‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 3)Chapitre 80 sur 97 · INSTITUT DE FRANCE · texte numérisé non relu

INSTITUT DE FRANCE

« ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ETPOLITIQXTES. LE SECHÉTAIRI FSRFlhlIEI. « DE l'académie, a MONSIEUR COLINS, A PARIS.

« Monsieur^

. « L'Académie a reçu l'ouvrage que vous avez bien voulu lui adres- «t ser, intitulé : Qu'est-ce que la Science sociale? Paris, 4853, 2 yor a lûmes in-8*, ouvrage qui lui a été offert en votre nom> par notre « honorable confrère M. le baron Gh. Dupin,

« Tai l'honneur de vous offrir les remerciements de l'Académie.

« Cet ouvrage a été déposé dans la bibliothèque de l'institut.

« Agréez, Monsieur, Tassurance de ma considération très-distinguée.

« MiGNET. n

Après la réception de oet accusé dS réception, je me suia empressé d'écrire la lettre suivante s

« A monsieur le secrétaire perpétuel de VAcqdémie de$ Sciences tnfh a rates et politiques»

« Monsieur,

fi J'ai été heureux de recevoir votre accusé de réception de mes deux « volumes intitulés : Qu'est-ce que la Science sociale? Je n'avais osé K vous les adresser directement, j'ai préféré qu'ils fussent préalable- K ment soumis h l'examen d'un de vos membres, pouvant juger s'ils K méritaient de vous être présentés. Je vais remercier M. le baroQ </t Ch. Dupiu de l'hooneup qu'il a bien voulu me faire.

a Quelque opposé que je sois, pour l'époque actuelle, aux Académies « en général et à l'Académie des sciences morales et politiques en payti- {( culier, il n'en est pas moins vrai : que, les Académies renferment a les sommités intellectuelles pour chaque spécialité; et, qu'un homme g consciencieux doit désh^r être lu par ces sonunités. Je sais, en u outre : combien il est impossible que chaque académicien puisse d acheter toutes les sottises qui se débitent sur l'ordre social ; et, ce- « pendant, il est nécessaire de les lire pour les juger. C'est pour lever a ces obstacles, autant qu'il dépend de moi, que j'ai l'honneur de vous

— iO —

k « adresser trente exemplaires de mon second volume^ renfermant, de-

<( puis la.page 270 jusqu'à la page 372^ les trois théories générales et

. <( les questions qui s'y trouvent annexées^ J'ose ^l^er chaque membre

(( de TAcadémie^ auquel je n'ai point déjà envoyé directement mon

« travail, de vouloir bien accepter un de ces volumes.

<t Vous êtes, Messieurs, les nobles de la science ; et, vous le savez : (( noblesse oblige. Des théories sur l'organisation sociale peuvent être a erronnées; et Terreur se propage avec plus de facilité que la vérité. « Cependant, mes intentions sont pures. J'ose donc prier, non point a l'Académie, cela est en dehors de ses usages, mais chacun de ses u membres, de vouloir bien m'adresser ses observations, critiques sura tout, afin de les msérer dans mon troisième volume, dont l'impres- « sion ne sera point terminée avant vingt jours. De cette manf^, j'ose « Tespérer, j'aurai mis d'accord: et ma conscience; et mon devoir « d'écrivain.

« Je suis, etc. « Colins.

a Saint-Mandé, 20 mars 4854. »

A propos d'Académie, me sera-t-il permis de faire observer ici, combien il est ^plorable : que, dans un même institut, il y ait deux Académies des Sciences : l'une des sciences morales; l'autre des sciences physiques? La science est une, ou n'est pas ; comme le pouvoir est on, ou n'est pas. Du reste : séparer les sciences morales des sciences physiques, est la même folie ; que, de séparer le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. Qu'arrive-t-il de cette séparation des Académies, en présence de l'ignorance sociale sur la réalité du droit et de l'incompressibilité de l'examen, seule époque où des Académies de sciences morales soient possibles? que le public s'aperçoit immédiatement: que les scien. ces, dites morales, ne sont rien ; et que les sciences physiques^ seules sont quelque chose; tandis que les Académies de sciences morales, pour ne point périr, s'efforcent de faire croire qu'elles sont quelque chose; et même, tâchent de se le persuader à elles-mêmes, au lieu de chercher à être quelque chose, en^'efforçant d'anéantir leur ignorance : ce qui, d'ailleurs, leur est impossible, tant qu'elles sont séparées des Acadé-

1^ mies des sciences physiques.

^ Sur quoi se trouvent basées, actuellement, les sciences dites moraleâ?

4 sur le vide; sur un antropomorphisme d^ commande, auquel aucun

académicien ne peut plus croire qu'aux dépens de sa raison. C'est cette base que M. Guizot s'est cru obligé de répudier en pleine chaire, lorsqu'il a prononcé la fameuse proposition : que la morale est indépendante DES IDÉES religieuses.

D'un autre côté, les Académies des sciences physiques ont complètement usurpé le domaine des sciences, dites nçiorales, en démontrant, d'une manière pseudo-scientifique, la réalité du matérialisme : ce qui leur mériterait la dénomination d'Académie des sciences immoràûs. Et celles-ci aussi ne peuvent sortir de leur ignorance, tant qu'elles sont séparées des Académies des sciences dites morales.

En effets les sciences physiques ne peuvent sortir de leur ignorance : que^ par des observations faites au sein des sciences morales; et lés sciences morales no peuvent sortir de leur ignidrance : queypar des observations faites au sein des sciences physiques.

Sur quoi se trouve basée Timmoralité des sciences physiques ? Sur la série continue des êtres^ dont la coilclusion est le post mortem NmiL.

Maintenant^ comment est-il possible^ exclusivement possible^ de briser la série continue des êtres d'une manière absolue?

En prouvant, que partout où il y a :

1<» Sensibilité réelle;

2^ Organisme ayant un centre nerveux;

3* Oj^anisme nécessitant le non isolement des individus, par la séparation des sexes.

11 y a NÉCESSAIREMENT : '-'y-"^'

Capacité de verbe et développement du verbe, d*où résultent des nouveaux besoins et de nouveaux développements de verbe ; et ainsi de suite en progressant dans les développements de l'intelligence, 4e ^ despotisqn^ et Tanarchie : jusqu'à ce que Tignorance, et le progrès, et le despotisme, et Tanarchie soient rentrés dans les enfers, d'où ils étaient h sortis comme agents de justice étemelle.

Cette preuve, je puis la donner.

Ei^t-ce qu'un docteur ès-sciences physiques sait :^si Torigine et le développement du verbe ont rien de commun avec la série continue? ^

Est-ce qufun docteur ès-lettres sait : si la série continue des êtres est établie d'une manière scientifique, ou au moins pseudo-scientifiqUëy et, qu'il faut considérer comme réellement scientifique: tant quecetlb^ prétendue science n'est point démontrée illusoire ?

Séparez donc les sciences morales des sciences physiques !

n est encore un autre point à l'égard duquel la séparation des sciences morales et des sciences physiques, contribue au maintien de l'ignorance sociale.

L'Académie des sciences morales s'est emparée du monopole théorique de la pratique sociale, Yéconomie politique. Si les deux Académies des sciences étaient réunies, l'habitude des discussions sévères, inhérente aux sciences mathématiques, aurait bientôt pulvérisé et traîné ^ dans la boue du ridicule, cet échafaudage de prétendue science écono- .^^ • mique, composé de logomachies et d'absurdités. !^

Déjà, en 1847, j'ai voulu démontrer à l'Académie Aes sciences morales : (q|ie, l'économie politique était la source des révolutions et de toutes les utopies prétendues socialistes (1). Le bureau fut consulté à , cet égard; il était composé de trois membres, et M. Mignet, à ce que me dit M. Blanqui, qui avait présenté la lettre, fut le seul qui voulut bien voter en faveur de la lecture. Si cette lecture avait eu lieu> qui

(4) Voyez ma leUre du 8 avril 4843, t. u, p. 434.

sait les conséquences qu^elle aurait pu avoir, et son influenee sur les événements.

1848^ etc.^ ont prouvé la vérité de ce que j'annonçais dans cette lettre écrite en 1843.

Ce que j'offrais en 4847, je Toffire encore en 1854. ï aura-t-il aujourd'hui deux voix sur trois au lieu d'une? Je suis homme d'assa bonne compagnie. Le roi d'un royaume, jadis le premier du monde, et des princes ont bien voulu m'écouter sans crainte d'être mordus. D'ailleurs je préviens MM. les Académiciens que je n'ai plus de dents. Et s'ils ont la bonté de m'entendre, je pourrai même, afin d'avoir la voix .plus claire et plus nette, mettre des dents neuves : un eiceilent docteur, panthéiste comme un docteur, et même ami de M. Proudhon, veut bien, par confraternité médicale, m'en procurer, payables sur les brouillards de la Seine. Vous voyez qu'il y a de bonnes gens partout. Je voudrais pouvoir en dire autant de la logique.

Je demande la permission de placer ici deux articles extraits du feuilleton scientifique du journal la Presse : l'un relatif aux Académies; l'autre relatif à la série continue des êtres.

Voici Je premier :

(( Le but social auquel tend la science devient évident pour quiconque a a des yeux. Et n'estrce pas en vue du but que Tefiforl doit être di- « rigé? Il faudrait donc tracer la route, marquer les étapes, donner « l'impulsion. A ne voir que sa position au sommet des corps scienti- « fiques en France, ce grand rôle est celui qui incombe à l'Académie a des sciences. Mais l'Académie, corps privilégié, composé de privl- « légiés, n'entend pas ainsi sa fonction.

« Ce siècle se donnerait à elle si elle le voulait! Elle est en prin m cipe, elle pourrait être en fait la première assemblée du monde, tt Tous les regards, toutes les espérances se tourneraient vers elle. Le « retentissement de sa parole serait tel qu'on n'entendrait pas d'autre « bruit. Des hauteurs où l'Académie se placerait, elle laisserait tomber a sur le monde éclairé, fortifié, consolé, d?aussi grandes paroles qu'il « en retentit jamais dans les conciles et dans les assemblées polia tiques. La société lui devrait de se connaître et d'avoir conscience « de son travail.

a Mais l'Académie n'a pas môme compris que les circonstances {fféa sentes lui sont particulièrement favorables; elle n^a pas su que de « la suppression du régime parlementaire devait dater Tavénement du a régime scientifique, et qu'elle pourrait remplir du récit de ses tra- « vaux, de ses programmes, de ses appels, Tespace que les débats lé- « gislatifs n'occupent plus dans les journaux quotidiens.

<c Mais, enfin, qu'on ait ou non conscience pleine de ce qu'on fait, a on le fait ! Et, qu^on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, c'est de M la constitution d'une société nouvelle que la science 8'occupe> et elle (X ne s'occupe pas d'autie chose.

€ Le Biilletia scientifique du journal politique doit se loûm paiiicuc lièrement à Fétude de cette tendance. 11 doit Toir tout de suite les « choses scientifiques comme il faudra finalement que tout le monde « les Toie : en politique, par leur résultats derniers, la transformation « de la société. Des nooreautés d(mt il s'oocupe, il doit dire en quoi € elles concourent au but, de combien elles nous en rapprochent ; « quelles places elles occuperont dans Fensemble; quelles modificac tions elles apportent à la vue que nous aTous de Tairenir. 11 doit « être socialiste. J'entends par cette eipression synthétique la sdenœ € de cette société à base scientifique, qui en ce moment, sous forme « embryonnaire, se remue au sein de la société présente, laquelle « mourra en lui donnant le jour.

« V. Meu!U£r. {Presse du 25 octobre 1853.) d

— Si M. Victor Meunier s^imagîne qu'une Académie peut dominer la Société par le matérialisme^ il est dans une grande erreur. Voici le second article :

-^ « M. Leclerc soumet des plantes à Faction du chloroforme ou de « Téther, et des phénomènes qui se passent alors, il conclut que les a plantes ont un système nerveux. Elles sententy elles souffrent, par a «mséquent ! (Test bien la plus déplaisante découverte qu'on puisse « &ire. Foules, après cela, le gazon des pelouses^ et détachez une flcur^ a de sa tige! Cueillir une rose ou casser une patte à un chien, l'un* a vaut Fautre! Vous Fignoriez? Cest votre excuse. Mais que cela ne a Vous arrive plus.

c Une sensitive mise sous cloche (l'expérience a lieu au soleil) est a exposée peudant dix à quinze minutes à Faction de Féther. Voyez au « bout de ce temps ce qu*elle est devenue; la voilà insensible, immo- « bile, faisant parfaitement la morte; elle est endormie. Ses folioles a sont largement étendues, Fimmobilité est complète. Touchez^ frap- « pez^ arrosez avec des acides, brûlez, amputes^ vains efibrts I Les

< mutilations les plus cruelles n'arracheront pas un soupir, je veux « dire un mouvement au si^et. Cependant, attendez un peu,

<ic Sur votre main repose immobile une feuile amputée. Cinq mi-

< nutes se sont écoulées depuis que vous Favez séparée de la tige « éthérisée. Maintenant, imprimez à cette feuille un choc léger, aussitôt « elle remue ses folioles, et dans quelques instants, celles-ci se seront a refermées les unes sur les autres; le sommeil anesthésique a cessé.

« Ëst-Kîetout? Non. Que cette feuille soit soumise à Faction d'un a courant vollaïque, et la motilité reviendra plus rapidement, comme a chez Fanimal.

« Mais que k sensitive respire trop longtemps le merveilleux agent, « elle meurt, et la raideur inaccoutumée de ses pétioles vous ofi^ le « pendant exact de la rigidité cadavérique chez les animaux.

a M. Leclerc a voulu savoir ce que devient Féther inspiré; il passe a en grande partie dans le solj par Fextrémité des apongioles.

(( Les tfets anesthésiqaes ne sont pas ressentis par ks sensitiyes « seulement.

a Si on dépouille de son épiderme une portion de tige du Chara « vuigaHs, on voit à Fintérieur de celle-ci le mouTemept circulatoire « des globules; mais qu'on trempe cette portion de tige dans Féther^ « le mouvement circulatoire est aboli.

« L'auteur a fait sur les stomates de certaines plantes^ sur les poils « de certaines autres^ des expériences dont les résultats concordent « avec ceux des précédentes; et si on ne les interprète autrement que « le fait M. Leclerc, les hommes sensibles vout être bien empêchés « dans leurs promenades champêtres^

d V. Meunier. (Presse du 25 octobre 1853.} »

— Tant que la série continue des êtres n'est point brisée d'une manière absolue^ le matérialisme est*à l'état scientifique.

Parmi les innombrables inconvénients qu'il y a de séparer les Académies de sciences , je vais en citer encore un :

L^Académie qui se prétend des sciences proprement dites^ s'imagine : que^ ses découvertes vont améliorer la société ; et surtout^ soulager le prolétariat. Dès qu'il est question : de société zoologique; d'acclimatation; de pisciculture; de système hygiénique et agricole dit de circulation continue; de^etc. etc.; et principalement d'application de la va- • peur au labour; ces messieurs sont en extase, et prêts à s'écrier avec M. Thiers : que la création va être gâtée ; parce qu'il n'y aura plus de pauvres à soulager. Si les deux académies n'en faisaient qu'une, vous verriez , au milieu de ces pleurnicheries sur l'ineffable bonheur prochain des prolétaires, M. Michel Chevalier leur dire, dans un langage beaucoup plus mathématique que celui de ces romanciers de la science :

— a Que le pain baisse de cinq centimes le kilog. (et il n'y a pas de « loi de céréales qui puise produire ce résultat) avec la coRSTUunon « ACTUELLE DE l'ikdustrie et la détrcssc des chefs de travaux^ il ne

. c faudra pas six mois pour que les salaires aient subi une réduction à « très-peu près équivalente. »

— Et si Necker avait été de TAcadémie des sciences morales, il leur aurait dit :

— a S'il était possible qu'on vînt à découvrir une nourriture moins « agréable que le pain, mais qui pût entretenir le corps de l'homme pen- « dant quarante-huit heures, le peuple serait bientôt réduit à ne manger <( que de deux jours Tun, lors même qu'il préférerait son ancienne ha- « bitude : les propriétaires de subsistance, usant de leur pouvoir et dé- « sirant multiplier le nombre de leurs serviteurs, forceront toujours a les hommes qui n'onini propriété ni talent, à se contenter du simjde a nécessaire. Tel est l'esprit humain^ esprit que les lois sociales ont si « bien secondé. » . *

— Ei si M. Dupont White^ qui a tout le mérite nécessaire pour en être, s'y trouvait, il leur dirait : ^,

« -^ Que le prix des denrées vienne à baisser, et le salaire baissera « du même coup : il n'y a pas de loi plus constante en économie po- « litique. » ,

— Puis il leur citerait ce passage de M. Yillermé où il dit qulà Mulhouse la vie^ probable de «.)a classe des manufacturiers, négociants, etc., « est de vingt-buit années, celle des boulangers et meuniers de douze 41 binées, celle des tisserands et ouvriers en filature une année et « quart, une année et demie atf plus^ »

Voilà ce que'ées messieurs^' devraient jamaiS oublier; ou plutôt, ce qu'ils ne savent pas, et ce qu'ils devraient apprendre.

Le fait est : que, sous l'organisation sociale actuelle :

« — Le paupérisme croit sur uiœ ligne parallèle a la richesse. »

Cette proposition devrait être écrite en lettres de fer sur le fauteuil de cbaque académicien ; puis, au-dessous et en lettres d'or :

« — Tant que la richesse de chacun ne cooIt point sur une ligne j^a- « ralléle a la richesse de tous, vous n'êtes qu'une académie d'i- « gnorants. »

si,Be!s inscriptions existaient, ces messieurs auraient bientôt appris: (jjue s! ^application de la vapeur au labour, pouvait avoir lieu avant que Torganisation sociale fût changée, vingt-quatre millions sur vingtcinq, de prolétaires agricoles existant en France^ mourraient de faim ; et que la suite immédiate de cette application serait une^ejGfroyable révolution. ^ ,3y

Maintenant, faut-il blâmer ces inviéntions? Nullement; et, vous les blâmeriez que cela ne servirait à rien. Mais, il faut savoir : que ces dé-' couvertes, si, utiles à l'humanité, lorsque l'organisation sociale est changée, ncApeuvent maintenant que conduire à l'anarchie. 11 e^ vrai que c'est encore là une utilité. Si, cependant ces messieurs pouvaient trouver un autre remède, cela vaudrait peut-être mieux !

Parlerai-je de l'organisation : qui place au sein des sciences morales ia politique et la législajygn^ éjonnées de ne point voir à leurs côtés la gymnastique et le pugilat ; qui sépare l'histoire, de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres; la littérature, des beaux-arts; qui établit une ttcadémie de patois français, comme les autres nations en établissent de patois anglais, allemand, turc, russe ou sanscrit ; au lieu d^établir une académie de langue rationnelle à créer, afin que l'humanité puisse cesser de bégayer des sornettes? Hélas non ! je n'en dnrai rien ; à quoi cela servirait-^ ? Je dirai seulement qu'une irlfi(tftution : qui a traité Fulton d'imbécile ; qui a repoussé Monteil, lequel s'était abaissé jusqu'à descendre jusqu'à elle; qui a placé Broussais au sein de l'Académie des sciences morales et politiques; et dans laquelle Laromiguière, i^amennfûs elB^aoger ont dédaigné d'entrer, e&t une institution qui m. 29'

|èHé 8à dèhlliî* lifërii* d^eiistettte, ^t va btétttôt rélottteir (feûâ té nëant de rignorance d'où la vanité Tavait fait gôPtîr.

ta, je le t^é^lte , je n'àttaqrte ^c^t\\ les acadétinicîcns , tous g^étofe dB liléffts dàtft fctaP spécialité ; Je ii'atla(ïtie que IMnstHutioû.

Quand il y aura un institut de science réelle, hors laquelle^ Ût^ôr^ fimH, tes beatx-arts m èont que des chimères j cet mstitiit tl'oMigo^ point le mérite d'allei^ ramper devaait «es nteitifores. L'instftiait <m onrps^ au txmtraire^ ira Be jeter aux pieds du néHIe, ^ hii dira t t ffotts^ommes KMiibiioréB iri nous fte iroustratfibiis ^oiht nos portes) « mais aussi, vous êtes déshonoré si yoius refnsek d'y mtfm. »

4^i|aud cet institut existera^ il sera une des premières institutions du &onde ; et, ses membres occuperont le second rang sur l'échdle sociale. Il n'y aura au-àessus d'eux que le chef du pouvoir exécutif .Alors, ils ne seront plus, comme des goujats, ekcités par des ietons de préséheê s «ft Sedônd l'âhg m Itdtîèlïè Sociale, it§ âèrôht âulsi âU second

% fUsaéSmcfi^ àà. oètiXt,' î*âiftl, 16 tt rit^férirotÔ 4K53.

It jRof^fStEtfil,

« A plus de trois mois de date, votre lettre du 24 juillelt tié J)âr- « ¥!êm, 4 ttoh feîtftxt de là caM{)apie> tm fèà pttSsé trois seflîàirtes. I npvm (c^fiMtce qui U|Hl retardait cep«4htlAfëmiÉëde eeMè

I l«fre H»tt* mes tfttfîWr» iSfm qm en %dit> Vêéffltei tigtéèi» féxprësi IJWh de ïfttté to€8 ïegWffS ft drt ^ftgSWfl.

k n in'éât 'pldè ^rêatble èd ]dfti(fre à ees Higfl^ lés reâlereieàiénis « trop tardifs, mais bien sincères, que j'ai à vous offrir pour TéttYrt tttl

II ^etA 'exétopiail*^ àé Votre oâvrage hïtiltilé> ^'eèiê^ qêèlé %mice « IsmA^ Là bBflôthèqÉie du Sé6at s'en eisft êtMëhie atec i^dcmûaiësaiiëë .

% 1k ittife àtè6 là ffltâ^ pGirïlKfle odtisidélWIKAj} Monëieui^ vdlt^ W^ Itutiilblé fl #&t6Ué dêJHfteW*,

« P.-A. VŒltILÀlto. *

i c!Ôïa>S LÊGfeUTiP.

« llâ^IidMque. Wisj S(( septen^re 48tô.

(( itooM^ïEUR,

K ie m^euipresse de yous accuser iéc6|KiloD des deux exemplairss 4e il voti^ ouvragé inidtuli^ Qu^e§t-^e ijue iasciêtwe sociale ? Je les Ai^kifiéfi^ « ^ffliidiatéfflent dans la bibliothèque diù Corps législatif, au uûm d^ « iftauelle je vous adresse de sinoèr|»8 remèrdementê.

M Agréesi^ Honsie^, ras^urancç dfi ma^pai^yté considératioir.] « Eu Miller^ bibUoÙiéeaire îiu Corps Ugulamf^ »

« îe^uftle oA iftmmtaH^Qit du1IV]%i^>imfoWet1»IThdli- « tl6^ dctn'âdlidWfn'^ pOi#fOQ«mt^6dffiUen|^stfls sensible II t^iÈhl^ « irol. U csnAis Inen de tie^pod^oir «OCÉ Mil fm^ WMeOp^ «eAlfè

« biHsftfièlal qM vmts ffifeémiftet^ de tout«l lé» MméO^ei qtil tte vicntt nent à Tesprit. Vous traitez^ MonsieuY^ les ^ItM hautes questions « qu'il y ait, et de fkçon à les élever encore; ce qui est une grande « épmiTe ^nt la critique; j'y ferai de ffioti mieok toutefbte^ «t rous « fnie «0 attendant de vouloir bien me croire,

« Monsieur^ Totre tlès^umMe et très-obéissant sarfilettr<

*i( M oMItsM^ a Après une absence 4e thïte mois, Je Ironve à tndn rètet» VtrtA « tmvtâgfe et Votre lettre i cela tous expliquera le long retard de ma * fèpohse. Je lirai avec intértt totre livre, Monsieur, et pétrt-être il t me foulDim Toci^sion de quelque^ àpp^iations danU V Union t je « ne doute paâ qne je n'aie à le louer, et à le t^comtnanéer aai faomft files qdi aiment lés ceavres sérieuse^ et nt^. « Agréer, ttonâettr, Pexpressioa de méft «etitiments très^lMibguéâ.

V Laurhitib.

4t f^arft, 9 noteiiÀtt 4953. •

a Paris, S septembre tS63.

éi lIoNSIEtR^

m Monsieur Poussin {!) m'a remis, il y a quinze jours environ, les m deux volumes que vous m'avez fait honneur de m'adresser. Je you3 « remerde de cœur de œ don.

« Je me suis empressé de lire vos deux volumes, une première foi^ « rapidement, pour avoir une idée de l'ensemble^ une seconde fois « lentement, avec plus de soin, pour en apprécier les détails. Une im- « pression profonde est née de ces deuz examens : c'est que votre « œuvre est celle d'une belle et noble intelligence^ d'un cœur généreux « et dévoué; c'est que vous avez en vous, au plus haut degré de dévête loppement, l'amour de l'hiiifiànité, le sentiment du progrès moral, « intellectuel et physique. Les homEnés Comme Vous sont, mâlbeurett- « sèment, bien rares de nos jôùrà. *

« Cette lettre. Monsieur, n'est ^u^utt àccuôé de récepiiofi de viJtfe « très-remaï^uable ti*avàil^ qu'un ^mpathlqué trîiîiewfëiiieift de vOlfe 4 envoi.

« Je prépare, ëfa fêliSâtîl utiè tfôisîôfte fblè Votf ê liVrtJ, te dhscrvà- « tions (lue vous me faites l'honneur de me demander. Je vous lesadres* t serai succesMVeineHt. 'Eh Attendant, veuillez Aie •faive le {rtaîéir d'acte cepter un de in« hUftibles travaux, un voluftie qijH, publié «A 4S4i, « pour la première fois, se rattache par qtièlqdes polittft nui fraodtts « queitiohs âodaieè qûé Vous traitez de m haut*

(4 ) Ancien ministre de Traàcé aux *£% xts-UliîlS d*Allién4)&«i

« Agréez^ Je tous prie^ Monsieur^ Tassurance de ma profonde e^ « lime et moa affectueux respect.

« Ferd. Dorand. »

— Je n'ai pas encore reçu les observations de M. Durand; et je le regrette. Pour justifier ces regrets^ je vais extraire quelques passages dq livre que M. Durand a bien voulu m'envoyer.

« — Si, dit M. Durand, on accordait des droits politiques plus cten- « dus aux peuples, remédierait-on, comme le croient les libéraux de « diverses nuances, aux misères qui les dévorent héréditairement? Non. « Le droit de déposer une boule dans Tume électorale ou législative, < de siéger sur le banc du jury, etc., ne détruirait pas Tignorance « et la pauvreté qui les dégradent, les abrutissent et les laissent sans « défense à retitraînement de leurs mauvaises passions; elles resteraient « près d'eux comme de perfides conseillers. Ge qu'il faut aux peuples « avant tout^ c'est un travail modéré, bien entendu, suffisamment ré- « tribué; c'est une éducation qui développe en eux et dirige les qua- « lités du cœur et de l'esprit. C'est vers ce but que doivent marcher « les gouvernements. Quand il sera atteint, alors il sera juste et bon « de donner à chacun le droit de se mêler en quelque chose, selon sa « capacité, au gouvernement de la société; alors seulement les peuples « sentiront la valeur de ce droit électoral que les partis politiques doit mandent pour eux. Mais qu'aujourd^hui on entende dire, à des gens « instruits, à des citoyens renommés parmi les orateurs, les publicistes, « les politiques, à d'illustres savants même : — « « Le peuple souffre, « il est dans la misère, le pain est cher, le travail languit, demandons

« pour lui des droits politiques! n » — Les pauvres affamés que

« feront-ils de ces droits? Ils les vendraient moins cher qu'Esaû ne « vendit son droit d'aînesse, ils les change^*aient contre un morceau « de pain, t»

(Des tendances polttiques de la société européenne, 2« éd., février 4845.)

Le livre de M. Durand m'a fourni la citation suivante de M. Thiers; et je saisis Toccasion d'y applaudir.

« — Il ne suffit pas, dit M. Thjers, de Tordre matériel, il faut aussi « de l'ordre moral, c'est-à-dire l^union des esprits, leur tendance vers « un mime but,.. Réunir les esprits vers un but commun, telle estau- « jourd'hui la mission imposée au gouvernement... L'heure est venue « de la comprendre : nous assistons a un renouvellement. »

(4 Mars 1840.)

— Vous voyez : que M. Thiers n'est jwint aussi borne, que me l'écrivait un jour M. Blanqui. Et, comme j'ai donné, en prouvant qu'il était seul possible, le moyen de réunir les esprits vers un but commun, que M. Thiers Ta étudié et n'y a rien opposé; je conclus de nouveau : que M. Thiers est complètement de mon avis.

Encore quelques citations de M. Durand. Si elles vous ennuient^

passez-les; et, supposez que c'est par amour-propre que je les donne. J'avoue que Tapprobaiion d*uD homme capable d'écrire ces différents passages me fait beaucoup de plaisir.

« — L'ordre ancien^ moralement et matériellement^ est détruit. U « faut établir un ordre moral et matériel nouveau. i^ (P. 117.) .

a La France^ notre belle patrie^ que notre orgueil national, juste sans k doute, place au premier rang, n'occupé, sous le rapport de Tins^ « traction publique, que le vingt-huitième sur les quarante-sept Ëtate HL principaux de la terre; elle ne vient qu'après les États-Unis, les cank tons suisses» la Prasse, FAutriche, les États de la Confédération ger- « manique, la Hollande, la Norwége, l'Ecosse, la Belgique, l'Islande, « l'Angleterre, etc. La France ne compte qu'un élève sur quinze habi- « tants; l'État du Maine, États-Unis, en compte un sur trois; le canton « de Zurich, un sur cinq. En France, près de dix mille comiQunes « n'ont pas encore d'écoles; près de trois millions d'enfants du peuple « sont privés de toute instruction, et on peut estimer aujourd'hui à « quatorze millions, le nombre des adultes ne sachant ni lire ni écrire. *

« Bourgeois! qui avez, à l'aide du peuple, renversé la féodalité; qui « avez détruit les privilèges de la noblesse et du clergé, vous vous « êtes élevés, mais vous avez laissé la multitude où elle était. Elle vous tt a servi de marche-pied pour monter à la première place, et vous « ne lui avez pas donné la main pour la rapprocher de vous. Vous « jouissez aujourd'hui des privilèges de l'ancienne noblesse, vous avez « les hautes fonctions du gouvernement, la législature, le jury, les « sièges de la justice, les premiers grades de l'armée et delà marine, « les chaires publiques, vous avez tout enfin, car vous seuls possédez la « richesse qui donne les droits politiques et permet d'acheter l'instruc- « TioN qui conduit aux emplois. Le peuple est encore deshérité de tous tt les avantages sociaux. » (P. 196.)

« Vous ne prenez nul soin des besoins du peuple, et, sous ce rapa port, vous êtes en arrière des seigneurs du moyen âge dont vous a avez pris la place. Les nobles, autrefois, nourri ssaient sur leurs « terres les serfs qui leur appartenaient, ils leur donnaient une chau- « mière, un petit champ qu'ils cultivaient pour eux dans leurs jours « de repos. Dans leurs maladies, ils les faisaient soigner; ils mariaient « les jeunes filles et les garçons. Que faites-vous pour vos fermiers, « pour vos salariés et pour leurs enfants? Si le fermier, ruiné par une « mauvaise année> ne peut vous payer son loyer, vous faites vendre à « vil prix, par la justice, ses meubles et ses bestiaux, et vous le chas« c( sez lui et sa famille. Si vos salariés sont malades, vous leur retran- « chez sans pitié le prix de leurs journées d'absence. Si vos magasins ne « se vident pas assez vite, si la production est supérieure aux demandes a de la consommation, vous fermez vos atelieâ^s, vos manufactures, « vous renvoyez sans pitié vos ouvriers* »

faaBtti aéeiak.

— « Et les enfants de vos ferinfers, continiie M. DonHid, les enftiBti « de vos aUinéH> qu*w Dnile^^ouQ ? A peine aatiHls sortis de vos (c «allée (Fasile, onyertes avec une pbilaniFûpiâ «I pleine d^mph^ai, e| « «i p4)i?ro eiiepvQ te» boas résultats^ à lûem quMIs r^çu d^ns vos « épek» priaiwes quelque^ \ecpm mp^fàï^j que vous vous iiâte^ (« flQ l^ft faire entrer, allés et gardons, pèle-mête^ d^n^ vostièdes filar <i iufes^ da«s V09 f^brique^ plus pu moins m^|s^n§g. I4. pendani( » diûux^î à qq^tPi^ heures par jour, poqp quelques sous^ ils perdent « leyp s^ntéj oublient le peu de leçopç fie mori^lç qu'on legr a don- « Rée^j pt pffrent |l pps yeu^ cistte popuUtip^i décile qu'uQÇ précoce dé- € pravation copdqit ^ yice et souvent ap ci>iiQp,

Il Non, bourgeois vous n'avez pas encore pomprls yos deyoirs so- II ci^ux, U y i|. d'honorables pxceptioq^ paripivoua; m^tis^ ep général, « you« ne s^yez p^s ce qu^entraioe le droit de comfppdar; ypus n'avez 4 su accepter, jusqu'4 présent, que les bénéfice^ dq pf^mier rang, li a faut TQus décider enfin à en accepter les charges. Si rétat des choses « fictuel deyait durer, le peuple en viendrait à regretter le moyen « âge contre lequel il lutte depuis si longtemps.

« En effet, si l'on restait dans l'ordre de choses actuel, qu'aurait <t g^né la classe la plus nombreuse, dans ce combat où elle a versé g ^t de sang, ep changeant de nom, en changeant de maîtres? Elle fi portait le bât de la servitude, elle porte le bât non moins lourd du a prolétariat. gll§ obéissait à des gentilshommes^ à des militaires; <k plie pbéjt I des bpurseojs propriétaires, capitalistes, manufacturiers f( pq bputiqniers, N'auraît-ellc pas perdu au chan^, si nous devions f( rester Joqgteipps encore dans l époque de transition oii nous sommes? a plie troiivait cuvent, chez lesancieps seigheurs, utie générosité, une a bieqyeiil^ncc, une élévation d'âme, qu^elle he rencontre pas toujours a chez ses maîtres nouveaux; elle obtenait dans les châteaux, ce qu'on « lui refuse quelquefDÎs dans les comptoivs modernes, n (P. 1 98.)

-T ybomnfie capable d'imprimer ces choses en i84i et de les l^impjiiper en {^^^ n'est pa^ pn homme ordinaire. CPest un vieux frère 4\^fnies, et jé pi^en applaudis.

% rrr? Pçpuis }p ppjpfpepcetpt'nl c)es teipp^, dit encore le vieux soldat, K 4epui8 qpe l'e^pèpe buip^ine habite la terre, il y a phez elle triplé K sopffi^pe, spiiffr^ncp dp l'^me, de l'esprit et du corps. La terre cstft e)|ç dope, popr l'homme, qn séjour d'expiation? Notre vie ten-estre K p'pat-elle qu'un douloureux passage, entre une vie antérieure perdue » PUT Ip péché, et upg yip fi}ture pu npùs serpps traités selon nos a (ppvFa^ içi-bw î >> (P, 357.)

er Maintenant^ et si yqus le youleZ| ma^dissez^m^i pour vous avoir ennuyés; vous m'aprpi; dppné une triste opjpioq de ifpps=mème9.

K le lirai avec toute raUtfiliûn dw MimkWk pWMr Wtm W^ a r<Hui que vous, ¥ou« teftilé dit tofiM^Q^ lo^^te» fiU'ilwm V'tonnmr « ç^ vous cpmmupifjuer Im réfiesiom 4»^ m» suggé^m ciitte tectari

^ Veuille? agréer, av?^ x^ f^meimm^ï^i» «nnèra» pooy veiri gtte^'

a tion bienveillante, l'expression de mon cordial dévouement,

Immédiatemeut après avoir envoyé mes deux volumes à M. Proudhoii, ainsi que la lettre citée comme les accojqppagnant, j'écrivis de qouy^u à M. Proudhon, la lettre suivante : " « Monsieur,

« J'ai eu rbonneur de vous adresser, il y a peu de Jours, les deux « volumes que je viens de publier, avee prière de me transmettre vos « observations, après les avoir lus. Aujourd'hui je vous éeris pour vous « demander plus encore.

a M. de Girardin désire que ce soit vous qui fassiez l'examen de ees « deux volumes. 11 m'a autorisé à vous en faire part, en me disant : « que, cet examen serait inséré dans son journal, si vous consentiei à « le faire. Moi, Monsieur, je vous en prie instamment; et Tutilité qui « en résultera m'est un sûr garant que vous accéderez k ma prière.

« Voici la lettre que j'ai adressée aux directeurs des différents jour- « naux, pour être transmise à ceux qui voudraient bien rendre cqmpte « de mon travail. Elle vous appartient maintenant.

(Voir cette kUre au commencement de h discussion contradMoêre.)

« Vous avez. Monsieur, la conseience et le talent nécessaires pour « l'examen que je sollicite. Et si, à cet égard, j'avais le choix en Eu* « rope, il n'est personne que je voulusse vous préf^r.

a Je suis avec une parfaite considération. Monsieur, eta.

« CoLins.

« Paris, S3 juillet 4 gb8. m

. u «ariSiW juillet 4853.

« Monsieur,

« J'ai reçu, aye^ vqs àem lettres, ]^& deqx pff^fers Tpliimeg de (( votre important ouvrage, Qu'çst-çe ^ fq sçjencp ^çUk? pi Je p'pm- « presse de vous reniprcjer (|e ce! efjypj, auffiqt qjje je m'pri ti^ns jio- (( noré. Je n'ai pu encore que parcourir rapidement pe l|Yr6| ^ {ipq- « pânt les feuillets, et jp dojs avouer qye rij c^ cpup-d'œil gppergdjpfy « ni la Icôtvirc de la table, n^ m'pnt pu donner une j^^e d^ yqtfg tra- « vail. Laform^ polérpiqug et pour ^in§i (lire dj^logtii^è que vous ayex « choisie, oblige à lire tout, et rend d'autant plus difficile une^exaclte « appréciation. 11 me faudra du temps pour lire vos neuf cents pages! a Cç ^rait avec plaisir que j-aurais exqroé vifh4"Vis de voua loa fyf^ca tiens de critique, dont vous avez bien voulu vous chai^r envers « moi : mais une pf^rpiljp ?n^r6pî1^ î9*?t!^Si^i ^U^ VS ^^^ ^\WS^

— sali par quel bout vous prendre. Je vous aurais su gré d*avoir résumé en « quelques pages^ pour la commodité de vos Jecteurs^ les idées soit né- « gatives^ soit positives qui se trouvent semées dans ces deux volumes^ « Le travail que vous me demandez, si tant est qu'au milieu de mes « occupations multipliées je puisse Tentreprendre, aurait été abrégé « d'autant.

« Je suis. Monsieur, avec reconnaissance, votre tout dévoué,

« P.-J. Proudhon. »

Voici ma réponse à cette lettre.

« Saint-Mandô, 29 juillet 4853.

« Monsieur,

« Je vous remercie bien cordialement de la lettre que vous m'avez « fait Fhonneur de m'écrire. Je vois que vous aurez la bonté de criti- « quer mon travail pourvu que vous n'ayez poinl neuf cents pages à € lire. C'est de toute justice; et, j'ai eu le tort de ne point vous « avertir : que, vous trouverez Tensemble des idées négatives et posi- « tives de mon travail, au second volume : depuis la page 261 jus- € qu'à la page 372. Je répare ce tort que je regrette.

« Je sais, monsieur, que de nous deux, je suis le seul qui ait à « gagner à cet examen. Aussi n'oserais-je vous renouveler ma prière, a si je ne savais que votre amour du bien public vous fera faire bien « des sacrifices. M. de Girardin cherche la vérité, et vous seul pouvez « lui indiquer : si je suis ou ne suis point dans la bonne voie. L'offre « qu'il vous fait d'insérer votre article dans son journal, vous est a d'ailleurs un sûr garant qu'il juge la discussion purement philosoa phique actuellement sans aucune espèce de danger.

a Je m'engage à insérer votre travail dans mon troisième volume, « et aussi vos lettres, comme témoignage de reconnaissance pour la a bonté que vous avez eu d'accéder à ma demande.

« Je suis avec la considération la plus distinguée.

« Votre, etc. « Colins. »

Je n'ai point reçu de réponse à cette lettre.

Je regrette infiniment que M. Proudhon ait refusé d'attaquer les trois théories générales et de répondre aux questions qui s'y trouvent annexées. M. Proudhon est, selon moi, le premier homme du monde |H>iv détruire. Croirait-il qu'à mes théories, la critique n'a rien à y mordre? RibeyroUes, en parlant de moi, disait à un de nos amis communs : «Ce Colins est embêtant : il a toujours raison (1). » Dois-je penser que M. Proudhon est de l'avis de M. RibeyroUes?

(4) Pascal, en conseillant les pratiques du culte, disait : cela vous abêtira et vous croirez. Abêtir ne vaut pas mieux qu'enUfêter. Et quand, en conversation intime, on parle comme Pascal écrivait, on est à Tubri de tout reproche. Cette note est pour les délicats eu fait de dictionnaire.

le vais enroyer ces deux Tolumes à M. Proudboo, et le prier de nouveau^ et au nom de rhumanité, de faire pour les quatre^ ce qu*il a refusé de faire pour les deux premiers. M. Thiers dit : proposez et nous discuterons. M. de Girardin dit : proposez et nous discuterons. M. Proudhon dit : proposez et nous discuterons. L'on propose ^ et ces Messieurs se taisent! Est-ce qu'ils n'ont rien de bon à dire? Ou sontils trop grands seigneurs^ pour s'abaisser jusqu'à moi?

Beaucoup d'autres personnes auxquelles j'ai envoyé mes deux volumes m'ont fait l'honneur de m'en accuser réception. Beaucoup aussi ne m'ont pas fait cet honneur. Il ne m'appartient point de les nommer» Ce n'était point un devoir pour elles^ c'était une simple politesse. J'en nommerai trois cependant : parce que je désirais beaucoup recevoir leurs observations; et qu'il est possible que mes envois^ malgré mes précautions, ne soient point parvenus à leur adresse. Dans ce cas, et si je venais à le savou*, je m'empresserais de renouveler ces mêmes envois. Ces trois personnes sont : MM. Ledru-Rollin; Louis Blanc; et Michel Chevalier.

Avant de terminer les deux présents volumes, et désirant obtenir, d'hommes compétents^ le plus possible d'observations sur les théories générales exposées au second volume, j'ai adressé la lettre suivante aux personnes qui avaient bien voulu me laisser espérer qu'elles examineraient mon travail et qui ne me les avaient point encore adressées.

« Monsieur,

« Vous avez eu la bonté de m'accuser réception de mes deux voit lûmes intitulés : Qv^ est-ce que la science sociale ? Vous avez bien « voulu me laisser espérer vos observations sur mon travail en gé- « néral, et particulièrement sur les trois théories générales ainsi que « sur les questions qui s'y trouvent annexées.

a Je vous supplie. Monsieur^ au nom de l'humanité, de m'adresser « vos observations, afin que je puisse les insérer dans mon troisième « volume qui, maintenant, est sous presse.

« Je suis, etc. « Colins. »

J'ai reçu plusieurs réponses. J'en mentionnerai quelques-unes.

« Je regrette. Monsieur, que mes occupations ne me permettent pas « de vous transmettre avec détail mes ob^rvations sur votre ouvrage. « Je l'aurais fait très-volontiers, si j'avais eu le loisir; mais cela m'est, « quant à présent, tout à fait impossible.

« Croyez, je vous prie, Monsieur, à ma considération distinguée,

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