M0I9SIEUR
« J'emporte à la campagne où je le lirai avec un vif intérêt, l'ou- « vrage de la science sociale que vous m'avez fait l'honneur de mV « dresser. Puisque vous voulez bien attacher à mon jugement beaucoup « plus de prix qu'il n'en mérite, je vous le donnerai en toute franchise.
« Recevez l'assurance de ma considération distinguée.
« Odilûn Barot. »
a Palais de 6aiat-Gload, le 41 novembre 4853. a McrnsncuB,
« Parti pour les Pyrénées le 2 août, je ne suis revenu du Midi que « dans les premiers jours de novembre, et tout aussitôt je suis venu « m'établir ici, sur l'invitation du maître de la maison, qui a pensé que « quelques jours passés à la campagne pourraient contribuer à raf- « fermir ma santé si profondément ébranlée. Votre livre étant arrivé
< pendant mon absence^ il m'a donc été impossible de vous ta accuser
« réception. Il m*a même encore été inpoMibld de le lire depuis mam « TBtour. Ce n'est pas là un de ces ouvrages qu'on lit en courant^ comme ê un joarnal. Il y faut toutes les facultés d'une tète parfaitement tepo- « sée. Aussitôt que la mienne sera revenue à ce bienheureux étal. Je a m'empresserai d'entreprendre la lecture de votre ouvrage et vous en
• dirai fhiiicliem€iit mon opiniofi, caamB vous voulec bien Ifie la de-
• iModer«
<c Recevet en attendant. Monsieur, mes trèeniineères remerciements a et en même temps l'assmrance de ma considération la plus distin- « guée. a N. YisiLURO. »
« La Roche-en-Brevy (C6te-d'0r), ce 24 septembre 4853. tf VonâtËCft, « On vient de me rapporter de Paris la lettre qtié Vottâ m'avez fait c l*iionneur de m'adresser au mois de juillet dernier, et leé deux voc lûmes que vous avei eu l'extrême bonté de m'envoyer avec cette
• lettre. Absorbé en ce moment par des travaux historiques trop long- € temps retardés, et qui m'interdisent toute autre étude, je ne^tattfais, « quant à présent, consacrer à la lecture de ces deux volumes le temps a et l'attention qu'elle mérite. Mais en attendant que je puisse vous « lire et vous transmettre, s'il y a lieu, mes observations, Vcuîllei re- « oevoir mes remerciements les plus empressés, et me permettre d*y c joindre Tassiu^ance de ma parftiite considération.
« Le Comte de MoNTALtmEST. ti
« Monsieur,
« Vous devez vous étonner de'n'avoir paa reçu plus tôt de moi ttle ré- « ponse et des remerciements. L'explication .de ce retard est dans un c voyage que je viens de faire et qui a doré deux mois. Je suis de re* « tour depuis hier, et je trouve votre livre^ vos deux volumes en ren- « trant. Je ne veux pas attendre, pour vous remercier, que je les ide lus. c Leur titre seul témoigne de leur importance, et je suis bien ooovrfqiii « qu'après les avoir lus, je n'aurai pas d'observation à vous Mny Èuàs « de nouveaux remerciements à vous adresser.
« Veuillez recevoir, Monsiear> l'expressioii de ma haute coniUUnH « tion. « LttOTi
« Pari^ la Salpètrièrt, ee 40 oitobra 4853. a
a HofisiEURj « Je m*empresse de vous remercier trës-cordialement dés deux vo^ « liimes que vous avez daigné m*etivoyer. Je vais les lire avec le pro- « fond intérêt que méritent vos œuvres si saintement inspirées par l'a- <f mour de l'humanité. Déjà en 1832 j'ai eu la bonne fortune de vous n applaudir du fond du cœur. Les belles Ames qui, comme la vôtre, ft consacrent leur magnifique rayonnement à faire éclater les grandes a vérités de la vie, sont toujours sûres d'émouvoir celles qui sont leurs « sœurs. Je me filis une fête d'eûtrer dans vos voies lumineuses, et de
• me nourrir de votre lUÛD spirituel^ etc. .........
« . Je ne serai pas toujours d'Acc;QRO avec
« vous> car pour moi le christianisme est le grand flambeau de la
«t raison sociale du monde^ etc
« Merd de votre souvenir dont je m'honore. La fraternité des nobles « cœurs par le fluide des idées, est une des voluptés de Tintelligence. « Merci et salut très-fraternel. L. Bblmontet,
€ 30 AoU 4853. Député de Tarn-et-Garonne. »
Je crus devoir répondre à cette lettre. Voici ma réponse.
«I Aux Cannes près Brives, 3 septembre 4S53. a MoNSiEUir,
« Je reçois votre lettre du 30 août m*accusant réception des deux « volumes que j'ai eu Thonneur de vous adresser. J'ai reçu des accusés « de réception très-flatteurs de MM. Guizot, Thiers, Odilon Barot^ La- « martine, etc. Aucun, Monsieur, ne m'a causé plus de plaisir que le c vôtre. C'est qu'il y a dans votre lettre un atnour de l'humanité bien « rare maintenant ; et, que je rencontre toujours avec bonheur.
« Quand vous aurez lu mon travail, vous verrez. Monsieur, que nous « sommes d'accord sur ce que vous soupçonnez ne pas nous être com- < mun. Je ne fais maintenant que vous donner cette indication. Après « m'avofr lu, vous comprendrez qu'il est complètement inutile que je « m'étende à cet égard.
a Mais, ce sur quoi je ne puis trop m'étendre, c'est sur la nécessité « d'unir les honnêtes gens de tous les partis, dans une idée commune : « celle de baser le droit et sa sanction I'autorité, sur une démons- « tration scientifique. En effet, l'autorité, socialement, n'a de base pos- « sible : que la foi ou la science. La foi, socialement, n'a' dé base poste sible qu'une inquisition; et, je ne crois pas, Monsieur, que je doive « perdre mon temps à vouloir vous convaincre : qu'en présence de « hncompressibilité de l'examen, toute inquisition po\i|;la foi est de- A venue incapable de servir de base à un ordre plus qu'éphém^. « Quant à la science, elle ne peut s'imposer que par une démonstra- « tion rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun : « comme s'impose la démonstration du carré de Thypothénuse ou la « démonstration que les trois, angles d'un triangle sont égaux à deux « droits. Or, la prétendue science actuelle, matérialiste par essence, a est la négation de toute autorité. Donc, V autorité ne pouvant plus se « baser sur la foi, et ne pouvant encore se baser sur la science^ nous « marchons nécessairement à une succession d'anarchies : jusqu'à ce « que Tautorité puisse se baser sur la science. Et œia, sans qu'il soit « possible à aucun gouvernement, quel qu'il soit, et quelque bonne voie lonté que puissent avoir ceux qui le composent, d'y porter un émet pèchement qui Ae soit celui d'une digue ; devant causer d'autant
« plus de ravages, qu'elle aura retenu plus longtemps les flots d*0D € torrent invincible par la force.
« J'affirme/ Monsieur^ que là nécessité de Tidée commune $ur la « réalité de Taulorité est le besoin le plus urgent de Tépoque. C'est à « rendre cette idée commune : que j'ai travaillé toute ma vie; et que « jfe travaillerai jusqu'à la mort.
« Mais, pour arriver à ce but, que d'obstacles ! Le premier de tous « est la difficulté de se faire entendre malgré les clameurs des pas- « siôâSf et, socialement, les passions sont les partis. Quand on appai^ a lient à un parti, oft a l'espoir, si votre parti est le plus fort, de se « faire écouter. Mais quand, comme moi, on n'appartient à au(aio a parti, il y a, pour 'ainsi dire, impossibilité'à se faire entendre. Lorsr a qu'en 1 831, envoyé à Vienne par le comte de Survilliers, Napoléon II a. mç ût l'bon^eur à^ig^e faire dire par le baron de Werklein, grand $, maître de la «maison de sa mère (ce que l'Empereur lui-même me a confirma eiisuite), que je pouvais me considérer comme son premier 9 aide-de-camp, je fis répondre à l'Empereur : que je n'étais pas venu « braver les prisons du Spielberg^ par une ambition quelconque; que « j'acceptais néaq,n[K>ins avec reconnaissance; mais, que si l'Empereur « arrivait au trône, il est probable qu*il ne me garderait pas six mois a auprès de lui : parce que je préférerais toujours à la faveur, le de- « voir de )ui dire la vérité. Et cela, je le répétai immédiatement à « l'arcbiduc Jean, qui avait l'extrême bonté d'être aussi intermédiaire c entre sou neveu et moi, représentant le comte de Survilliers.
« Vous voyez. Monsieur, qu'il est à peu près impossible que je me r fasse entendre : tous les partis conspireront pour étouffer ma voix; « comme tous les partis s'entendirent pour Fétoufferen 1832 et 1833 : « jusqu'au comte de Survilliers lui-même, que je dus abandonner « parce que ma franchise lui déplaisait (1).
(4) Voici deux lettres qui entêté imprimées dans un journal en 4849.
• Londres, le 30 novembre 1834.
a MONSIEUB, "
ff J'ai lu tout ce que vous avez chargé M. ... et M. ... de me remettre. 9 Vos écrits décèlent, certainement, beaucoup d'instruction et de talent. Vous « ayei une constante habitude de réfléchir sur ce qui influe si essentielle- « ment sûr le bonheur des nations. Toutefois , nos opinions ne sont pas les « mêmes : tous partez de la réflexion et de la théorie; je pars de Texpé- (f rience du passé et de mes passions particulières. Oui, Monsieur, je suis « aujourd'hui partisan du vote imiversel. — De ce qu'une chose a été jadis,^ « il ne s'ensuit pas qu'elle doive être encore sans doute. La nation d*aiyour- « d'hui est la maîtresse de son sort, tel qu'elle le conçoit.
« En mon particulier, je ne voudrais pas être appelé à remplir les fonctions a politiques telles que vous les déterminez.
« Je rends justice à vos bonnes intentions et à vos talents.
« Je voudrais bien que l'État de persécution et de confiscation dans lequel a nous vivons, me permit de vous revoir un jour dans cette belle France que « Napoléon avait ouverte à tous les proscrits, de toutes les factions, et que « Ton ferme si injustement à sa famille depuis trente années.
« Tant que cet état durera, nous ne pouvons rien pour nos amis. C'est un
« Aussi^ si féerU^ c*est par devoir, et sans aucune espèce <respé* « rance de réussir. Je serai utile dans Tavenir; mais, ûy a miUs à « parier contre un, que je serai seulement utile : lorsque plusieurs « anarchies^ plus elAroyables les unes que les autres, eniremMées de « despotismes plus cruels les uns que les autres, auront ouvert ks yeui ce et les oreilles aux sommités sociales, les seules avec lesquelles il soit « possible d'avoir affaire en fait d^ordre social.
« Votre lettre. Monsieur, m'a fait croire que, peut-être, tous pour- « HjBi faciliter la chance, dont je viens de parler, d'un sur mUh. Q^est « mon devoir de la saisir et }*y obéis.
« le Gonmience par vous dire i que je n^accepterais rien du gouver- • nement^ absolument rieu s non par haine pour ce gouvernement^ les
« vif regret pour mlj mah je mil haliitoé déionnais à ne plier à tentes les
« nécessités.
a Adieu, Monsieur, ne doutez pas de mon estime et de mon attachement.
a Pensez-vous que TOtre ami le général • . . • . accueiUera an souyenir de
€ ipoi, après nous en avoir accordé ttn à la Chambre des Pairs de Loois-Phi-
ff lippe? )f4 m'oubUei; pas nop plu» auprès de rioTariable M • lU
a sont l'un et raqtreipoar le m^ii^ur de la France, dans ^n& trop e^tr^mç a fninorité.
« Tout à vous,
a Votre affsetionné . c A Monsieur le baron <c Josspi,
« de Colins. 9 a GQmte de SurriUi^rS) »
a MoKSi^a LB G0KTB4
€ J'ai reçu la lettre que f eus m*avez fait lliOBnçar de n^^écrire. EUe m'4 « causé un mal que vous apprécierez.
et La liberté politique est le choix de ma raison. Votre famiUe celui de « mon cœur. Mon bonheur eût consisté à trouver ces deuxchoii justifiés par « ma conscience. Être obligé maintenant de considérer votre famiUe : comme a ennemie de la liberté poUtique, en général; et, de ceUe de la PraïK^^i en <c particulier ; détruit pour moi des illusions bien chères.
« Ma première intention était de ne point répondre à votre lettre. La pasa sion me dirigeait à mon insu, et c'est un mauvais guide. Aussi c'est avec « beaucoup de peine que j'ai vu que pour me répondre, vous partiez é^e yos « mauiont partieulières ; et^ quç ypus en partiez, le sachant. Moi, j*ai ré- «[ fléchi et j'ai trouvé : que, votre probité et ma délice^tesse exigeaient que 0 V0U9 connussiez toute ma pensée. £n tqik Texprimant ^^ rempli^ ub triste % Revoir.
% Dans ce renouvellement d'année, je n'ai qu'un seul vœu h vous ^es- K ser, monsieur le comte : c'est, que votre conviction change, ou que la « mienne varie. Personne mieux que vous ne Sjdt : qu'une identité de cqnvio- « tiou est indispensable, pour qu^ des rapports politiques honorable^ puissent (( continuer; et, vous m'estimez assez pour être certain : qqOi toqjqm^ je sar ce crifierai lUmpulsion de mon coBur k celle de ma conscience.
a Un seul mot de plus. Vous m'exprimez le regret de ne pouvoir rien faire u pour vos amis. C'est une proposition générale. Permettez-moi, monsieur « le comte, d^énoncer une proposition générale aussi : Je n'ai rion d^pmndé; « et n'ai autorisé personne à rien demander en mon non^.
(( Agréez, etc. a Co^vs.
« 30 décembre 1833. »
« paBSions seules ont de la haine; mais^ parce que je Téux rester in- « dépendant : non-seuleiïient à mes propres yeux; mais aussi aux « yeux des autres. Voilà qui doit vous mettre à Taise.
« Ce que. je vous demande^ c'est que vous fassiez rendre compte de « mes travaux dans les journaux du gouvernement; Jans le Moniteur « serait le mieux. Ce ne sont point des éloges que je désire, mais un K exposé sincère et des critiques consciencieuses. Quant à mes doc- « trines, l'autorilé la plus ombrageuse ne peut y trouver à mordre. « Car, tous mes écrits tendent essentiellement à rétablissement de « Tordre réel par la destruction des révolutions. Je dois cependant « avouer que je joue de malheur : la Restauration m'a exilé; la quasi- (( Restauration m'amisàTindex pendant dix-huit ans; et la République ce m'a condamné à la transportation.
« S'il ne vous est pas impossible, ce dont je doute, de me procurer a de la publicité, voici ce qui arrivera : mon troisième volume sera
a immédiatement publié, et le libraire attend seulement que les
« journaux aient parlé de mes deux volumes, pour se faire éditeur de « trois autres volumes, sous le titré de :
a l'économie politique^ source des révolutions et des utopies prét$nd^e$ a socialistes:
a Avec cette épigraphe de TEmpereur que je vous prie de lire atten* tt tivement. Votre respect pour la mémoire de TEmpereur m'est garant a que je ne vous en prierai pas en vain.
« « -Un jour, le conseiller d^tat, général Gassendi, se trouvant c prendre part à la discussion du moment, s'y appuya de la doctrine a des économistes; TEmpereur qui Taimait beaucoup à titre d'ancien a camarade de l'artillerie, Tarrétant, lui dit ; « « Mais, mon cher, qui a TOUS a tendu si savant? Où avez-vous pris de tels principes? n i> « Gassendi qui parlait rarement, après s'être défendu de son mieux^ tt 6|3 trouvant dans ses derniers retranchements, répondit^ qu'après (( tout, c'était de lui. Napoléon, qu'il avait pris cette opinion. « « Corn* <i menti s'écria TEmpereur avec chaleur, que dites-vous là? Est-ce <( possible? Comment! de moi qui ai toujours pensé : que, s'il existait « une monarchie do granit, il suffirait des idéalités des économistes K pour la réduire en poudre, v »
(Napoléon, cité par Las Casbs, 17 juin 1816.) (1)
(» Ce que disait TEmpereur est vrai. Monsieur, et c'est une vérité : « non-seulement pour une monarchie, mais pour tout gouvernement a possible. La société est empoisonnée d'une faussé* science; et, tant « que cette fausse science ne sera point anéantie, les gouvernements a seront toujours les jouets des révolutions. Seulement, Içs intermit- « tences seront de plus courtes en plus courtes.
(1) J'ai déjà ii)apri9)éjÇ9Ju|Qmfin( de TS"^pen9vr{ et^jel^ rôpèiei parce qiill ett capital.
« Voilà, Monsieur, une bien longue lettre; trop longue* pcot-êtpe « pour une entrée en scène. Mais, il «et de mon devoir de ne rien né- « gliger pour être utile, même avec peu d'espérance de réussir. D'un « autre côté, je me rappelle d'avoir toujours trouvé en vous un hon-
« nête homme; et, la probité inspire la confiance
« J'ai reçu avec le plus grand plaisir votre salut fraternel; puisse « mon salut également fraternel vous faire le même plaisir.
« Ck>uNS. »
Le 12 septembre 18S3, je reçus de M. Belmôntet la lettre suivante :
<c Mon cher Maître,
« Avant départir, j'ai lu, de votre livre, trop rapidement peut-être « leschapili^s du>ont spécialement développées vos théories générales « sur les sociétés numaines.
« Vous m'avez fait entrer dans un monde nouveau, dans une im- « mense terre promise, que l'humanité peut-être n'habitera que dans « quelques siècles. Vous êtes en avant de notre civilisation comme la a nuée lumineuse de Moïse. J'admire votre héroïque et sublime cou-^ « lage. Il part d'une grande âme. Vous êtes un vrai prophète, un a messager de la volonté divine, car j'ai senti, en vous lisant, qu'une « transformation fatale, immense, inévitable, providentielle allait s'ac- « complir dans les temps, que le travail était déjà commencé, et que le a laborieux enfantement, qui doit détruire le p^bpérisme, ce cancer de « la vitalité sociale, était déjà dans Tordre déâ* choses vivantes. Oui^ « vous avez véritablement raison : le droit n'est p^s connu, il faut a qu'il le soit d'une manière absolue, et lorsqu'il le sera universelle- « ment, chacun reprendra ce que Dieu a donné à tous, la lèpre hua maine disparaîtra du corps social, le bien-être sera général, les pro- « ducteurs consommeront, les consommateurs produiront, la terre
« nourrira tous ses fonctionnaires et tous le seront les injustices
a n'auront plulfleur raison d'être, l'homme régnepa collectivement, le « bonheur né isera plus un monopole d'usurpation, les cripes cesse- « ront d'avoir un intérêt individuel, ce sera l'âge d'or réel, car il n'y « aura plus de prolétaires : tous vivront de la même vie.
« Voilà le lointain résultat quc!*j'ai reconnu, dans l'appréciation de « vos principes élémentaires. Tai compris que la transformation gra- « duelle que vous proposez nécessairement, devait s'opérer définitivea ment, et que parlâtes secousses violentes, les révolutions qui tuent, « les guerres qui assassinent l'ordre éternel, disparaîtront du globe a divinisé.
« Je n'ai pas assez profondément réfléchi, pour juger en dernier « ressort, des moyens de réalisation que vous mettez en œuvre, et « pour avoir la certitude mentale de leur possibilité d'exécution im- « médiate et successive. J^ais enfin, je sens que quelque chose de so- « lennellement humaniti^ doit sorër de l'application de vos ibéories.
« Vous êtes peut-être dam le vrai absolu ! ce sont les grandes âmes « comme la vôtre^ d'où jaillît en lumières abondantes Tamour de « rhumanité^ qui font enlrer> dans les \oies de salut, les sociétés qui « succombent aux maux de la déchéance. La rédemption est de droit; « et le droit c'est la rédemption.
a Merci du vrai bonheur que j'ai trouvé à vous suivre dans vos a hardies indications. Une loyauté profonde respire dans toutes vos « démonstrations. La vérité est votre verbe. CetW seule vertu doit « vous donner des lecteurs sincèrement honnêtes. Je ne m'étonne pas « que rauguste prélat qui gouverna FÉglise de Paris, vous ait témoi- « gné ses sympathies évangéliques. » "
« Je pars enfin avec votre science. Puîssé-je en rapporter la mienne ! « Votre dévoué appr^teur, « L. Belmontet,
a 40 septembre 4853. » a Député de Tarn-et-Garonne.
Je prie M. Belmontet de recevoir ici Texpression de ma reconnaissance, pour m*avoir adressé cette approbation, sachant qu'elle devait ,ètr^ insérée dans mon troisième volume. M « Belmontet vante mon courage. Je trouve qu'il lui en a fallg davantage, pour écrire cette lettre, qu'il ne m'en a fallu pour écrire mes deux volumes.
« Je reçois avec un vif intérêt, Monsieur, les volumes que vous vou- « lez bien m'adresser. Je les emporte à la campagne pour les lire dans « la plénitude de silence et d'attention que comportent le sujet, « Tœuvre et l'écrivain.
« Recevez avec mes remerciements. Monsieur, l'assurance de ma « haute considération. « LAMARimE.
a Paris, 27 août 4 853. »
<x Tai trouvé à mon retour d'un petit voyage, les deux exemplaires a de votre ouvrage. J'en ai remis un à Goudchaux, comme vous m'en « aviez chargé. ^
« Je ne puis, aujourd'hui, que vous remercier de la narque d'estime a que vous voulez bien me donner. Je vais lire votre livre, avec tout « le soin dont je suis capable, et je prendrai la liberté de vous en dire <x mon^Àipinion.
« Agréez, Monsieur, l'assurance de ma parfaite considération.
« Jules Bastide. »
« Tai l'honneur de faire remettre à M. Colins les deux exemplaires «%
« de l'ouvrage qu'il a bien voulu m'adresser, l'un pour moi, l'autfe . -ÏSliJi^ « pour la bibliothèque de l'Institut. . - «
« Je suis au lit depuis neuf mois entiers, et n*ai pas paru depuis près « d'un an à l'Académie, ifiiT suite d'une maladie organique et d'une « lutte suprême contre la mort. Dans ccfiriste état, M. Colins trouvera ^
« naturel que Je retombe dand les néeedsités de la défense personnelle^ « et que je laisse à de plus vaillants les soins de la défense sociale.
« Farifl^ 25juUlet4859. »
d Parif, 43aoùt48S3.
a Monsieur^ 0 Jo vous remercie de renvoi que vous m'aves fait des deux to« d lûmes de votre ouvrage sur la Sotefwe sociale : mais, comme il me a serait tout à fait impossible de répondre à votre désir, et de vqus a envoyer, ainsi que vous le demandez, mes crttiQfti6«, je tiendrai votre « ouvrage à votre disposition, si voulez en faire un emploi plus con- « forme au ))utque vous v^yj^ pix)posiez en me Tadressant. a Recevez, Monsieur, raésôrance de ma considéralion distinguée.
« ENrAHTIIf. »
J'ai répondu à M. Enfantin : que mon envoi n'était nullement conditionnel; et, que je le priais d'accepter mes déni volumes. J'espère que M. Enfantin voudra bien accepter également les deux volumes que je vais publier, et que j'aurai l'honneur de lui envoyer.
« MoNSiEtm,
« Tai reçu, par la personne que vouç en avez chargée, Texemylalre a de votre ouvrage que vous avez eu la bonté de m'envoyer, yne paa reille œuyre ne se lit, ni ne se juge en vingt-quatre beufi^s, mais je « me suis empressé d'aller au chapitre que vous m'indiquiez et je pe « puis qu'applaudir aux opipions 6omme aux sentiments que vouspro- « fessez et que vous défendez contre M. de Girardin et consorts.
« Je ne me permettrai qu'une seule observation. C'est que les ouc( vrages que Ton compose pour défendre des principes ou des institu- « tiens qui n'auraientjamaisdûêtre attaqués, font beaucoup d'honneur a à ceux qui en sont auteurs et fort peu de bien aux classes auxquelles a on les consacre. Elles ne savent pas même qu'ils existent et quand a elles le sauraient, ellQS ne sont en état ni de les lire ni de les com- <k prendre, Il e» résulte que l'on ne prêche que des converti^, que les « autres s'en moquent et que le reste ignore ce qu'on a fait en sa faveur, a 0t n'en profit^ pas. Le^ opinions, ipe direz-^vous, se répandent, s'in« a filtrçnt, on ne sait comment, dans toutes les classes, et peu à peu elles a s'en trouvent modifiées^ améliorées ou pires, selon la tiatuT« de ees (( mêmes opinions. Je ne le nie pas; mais vous savez, aussi b^en que (( moi, que la pente qui entraîne du bien au mal est rapide, facile à « descendre, et la montée qui ramène du mal au bien, pénible et longue a à gravir, si toutefois l'on a des exemples qu'un peuple y soit jamais a parvenu. Les générations présentes souffrent donc longtemps, et ce (( ne sont guère même que ceux qui leur succèdent, qui jouissent d'un a sort meilleur. Mais datis ce court passage de l'honune sur la terre^ et c'est toujours che2 lut un Ifioble sentiment «Tappelër m bien.
a c^ést une consolante espérance que de Tattendre^ et s'il arrive^ un d grand honneur, une grande satisfaction d'y avoir contribué. Je «c souliaite bien sincèrement. Monsieur, que votre ouvrage procqre a tous ces avantages à son auteur, et à ceux qui le liront, le bonheur « d'être convertis.
« Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de tous mes remerciements « et de Doa considération la plus distinguée.
« Be;N01ST0N de GHATEAUIfETJF. »
L'approbation d0 M.Benoiston de Ghàteauneuf m'a fait d'autant plus de plaifiifi qu'il mi membre de TAcadémie des sciences morales et politiques*