CONCLUSIONS
L'antropomorphlsme, pour toute humanité possible, est, primitivement, de nécessité sociale. C'est exclusivement sur Tanlropomorphisme que peut alors se baser : la transformation de la force en droit, première nécessité sociale, dès que la force brutale devient inpuissante pour maintenir Tordre au. sein de la société.
L'anthropomorphisme ne peut résister à Texamen.
La société, toute société^ au sein de toute humanité possible, doit donc commencer par proscrire Texamen du droit.
Mais il y a deux espèces d'examen : l'un individuel , intérieur, silencieux; l'autre se manifestant à l'extérieur, soit verbalement, soit scripturalement.
La première espèce d'examen, l'examen individuel peut être plus ou moins empêché : par une éducation Imposée, faisant accepter que l'examen du droit, par conséquent de l'antropomorphisme, est un crime; et par l'exploitation des masses sous le joug des minorités, ne laissant aux masses aucun temps pour les examiner ; et par l'abrutissement de ces mêmes masses, au moyen de l'éducation et de Texploitatlon.
La seconde espèce d'examen, l'examen manifesté à Textérieur, est alors facilement empêché par une inquisition.
Une inquisition nécessite des inquisiteurs. Les inquisiteurs se considèrent comme au-dessus de l'inquisition. Us examinent. Us se communiquent même les résultats de leur
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examen, ne ftat-ce que pour connaître : ce qui peut saper le droit; ce qui peut détruire l'inquisition; ce qui peut soustraire, au joug, les masses qu'ils exploitent.
— Que résulte-t-il de cet examen primitivement fait par tout sacerdoce, et alors toujours concentré dans les temples ?
— La doctrine que vous avez vue, formulée par TEcclésiaste, formulée par un membre de Tlnstitut de France, formulée ces derniers" jours, par le journal le plus répandu de l'Europe, et définitivement formulée par la science tout entière : le matérialisme.
Tant que Texamen peut être socialement comprimé par une inquisition ; tant que Texamen. reste concentré chez les exploiteurs; le despotisme contient facilement les tendances anarchiques du matérialisme.
Cependant, et même avaiit la naissance de la presse, il y a des circonstances sociales qui rendent le despotisme impuissant pour contenir les tendances anarchiques du matérialisme. C'est lorsque la propriété cesse d'être suffisamment concentrée par laprimogéniture; lorsque la féodalité nobiliaire, la féodalité de l'épée, fait place à la féodalité bourgeoise, à la féodalité des écus. Alors, plusieurs de ceux qui ont reçu l'instruction matérialiste, tombent souvent dans les masses exploitées, après avoir perdu leurs propriétés, et y deviennent les principaux agents révolutionnaires.
C'est ce qui est arrivé en Grèce, à Tyr, à Si(ÎQa, à Carthage, à Rome, etc., etc.
MaiS) lorsque la presse n'est point encore née; et surtout, lorsqu'elle n'est point encore rendue indestructible par son établissement au sein d'une multitude de nations, toujours ennemies ; le besoin d'ordre fait bientôt rétablir une foi nouvelle, une inquisition nouvelle, un nouveau despotisme profitant des fautes de ses devanciers: pour anéantir le bourgeoisisme ; et, ressusciter la féodalité nobiliaire.
Je viens de dire que la presse peut seulement empêcher la compression de l'examen, lorsqu'elle est rendue indestructible au sein d'une multitude de nations toujours ennemies,
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et protégeant la presse chez elles lorsqu'elle est persécutée ailleurs.
En effet : la presse est née en Chme des siècles et des siècles avant de naître en Europe. Qu*a fait le sacerdoce matétérialiste des Chinois pour se préserver de l'anarchie des masses en danger de se soustraire au despotisme antropomorphique?
Il a isolé la Chine.
II a doublé la force de son inquisition. Il a rendu son alphabet tellement compliqué, qu'il faut la vie d'un lettré pour parvenir à lire, pour parvenir à examiner.
Il a poussé l'exploitation des masses anthropomorpbites à un tel point : que, les enfants des pauvres servent souvent de pâture aux pourceaux.
Si la Chine était restée isolée; si elle n'avait point admis de chrétiens, les plus dangereux des révolutionnaires quand ils ne sont poini; dominateurs; la Chine, sous son despotisme, ne se trouverait point en proie à l'anarchie.
Mais, une fois que la presse a projeté ses racines au sein de toutes les nations, et pour ainsi dire jusqu'au centre du globe ; une fois que les nations sont en contact par la guerre et par le commerce, par la poudre à canon et par la boussole; prétendre comprimer socialement l'examen, c'est prétendre à éteindre le soleil.
Et, le résultat de l'examen c'est le matérialisme. Et, le résultat du matérialisme : c'est l'anarchie ; c'est la mort sociale.
Pour que la société puisse ne point périr, c'est donc le matérialisme qui doit être anéanti.
Et, il doit être anéanti : pour que la réaction anthropomorphite et prétendue scientifique, dont nous avons parlé au chapitre précédent, puisse elle-même se trouver anéantie.
Voyonsf maintenant^ sur quoi se base le matérialisme, pour oser se proclamer scientifique?
— Nous l'avons déjà dit ; nous le répéterons bient6t« Mais,
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auparavant, et pour savoir à qui lé répéter, un moi. êw ceux qui composent la société officielle, la société capable d'éooutef.
La société ofMelle, la Société de ceux c|fii s» trouvent en dehors des masses, se compose :
1* De littérateurs;
2** De savants ;
3*^ De ceux qui n'ayant souci ni des Uttôrateurs^ ni des savants, n'ont d'occupation sérieuse que d'amasser des écus et de se mettre à l'abri du procureur impérial : ce qui n'empêche point beaucoup de ceux«d d'avoir des connaissances plus ou moins étendues sur ce que savent : et les littérateurs; et les savants. C'est dire : que, tous Sont plus ou moins matérialistes.
Les premiers, sont les philosophes; les seconds, les doc* tectrs; les derniers, les bourgeois.
La noblesse et le clergé n'existent plus. Soeiàlement, ils appartiennent à l'une des catégories précédentes s la noUesse est bourgeoise; et la partie des anlhropomorphites qui prétend encore au gouvernement de la société^ s'appuie ellemême sur l'examen, et doit compter : soit parmi ceux qui se disent philosopher; soit parmi ceux qui se disent savants.
Les philosophes, les métaphysiciens, les littérateurs sont, généralement, ignorants comme des carpes, sur tout ce qui est sciences dites naturelles. Parler physiologie* œs mes«steufs, ^m leur parler kamchadalOi Hs s'imaginent : que, la physiologie n'est bonne que pour les Purgons ou les Diafoirus. Est-ce qu'un philosophe, un littérateur, un métaptay*^ sid«ft^ s'occupe de ces balivernes? Pour prouver qulls sont au-dessus de pareilles niaiseries, ils disent avoir lu : les Grecs, lèd Latins, les Français, les Anglais, voire niéme les Indous ; mais dix^neuf sur vingt sont des érudits à la violette, dont le savoir se borne à pouvoir citer quelques passages Aè chaque auteur. Pour eux il n'y a ni vftki ni faux, il n'y a que du style. Écrire comme Chateaubriand, Lanmn** nais eu Lamartine , est le nn plus ultra à& toM# gloire.
Forée» Didu ^ comm^ Ciiâtéaubiiand , à créer un vidux fflODdd avec de vieux chênes et de vieux pigeons; ou, comme Lcrmartine^ o&ez faire penser le cristal; pourvu que Ce soit en bdie prose et que cela résonne comme Paganini ou Vieuxtemps, vous aveî! la science infuse et Serez capable d^étre présidents, rois, empereurs ou dictateurs. Ces gens^là se moquent de Tantropomorphisme , comme du paûthéisme; mais, ils écrivent dans les journaui de toutes les couleurs; et, y feront des tartines aualogues à chaque douleur. Vous concevez t qu'il y a de nombreuse* exceptlofls; mais ceux qui font partie de ces exceptions ne sont point logiques. S'ils Tétaient, ils feraient des tartines.
Quant à ce qu'ils sont, le voici : en publie, ils sont déistes. Au foyer domestique : Ils ne sont rien ; ils sont eux.
Les docteurs. Je parle de ceux ès-sciences ou en médecine, les autres appartenant â la littérature ; les docteurs, dis«-je, sont aussi ignorants sur ce qui a été dit en philosophie^ que les philosophes le sont sur ce qui a été dit sur les sciences naturelles. Les philosophes et les docteurs se méprisent souverainement les uns les autres ; et ils ne se doutèût point que les uns et les antres méritent plus de pitié que de mépris. Parlez-leur de création, de trînité, d'incarnation, ils se moqueront de vous. Hais ils soutiendront unffHibm et roitto : qu'une machine peut être libre; et, qu'une proposition ne peut être vraie i qu'à condition que la propositioti contraire le soft également. Intmrog^les sur rortgine du verbe, sur les développements dtf verbe ; demandez-leur s'il y a des Idées matérielles et des Idées infellectuelles; s^ll y a mémoire matérielle et mémoire intellectuelle; si le développement du verbe est nécessaire à l'exist^nee des idées intellectudiés et de la mémoire ihteUectuelle; Si cette dernière méttolre. est tirécessaire à la liaison des idées, à l'existence dans le tenqis ; si, chez un homme, élevé dans l'isolement, le développement du verhe et Tèxistence dans le temps sont possiblest Ils s'^npresseront, s'ils wcA le^^martf», de Viûii* ouvrir tm cabaaM^ Ely st laA eeo-