‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 3)Chapitre 7 sur 97 · LU · texte numérisé non relu

LU

«' — Il m'a toujours paru que dans la haute métaphysique, ç il y a des règles de fausses positions, comme il y en avait « jadis en arithmétique. C'est ainsi que j'envisage toutes les « opinions qui s'éloignent de la révélation expresse et qu'on c emploie pour expliquer, d'une manière plus ou moins plau* a sible, tel ou tel point de cette même révélation. Prenons, <c si vous voulez, pour exemple, l'opinion delà préexistence ^'des^âmes (1), dont on s'est servi pour expliquer le péché c originel. Vous voyez d*un coup-d'œil tout ce qu'on peut dire « contre la création successive des âmes, et le parti qu'on « peut tirer de la préexistence pour une foule d'applications c intéressantes : je vous déclare néanmoins expressément que « je ne prétends point adopter ce système comme une vé- « rite (2) ; mais je dis^ et voici ma règle de fausse position : « Si j'ai pu, moi chétif mortel, trouver une solution nulle- « MENT ABSURDE qui rend assez bien raison d'un problème « embarrassant, comment puis-je douter que si ce système « n'est pas vrai, il y a une autre solution que j'ignore et que « Dieu a jugé à propos de refuser à notre curiosité? »

(DeMàistre.)

Ainsi, et selon DeMàistre, dès que l'antropomorphisme tombe, l'éternité des âmes reste seule ; et le péché originel, ou l'expiation dans une vie des fautes commises dans une vie antérieure, devient claire comme de l'eau de roche.

Remarquez, je vous prie, que Je ne suis pas inventeur: je m'en défends.

De Maistre voulant corroborer ce qu'il vient de dire, ajoute un peu plus loin , et cela dans l'ouvrage qui selon lui contient seul toutes ses pensées, un passage également remarquable.

« — Attendez, dit-il, que l'affinité naturelle de la religion « et de la science... v

— Remarquez qu'il ne s'agit plus ici de révélation surra-

(4) L'éternité des âmes^ dès que la création est répudiée. (2) Voilà De Maistre qui se met à Tabri du San-Benito.

— Lin —

(tonnelle, toujours exclusivement basée sur une fei, mais qu'il s'agit de science, dont la première condition est la répudiation de toute foi.

« — ... Que l'affinité naturelle de la religion et de la

< science, les réunisse dans la tête d'un seul homme de géc nie; Tapparition de cet homme ne saurait êlre éloignée, et

< peut-être même existe-t-il déjà. Celui-là sera fameux et € mettra fin au xyiu^ siècle qui dure toujours ; car, les € siècles intellectuels ne se règlent pas sur le calendrier c comme les siècles proprement dits. Alors des opinions qui f nous paraissent aujourd'hui bis^arres ou insensées seront « des axiomes dont il ne sera plus permis de douter; et l'on c parlera de notre stupidité actuelle, comme nous garions « de la superstition du moyen-âge. »

(Id., Soirées de Saint-Pétersbourg. J

Allez lire ce passage aux équilibristes de la corde européenne, ils vous diront : que, De Maistre est un radoteur.

Je vous ai déjà dit : que, M. Auguste Comte est considéré comme l'homme le plus instruit de l'Europe: témoin son illustre patronage. Voici quelques citations de lui, à propos de l'âme.

« — Je dois annoncer par anticipation que, dans mes « dix-huit éléments de l'ahe, dix appartiennent au cœur, c cinq à l'esprit, et trois au caractère. »

(Syst. dépolit, positiv. T. T., p. 685.)

« En un mot, l'harmonie fondamentale de l'ame, tant € humaine qu'animale, se trouve toujours caractérisée exac- « lement dans le vers systématique qui borde ici mon ta- « bleau final :

« Agir par affection, et penser pour agir. » {Id., p. 688. )

« La vie affective constitue donc doublement l'unité de « l'âme humaine ou animale, soit comme principe du con«e«- .< sus, sait comme source de la continuité. > {Id., p. 630.)

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