i En présence de Tignorance sociale sur la <f réalité du droit, elle est venue implanter, (c au sein de la société, un germe d'anarchie, « qui, en se développant, embrasera le monde « de ses horreurs; et forcera ainsi Thuma- <t nité : d'anéantir l'ignorance sociale sur la <f réalité du droit; on de voir les individus (( qui la composent, s'égorger mutuellement « jusqu'au dernier. »

Colins, Msc,

« Il y IL en ce moment en France, cette « antique terre de la liberté, vingt-sept gé- « rants et rédacteurs de journaux, en prison.

« Depuis 4830, le journalisme a payé pour « 7,500,000 fr. d'amendes et cent quatre- « vingt-quatre années et dix mois de prison. »

Journal la Réforme du 47 mars 4844.

« Ce qui n'a point empêché Tanarchie « de 4848. »

CouNS^ Commentaire-

Voyons, d'abord, ce qu'étaient les connaissances, avant l'invention de rimprimerie; et, combien il était facile, à la force, de les détruire : lorsqu'elles étaient en opposition avec le despotisme.

« — Les manuscrits d'un même livre, dit Condorcet, « étaient en petit nombre : il fallait, pour se procurer les ou- « vrages qui formaient le corps entier d'une science, des « soins, souvent des voyages et des dépenses auxquels les « hommes riches pouvaient seuls atteindre. Il était facile, au « parti dominant, de faire disparaître les livres qui cho- « quaient ses préjugés ou démasquaient ses impostures. Une « invasion de barbares pouvait, en un jour, priver pour ja- « mais uapays entier des moyens de s'instruire. La destruc- « tion d'un seul manuscrit était souvent pour toute une « contrée une perte irréparable. On ne copiait d'ailleurs que «' les ouvrages recommandés par le nom de leurs auteurs. « Toutes ces recherches qui ne peuvent acquérir d'impora tance que par leur réunion, ces observations isolées, ces « perfectionnements de détail qui servent à maintenir les

< sciences au même niveau, qui en préparent le progrds^ « tous ces matériaux que le temps amasse et qui attendent « le génie, restaient condamnés à une éternelle obscurité. Ce « concert de savants, cette réunion de leurs forces, si utile, « si nécessaire même à certaines ^oj^ue^, n'existait pas. Il

< fallait que le même individu pût commencer et achever « une découverte, et il était obligé de combattre seul toutes « les résistances que la nature oppose à nos efforts. Les ou- « vrages qui facilitent Tétude des sciences, qui en éclaircis- « sent les difficultés, qui en présentent les vérités sous des « formes plus commodes et plus simples, ces détails, ces ob- « servations, ces développements qui souvent éclairent s!ir « lés erreurs des résultats, et où le lecteur saisit ce que Tau- « leur n'a point lui-même aperçu, ces ouvrages n'auraient « pu trouver ni copistes, ni lecteurs.

« Il était donc impossible que les sciences, déjà parvenues « à une étendue qui en rendait difficile et les progrès et « même l'étude approfondie, pussent se soutenir d'ellesii mêmes et résister à la pente qui les entraînait rapide- « ment vers leur décadence. »

{Tableau des progrès de l'esprit, etc.)

— Remarquez en outre : que, toutes les lois défendaient d'examiner la loi ; que, partout la mort empêchait l'examen ; ci vous concevrez : qu'il était presque impossible à l'anarchie (le renverser un despotisme ; et, que les horreurs causées par l'iinarchie, faisaient toujoure, et rapidement, renaître le despotisme de ses propres cendres.

Plus loin Condorcet déroule encore un nouveau tableau des avantages produits par l'imprimerie , nous n'en donnerons qu'un extrait.

<c — Enfin, dit-il, l'imprimerie n'a-t-elle pas affranchi a l'iustruction des peuples de toutes ses chaînes politiques et « religieuses... »

' — Ces chaînes entravaient l'anarchie. L'imprimerie les a brisées. Maintenant c'est l'anarchie qui domine le despotisme.

. — CCCXXYI — .

ta société s*en trouve-rtrella iqiieux?.JNoQ, (prt heureusement. Ei le despotisme ne peut plus dooniner l'anarchie. Alors... la mort ou la liberté! Et, la liberté ne peut naître: que, de Tai)éanti3sement de l'ignorance.

« — En vain, continue Condorcet, l'uti et l'aUfre despo- « tisme aurait-il envahi toutes les écoles ; en tâlh auMt-il, te pdit des institutions sévères, Invariablement fixé de quelles « elteUrs il prescrivait d'infecter les esprité, desquelles vé- « rites il ordonne de les préserver; M min les ehatnes con- « sacrées à l'instruction morale du peuple, à celle de la k* jeunesse en philosophie et dans les sciences, seraient-elles à condamnées à ne transmettre jamais qu'une doctrine fa- Mvorabie au maintien de cette double tyrannie, l'impri- « JMIERIE peut encore répandre une lumière indépendante « et pure. »

— Voyez-vous : que, Timprimerie rend Texamen incompressible:

« — Cette instruction, continue Ck)ndorcet, que chaque « homme peut recevoir par les livres, dans le silence et la a solitude, ne peut être universellement corrompue : il suffit « qu'il existe un coin de terre libre où la presse puisse en (c. charger ses feuilles. Gomment dans cette multitude de « livres divers, d'exemplaires d'un même livre, de réimpres- <K sions qui en quelques instants les multiplient de nouveau, « pourra-t-on fermer assez exactement toutes les portes par « lesquelles la vérité cherche à s'introduire? »

"-^ Remarquez, je vous prie, que pendant toute l'époque d'ignorance, il n'existe, en fait d'ordre social, que des vérités négatives; et, par conséquent, anarchiques par essence.

« ^— Ce qui était^difftclle, continue Condorcet, même lors- <c qu'il ne s'agissait que de détruire quelques exemplaires « d'un maauscrlt pour l'anéantie sans retour, lorsqu'il * «c suffisait de proscrire une vérité, une opinipi} pendant « quelques années, pour la dévouer à un éternel oubli, n'^st-

r— CCCXXVII —

« il pas impossible aujourd'hui qa'il faudrait employer une « vigilance sans cesse renouvelée, une activité qui ne se re- « posât jamais? Comment, si mêmife oh parvenait à écïrler « ces vérités trop palpables qui blessent directement les in- « téréts des inquisiteurs^ empêeberait-on de pénélrerv^ se f répandre^ celles qui renfenilent les vérités proscrites sans « trop les laisser apercevoir^ qui les préparent, qai doivent « un jour y conduire? »

"- (ytesl ainsi que le xviii* siècle prê(*ait le déisme pour arriver au matérialisme. Il y a encore une fbule de badauds s'imaginant: que, YoUaire croyait en Dieu. Et, cp.mment voulez -vous qu'ils ne le croient pas, quand des hommes du plus grand talent leur disent :

^ -^ Voltaire pouvait parler dé Dieu, car il raîmait ar- « deinment. » •

(M. Lherminiër, Influence du xnii^ siècle . sur le XIX®.)

— Alors les jeunes gens vont à Voltaire et y boivent à longs traits l'essence du matérialisme. Ne vous en plaignez point, du reste, tout cela est providentiel.

« -r Le pourrait-on, continue Condorcet, sans être forcé <x de quitter ce masque d'hypocrisie dont la chute serait (K presque aussi funeste que la vérité à la puissance de l'er- « reur? Aussi verrons-nous la raison triompher de ces vains « efforts... »

— C'est vrai; la raison triomphera de l'antropomorphisme; et, Scientifiquement, ce triomphe est accompli. Mais, maintenant la raison doit triompher aussi du matérialisme. Et l'anarchie, poussée à son dernier paroxysme, est peut être le seul auxiliaire que la raison puisse avoir pour accomplir ce dernier triomphe.

a — Nous la verrons, continue Condorcet, dans cette « guerre toujours renaissante cl souvent cruelle, triompher

— GGGXXTin —

« de la violence comme de la ruse, braver les bûchers et ré- « sister à la séduction. »

— Le matérialisme, résister à la séduction? Ah, le bon billet qu'a La Châtre !

« -« Écrasant tour à tour, continue Condorcet, sous sa « main toute puissante et l'hypocrisie fanatique, qui exige « pour ses dogmes une adoration sincère »

— Est-ce que le dogme de la liberté, au sein du matérialisme, n'est pas aussi absurde: que, le plus absurde des dogmes antropomorphiques?

« — Et, continue Condorcet, l'hypocrisie politique qui « conspire à genoux, de souffrir qu'elle profite en paix des ce erreurs dans lesquelles il est, à l'en croire, aussi utile aux « peuples qu'à elle-même de les laisser à jamais plongés. »

(W., Id.)

— Ce qui précède a eu pour but : d'achever de vous convaincre, qu'en présence de l'imprimerie, il est impossible de comprimer l'examen sur la réalité du droit, sur la réalité du lien religieux; et de commencer à vous convaincre, qu'en présence de l'ignorance sociale sur la réalité du droit, sur la réalité du lien religieux, la presse, qu'elle soit libre ou qu'elle soit entiijBivée, est également anarchique par essence. L'anéantissement de l'ignorance peut seul rendre la presse complètement libre ; c'est-à-dire : soumise a la raison

DOMINANT l'humanité.

— GGGXXTX —

UBERTË DE LA PRESSE (suite).

« La presée^^ machine qu'on ne peut plus « briser, continuera à détruire l'ancien monde « jusqu'à ce qu'elle en ait formé un nouTeau.j» Chateaubriand.

a Alors : vive la liberté de la presse !

« lilais^ l'esclavage de la presse est tout c( aussi utile à la destruction de Tancien monde^ <f et à la formation d'un nouveau^ que sa « propre liberté. «

« Alors : vive la liberté de la presse! et « vive l'esclavage de la presse ! »

Colins^ Commentaire,

tt Après rimprimerie, Vesprit de Dieu s'est « promené sur la terre^ mille fois plus rapt- « dément que son verbe n'avait pu le faire. »

M. Enfantin. Corresp, polit, 4849.

' « J'aimerais autant dire Tesphit du duble: <c quant aux résulats produits jusqu'à présent. « Car, jusqu'à présent, l'imprimerie n'a pro- « duit que la généralisation de l'anarchie. Et « l'anarchie, ditCASTi, c'est I'enfeb. » Colins, Commentaire,

a C'est vrai. Mais, de l'enfer doit nattre le « Paradis. »

Colins, Cotntn. du Commentaire,

Les discussions sur la liberté de la presse, comme sur la tolérance religieuse, peuvent se comparer aux discussions sur la tolérance ou sur la liberté du soleil. Pour notre époque, la liberté de la presse est de nécessité sociale, comme la tolérance religieuse; et toutes les entraves que Ton voudra mettre à leur activité, ne feront qu'augmenter cette activité. Si, maintenant, l'on ne pouvait avoir un pain de deux kilog., sans un billet de confession ; et lire un journal sans être con-

damné aux galères, l'action des nécessités sociales, liberté de la prefce et tolérance religieuse, serait à son maximum d'activité. Ce n'est point à restreindre l'une ou l'autre de ces nécessités sociales qu'il faudrait donner son attention; mais bien à détruire l'ignorance qui seule les rend périlleuses.

« — Les journaux, dit Pooald, sont l'^rRie offensive de a la démocratie et l'arme défensive de la royauté, et avec ses a journaux la démocratie serait plus forte que la royauté, « si celle-ci n'avait, pour réprimer leurs excès, la ressource .« de la censure; car les lois répressives n'y peuvent * rien. » {De Vopp. et de la liberté de la presse.)

— Ainsi, les lois répressives n'y peuvent rien. C'est l'avis de tous les publicistes qui se sont occupés de cette question. Reste la censure. Parfait. Eh bien ! la puissance des imprimeries clandestines à l'intérieur ; et de l'entrée des imprimés de l'extérieur; augmente comme le joug de la censure. On répandait dernièrement le bruit que tous les journaux de Paris et des départements^ sans distinction, allaient être supprimés ; et ce canard, plus gros que les tours de Notre-Dame, a trouvé une foule énorme de Parisiens pour l'avaler sans le mâcher. C'est comme si un mécanicien, après avoir chauffé aux dernières limites du possible, s'avisait de boucher absokiment toute soupape de sûreté. Que les journaux dits de l'opposition soient tranquilles! lisseront les derniers supprimés; et, s'il n'y en avait plus, il faudrait en inventer.

Remarquez, s'il vous plaît, la folie des conservateurs de toutes les éj).oques, de toujours voulpir placer la question de presse sur le terrain politique. Est-ce que les eneydopédistes ont jamais placé la question révolutionnaire sur ce champ de bataille? Jamais. Ils avaient pour devise ; écrasez Vinfôme; c'est-à-dire : anéantissez le lien religieux. Eh bien ! la liberté des journaux est aujourd'hui aussi complète que possible à cet égard. J'en ai pour garantie l'aveu de M. de Girardin ; et pour preuve sa discussion ayec.M. de Lourdoueix : (Jans laquelle M. de Girardin nie la sanction religieuse; et M. :de

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Lourdoueix, la place sur une basé inacceptable en présence de l'examen : ce qui, par parenthèse, est donner complètement raison- à M. de Girardin. Croyez-vous maintenant que les encyclopédistes aieut besoin d'aller se faire imprimer à Leyde? Les ouvrages de M. Aug. Comte sont ce qu'il y a de plus révolutionnaire au monde ; et ils sont soutenus par une souscription publique. Essayez de faire une souscription dans un but d'ordre ou de simple humanité! et, vous m'en donnerez des nouvelles. D'où vient cette erreur? D'avoir toujours devant les yeux, la berlue politique. C'est, comme si, voulant tuer une alouette planant dans les airs, vous vouliez la viser en regardant dans un puits.

c — Dans l'immense carrière du mal^ dit Bonald, l'action « de la presse est sans limites de tei&ps ni de lieu; elle parle « partout, à toute heure et dans tous les temps; elle parle à « toutes les passions et toutes les passions lui répondent ; « elle parle sans être contredite, car ceux qui lisent les mau- « vais livres ne lisent pas les bons; et elle fait du mal sous < toutes les formes, dans des livres sous tous les formats, t

(Idem.)

— Eh bien ! le remède à cela? La censure, dites-vous, trezvous censurer à Londres, à Jersey, à Monaco s'il le faut ? Vous réprimerez l'introduction, dites-vous. N'avez-vous pas dit : que les lois répressives sont inutiles?

Je pourrais vous citer des passages de Bonald, en faveur de la liberté de la presse, qui sont bien plus forts. Mais, à quoi bon? La liberté de la presse, c'est-à-dire l'incompressibilité de Texamen, se défend bien par elle-même : ce qui n'empêche pas, qu'en jprésence de l'ignorance sociale, elle ne soit éminemment anarchique.

« — Les journaux, dit Bonald, lus comme ils sont com- « posés, sans réflexion, avec précipitation, lus et composés « comme une tâche journalière qui doit paraître tous les jours « à heure fixe, sous le même format toujours rempli, tuent « toutes les habitudes graves et sérieuses de l'esprit qui ne

— cocxxxn —

< peut s'arrêter à rien, et s*use à recevoir des impressions « si fugitives, continuellement effacées par cette succession « rapide de raisonnements contradictoires, de faits incer- « tains, de conjectures hasardées , avancés un jour, démen- « tis un autre, qui peuvent amuser un moment les gens oi- « sifs, mais n'offrent aucune distraction possible aux hommes « sensés.» {Idem.)

— Et où sont-ils, s'il vous plaît, les hommes sensés? Pour en avoir, de quoi nourrir un journal, il faudrait commencer par en faire. Ceux qui placent la queslion de presse sur le terrain politique, sont-ils sensés? Ceux qui ne voient de discussion possible : que, sur la réalité de l'antropomorphisme ou sur la réalité du matérialisme, sont-ils sensés? Et en connaissez-vous d'autres? Il est vrai : que, les journaux de toute couleur commencent à être généralement méprisés. On y lit : Je cours de la bourse, les nouvelles du jour, et les femmes lisentie feuilleton. Qu'est-ce quecela prouve?Le méprisde toute doctrine, et il faut avouer que les doctrines ont bien mérité

ce mépris ; le progrés de l'individualisme puis... au bout

du fossé la culbute. Le moment est arrivé ou un journal, pour être lu, devra sortir de cette routine, où il devra ne plus s'occuper de politique : si ce n'est pour prouver qu'elle est secondaire à l'existence de l'ordre ; et devra prouver : que les croyances de l'antropomorphisme et du matérialisme, constituent le paupérisme moral ; et que ce paupérisme doit être anéanti : pour que l'ordre devienne possible, au sein de l'humanité. Il devra exposer : ce qui est nécessaire pour que le paupérisme moral puisse être anéanti. Il devra prouver également : que, le paupérisme matériel est devenu une source d'anarchie. Que dis-je, une source, c'est un fleuve, c'est une mer, c'est un déluge qu'il faut dire. Et, que ce déluge ne peut être englouti dans les enfers : que par l'anéantissement du paupérisme moral et l'entrée du sol à la propriété collective. J'ai voulu fonder ce journal. On s'est moqué de moi. J'ai voulu écrire dans ce sens au journal la Presse et au jour-

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nal le Siècle; on s'esl égalemeut moqué de moi. C'est juste. Us ne sentent pas encore la nécessité sociale. Quand ils la sentiront, peut-être sera-t-il trop tard.

Savez-vous içaintenant, sur quoi Bonald se base pour établir la censure, qui selon lui-même ne sert à rien, puisque les lois répressives sont inutiles ? Écoutez !

« — Les sociétés chrétiennes, dit-il, n*ont plus rien à ap- « prendre. En science morale, tout a été dit. »

— Eh bien! si la vérité existe, qu'avez-vous à craindre? Est-ce pour empêcher de prouver que deux et deux font cinq, que vous avez besoin de la censure? Du moment que la vérité existe, la presse cesse d'être dangereuse. Je pourrais aussi citer des passages de Bonald, disant le contraire de ce qu'il vient de dire. Mais, à quoi bon?

Chateaubriand reprochait à Bonald de s'être enrôlé sous le drapeau de la censure. Sur cela, Bonald s'écrie :

« — Le noble pair à qui je réponds, plus prévoyant que « moi^ ou moins confiant dans la sagesse des journalistes, € écrivait dans la Monarchie selon la Charte : »

« « — La liberté de la presse ne peut exister sans avoir « derrière elle une loi terrible, immanis lex, qui prévienne « la prévarication par la ruine, la calomnie par l'infamie, les « écrits séditieux par la prison, l'exil, et quelquefois LA

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