EXISTER ET PERSISTER
Nous avons encore ensemble un point commun bien essentiel; c'est , que l'anéantissement du paupérisme matériel dépend exclusivement, de l'impôt sur le capital (1).
En quoi différons-nous?
En une seule chose :
Vo^s affirmez : que , l'impôt peut se trouver placé sur le capital et non sur le travail^ tant que le sol n'est point entré à*la propriété collective.
Moi, j'affirme : que, l'impôt ou le revenu social, n'importe d'où il provienne, est nécessairement prélevé, tout entier, sur le travail; et, pas une obole sur le capilal; tant que le sol n'est point entré à la propriété collective.
Ce que j'ai affirmé , je l'ai prouvé : évidemment, inconlosfablement, plus incontestablement que deux et deux font
(\) Que le revenu social porte le nom d*assurance ou d'impôt, peu importe. LVssentièl est de savoir : que, le paupérisme existe lorsque le revenu social «st prélevé sur lo travail; et, qn*il n'existi- iioin* dès qu'il est prélevé sur le ^ éat>ita1.
fjualrc; car, celle deriùcre proposilion n'est que mathémalique ou hypothétique. Prouvez que j'ai mal prouvé; ou, prouvez que vous avez bieu prouvé; puis , en style tourlourou, je vous dirai : Jepose ma chique et je fais le mort.
Quand , ensuite , vous aurez accepté mon moyen ; ou plutôt le moyen de la raison : car ce qui appartient à la raison est à vous tout autant qu'à moi ; quand, dis-je, nous serons d*accord sur le moyen d'anéantir le paupérisme matériel ; nous n'en aurons pas fini ensemble : car alors je vous dirai :
Vous ne voulez point reconnaître, à priori, que : vouloir anéantir le paupérisme matériel ; avant d'avoir anéanti le paupérisme moral ; c'est universaliser l'anarchie au lieu de la détruire. Eh bien ! faites-en l'expérience. Apprenez, à vos dépens, et aux dépens de l'humanité, apprenez à posteriori: que, généraliser, l'anéantissement du paupérisme, la connaissance de l'ignorance sociale sur la réalité du droit, ce qui est la négation pratique de tout droit hors la force , c'ç^t forcer : ceux qui ont le bon sens de ne pas vouloir laisser les individus s'égorger jusqu'à extinction d'humanité, à s*th nirpour rétablir : et le despotisme; et le paupérisme.
Il est enfin une difficulté qui m'a empêché de pouvoir vous convaincre : c'est, la difficulté générale; la difficulté universelle; celle qui résulte de l'amour-propre , véritable démon de nous tous; et, dont il est impossible de se débarrasser : si ce n'est par l'eau lustrale du puits de la vérité.
Je voulais exposer dans votre journal : et la nécessité de la réalité du droit; et la démonstration de cette réalité. Dès le commencement de 1847, il avait même été convenu, et cela en présence de M. de Potier, que j'y Commencerais cette exposition. Vous objectiez cependant, et peut-être avec raison , que vos lecteurs n'étaient pas préparés. Vous avez commencé cette préparation. Puis, plus tard, vous m'avez dit : Si vous développiez dans mon journal l'exposition de la réalité du droit , ce ne serait plus moi qui écrirais le journal, ce serait vous : j'ai fait mon nid , faites le tôtre.
Erreur, erreur , je le répète. Permettez-moi de le prouver.
Le journal n'eût point été écrit par moi, il eût été écrit par nous.
Je me trompe aussi : il n'eût pas été écrit par nous , il eût été écrit par w>ui sml : car, moi , je ne veux rien être , pas même académicien ; et , si je le suis , c'est bien malgré moi , comme Sganarelle était médecin.
le ne veux rien être , ai-je dit ; et , je me trompe encore , car Je me suis déjà posé comme candidat à une place d'homme d'État au Charivari; et , aujourd'liui même , je me pose comme candidat à l'Assemblée nationale (1). Il est probable que j'échouerai ppur le Charivari; et , plus probable encore que j'échouerai pour l'Assemblée nationale* La collation, pour cette dernière, appartient à l'ignorance v.initeuse; et , & la vanité , je lui ai reproché son ignorance. A part cela, je n'ai aucune ambition. Et, si l'on me proposait d'être premier ministre; ce, â quoi j'ai l'orgueil de me savoir phis apte que tous ceux qui ont occupé cet emploi depuis 1815; je dirais tout uniment : Je ne suis pas assez sot pour accep-^ ter. Car, accepter maintenant : c'est monter sur le clocher de la cathédrale de Strasbourg ; et vouloir, de là , faire un entrechat sur le pavé, avec l'espoir de ne point se casser le cou. ^
(4) Je répète qaa i^ci ôt«H écrit avaut les évvaenienU de décembre 1954.
— Mé —
« £11 examioaut ce que c'est qiie la gloiee^ «r elle sd réduit à peu de ehotp : être jogé « par des Igooraots et estimé par des imbéc( ciles ; entendre prononcer son nom par une ff population (fui approute, rejette» aime ou « hait sans raison. Ce n*est pas de quoi s*enor- «t gueillir. » FBiDÉMC à Voltàirb.
Voulez-vous une preuve palpable : que, je me moque de la gloire, ainsi que de ses oripeaux? je ne la crois point ennuyeuse; et, je vais vous la donner. Quand on parle aocia* lisme, il faut surtout ne point endormir ses lecteurs^
En i*an de N. 8. S. C. 4847, j'étais exilé à Bruxelles où je suis né, de la France où j'avais déclaré réclamer la naturalisation à laquelle j'avais droit par les traités. Cet exil était un des petits profits de la Restauration. J'aurais pu être oFflclervgénéral en Belgique, mais je n'ai jamais aimé à retourlier ma casaque. A celte époque, j'étais déjà républicain, mMs républicain à ma manière et grand admirateur de l'Empereur. Je voulais aller chercher le grand homme a Sainte-Hélène et remmener en fiiXLON» Riez, si vous voulez* Mais, ne riez pas trop, cela empêche de lire. J'avais à Paris un ami, M. Ch. Dumény. Je le nomme, il vit encore. C'est un ancien élève de l'École polytechnique à l'époque de sa fondation. Je lui écrivis pour le consulter. Il ne se erut pas assez fort pour dèdder par lui-même; et, il s'adressa à M. de Proay. (lelui^ ne vit aucun obstacle à la réussite du projet : si ce n^est que, par la force d'impulsion, les cordes pourraient casser. Un inventeur ne recule jamais devant une pareille bagatelle. Cependant je voulus consulter encond» Je m'adressai à un ancien camarade d'enfance, M. RoDsonnet, ancien capitaine de firégate et ancien aide de camp du général (kv-
not... Nous examinâmes cetle direclion d'aéroslal, de concert avec notre ami Gaillard, depuis commandant de Louvain et brûlé vif en 1830 au pied d'un arbre de la liberté, martyr de l'obéissance passive, religion qui, de jour en jour, devient un anachronisme. Après un long examen, Rensonnet me dit : « Gredin ! (style militaire) tu veux donc remettre le feu aux étoupes? » — Rensonnet était républicain ; et, par remettre le feu aux étoupes, il comprenait : ramener l'Empereur sur le continent. —^ ne s'agit, lui dis-je, ni de feu, ni d'étoupeâ, de savoir si la découverte est bonne. — Elle ne l'est que trop, mais me dit-il ; va-t'en au dinble, avec ta découverte ! — Munf de cetle bénédiction, des secours de mon ami, et de lettres de La Fayette qu'il m'envoya, je passai l'Océan.
Arrivé à New-York, je contiai ce projet à l'examen du général Rernard, ancien aide de camp de l'Empereur, alors chargé des forlillcations du littoral américain, et depuis ministre de la guerre sous Louis-Philippe. Nousl'étudiàmes pendant trois jours ; le général le trouva bon. Et, il fut convenu : que, le major Poussin, alors son aide de camp, et depuis ministre plénipotentiaire de France aux États-Unis (actuellement à Paris) serait du voyage s'il avait lieu. Le général Bernard me donna des lettres pour Philadelphie, où se trouvaient en même temps : et le frère de l'Empereur (le roi Joseph) ; et le général Lallemand (celui de l'artillerie), qui avait épousé la nièce de Stéphen Girard, l'homme le plus riche de l'Amérique. Il s'agissait : de faire une expérience dans le désert des forêts , afin de vérifier la théorie par la pratique. Le général Lallemand examina la théorie et la trouva bonne. Ce fut seulement alors que je me présentai au roi Joseph, auquel j'étais aussi recommandé par mou ami, le fils de l'ancien vice-roi du Mexique, le comte de Galvez. Le roi me dit : que les généraux Bernard et Lallemand étaient d'excellents juges, mais qu'il avait reçu ordre de l'Empereur, de ne faire absolument aucune tentative pour le faire échapr per de Saîute-Hélène. Mon projet échoua. C'était inutilement que j'avais traversé l'Atlantique. Je pris mon parti ; et, pen-
dant treize ans, je fus défricher des lerres aux Aulilles. Avant mon départ de Philadelphie, j'avais lu mon mémoire à l'Acadâmie des sciences naturelles de cette ville, qui me reçut dans son sein.
En {8^0, je vis, dau^îe port de la Havane, le (bHipeau Iricolore flotter sur un vaisseau Avançais. Je devais partir, je partis. . .•
ËQ.18i2, mon ami Dumeny me reprocha de -laisser iorlïflp mon aérostat. — Cela ne vaut rien, lui^Srje. — Pourquoi?—A cause de l'immense portée sociale d'une parellfe d!fccoiiyerte< — Mais, la découverte est réelle. — Non, elle est illusoire. — Laissez-la-moi faire examiner encore. — Soit: AUesi au diable ! laissez-moi tranquille.
Mon ami fut consulter M. de Bonnard, inspecteur général des mines et membre de l'Académie des sciences. L'académicien répondit : Je crois que c'est bon ; et il me le répétât à moi-même.
Et je lui répétai : Cela ne vaut rien.
Mon ami me conduisit chez jM . le lieutenant général dû génie Daullé. Ma nacelle était mal dessinée ; et, cela indisposa le général contre moi. L'examen en fut plus sérieux ; plus sévère peut-être. Et, l'inspecteur général du génie , pensa comme; l'inspecteur général des mines.
Je persistai à dire : Ma découverte ne vaut rien.
M. de Bonnard, pressé par mon ami, m'adressa à son collègue, M. Coriolis, directeur de l'École polytechnique. M. CorioUs examina, et trouva rapidement que cela ne valait rien. Que je vous suis obligé, lui dis-je; c'est ce que je ne cesse de répéter à ces messieurs. Je pense a{>solument comme vous. Maisjevoudraissavoir pourquoi cela ne vaut rien; et, surtout, si l'a^areil sera mis en mouvement. — Il sera mis en mouvement, me dit l'académicien ; à cela il n'y a pas l'ombre d'un doute.. *— Alors , puisque je puis disposer d'une force suffisante, poufAUoi la direction n'aurait-elle pas lieu? c'est surtout le {KHirquoi que je voudrais ; car j'ai fortement dans la tète que c'est mauvais. — Là-dessus, M. Coriolis me dit : que, n. 30
s'il y avait eu quelque chos6 à rencoatrer sur cette route de la science, il l'aurait trouvé. Je lui répondis que j'en étais persuadé. Et je partis sans avoir pu savoir : pourquoi ma mauvaise machine ne valait rien.
Je désirais cependant avoir ce pourquoi ; et, j'en parlai à M. Gavarret, professeur de physique^ avec lequel j'étais fort lié. Il pensa comme M. Coriolis ; mais je n'eus point mon pourquoi»
Toujours conduit par mon ami, je m'adressai à M. le g^éniérll Poncelet. Il pensa comme MM. Coriolis et Gavarret; moins affirmativement, néanmoins. C'est à essayer, me dit*-il* Quant à mon pourquoi, il me fût encore impossible de l'obtenir.
Je triomphais ; ma machine ne valait pas le diable. Cependant, mon ami Dumeny ne se rendit point. Obstiné comme un mulet de Castille,il me força de cherchera voir H. Charles Dupin. Mon vénérable ami Félix Desportes me présenta à ce savant. Après examen, l'académicien me dit : c'est bon. Voilà mon ami triomphant à son tour. Je demandai à M. Charles Dupin , s'il m'autorisait à m'appuyer publiquement sur son autorité. C'était une pierre de touche, que je jetais dans son jardin, peur savoir : si, pour se débarrasser de moi, il ne me^donnait pas de l'eau bénite de cour. Je dois déclarer : que, M. Charles Dupin me répondit hardiment el sans hésiter : Oui, je vous y autorise.
Aussi obstiné que mon ami, je n'étais pas homme à céder facilement la victoire. J'aurais voulu Mnpowrquoieela ne W3^ lait rien ; et, ne pouvant l'obtenir, je voulus avoir un pourquoi c'était bon; et, qui plus est, un pourquoi en grimoire. îion pourquoi, à moi, était simple comme bonjour, et à la por* tée d'un enfant. Cela devait être. Depuis quarante ans, je n'étais plus capable de formuler une intégrale. En conséquence, je priai mon ami de Potter de s'adresser au meilleur mathématicien de Belgique; et, de m'en tirer pied ou aile. Mon ami de Potter se mit immédiatement à la besogne; et m'^an voya, quinze jours après, la lettre suivante :
« Bruxelles, 3 septembre 4842.
« Mon cher ami, je suis heureux et fier de pouvoir, sinon « vous être bon à quelque chose, du moins jprouver la bonne « volonté que j'ai de vous servir. Après avoir reçu votre « mémoire, je l'ai, comme je vous avais promis, commu- « nique à M. Meyer, dont je vous transmets ci-joint la ré-
< ponse. D'abord, vous me demanderez : Qu'est-ce que « M. Meyer? C'est un Luxembourgeois, notre mathématicien
< le plus distingué, etc. x>
Maintenant, voici le grimoire du mathématicien. Lecteurs, ayez la bonté de passer outre. Si, je le donne ici, c'est : pour l'acquit de ma conscience; et, pour vous prouver que je n'invente point des calembredaines. Seulement, pour comprendre ce qu'il y a d'humain dans le grimoire du mathématicien, vous saurez que l'endiablée machine en question traînerait : soit les aérostats; soit les bateaux à vapeur; soit même les voitures sur les grandes routes quelconques. M. le général Daullé en était enchanté ; parce que, disait-il, cela pouvait servir à la navigation sous-marine. 11 est clair, pour quiconque, a des yeux, qu'une machine, qui doit servir à tant de choses, n'est bonne à rien.
Maintenant écoutez le magicien < Soient :
S la surface de la coupe transversale du véhicule (p. ex« d'un vaisseau) exposé au mouvement de translation ;
0r la vitesse de régime (vitesse limite) avee^ laquelle le véUcule (le vaisseau) avance ;
* le poids d'un mètre ctfbe étem élevé à mètre ■*
f la force élastique de la vapeur eonlre le fond D du tu'be.
P le palâs du véhicule et sa charge ;
ilf sa masse; «
g le coefflciéfttde la pesanteur; g == 9, 80.
V la vitesse initiale du véhicule.
Cela pose, on a, dans Tétat d'équilibre :
Mais quand la vitesse est atteinte, on a t; « v,^ dv ^ o, par suite la formule précédente devient :
D*où l'on tire :
Applications :
— Le résultat de l'application est que v, «= T^^^-^OS.
La vitesse avec laquelle le véhicule avancerait, dans cette hyf)othèse, serait donc, continue le magicien, de 8 mètres environ par seconde.
Puis le magicien ajoute : et c'est le plus clair pour ceux qui, comme moi appartiennent au commun des iaart;ff9;; *
« l^pus croyons en somme :
1 ^ Que le véhicule avancera incontestàblemikht ;
2^ Qu'un vaisseau avancerez 4)our le moins aussi vite que le^, bateaux à vapeur actuel^;
3^ QiiSune locomotive atancerait peut-être un peu moins vite;
4^ Qu'un )>èfi0n, élevé à une bauteur moyenne, avancerait avec une vites3e énorme. »
Pour le coup je devins furieux. J'envoyai le tout au
dial# et à mon ami de Potter. Je lui écrivis de faire ce
qu'il voudrait du ballon et de la machine : pourvu que je n'en entendisse plus parler.
En f847, M. de Potter m'envoya son fils, excellent ipathématicien, excellent pliysicien, et, qui plus est, excellent métaphysicien. Il venait auprès de moi pour une solution bien autrement importante que celle de l'aérostat. Le jeune métaphysicien partit satisfait. Pendant son séjour à Paris, je lui dis : Ah çà ! j'espère que vous et votre professeur n'êtes plus engoués de cette billevesée de ballon ? — Plus que jamais, me répondit ce jeune homme; plus que jamais, nous affirmons que c'est bon. — Allez... En vérité, j'allais l'envoyer au diable. Je lui dis de le faire aller^ son ballon ; et surtout de ne plus m'en rompre la tête.
Je conclus :
Je n'ai pas la moindre envie d'être une fois de plus académicien; et, je n'aurais pas eu la moindre envie d'être en première ligne, n'importe où, pas même [dans un journal, necplus ultra des ambitions de l'époque.
Maintenant, vous croyez peut-être que je vais vous en-"
nuyer, vous et le public, delà deicriptien de mon invention? Que la bon Dieu et tous les saints du paradis m- en préservent. Afin d'en être quitte pour réternité, je donne ici et publiquettent l'ordre ft mon Jeune mathématicien r de publier ma prétendue découverte ; et, pouf le punir, ainsi que son protaieur, d'avoir pris dee vessies pôtir des lanternes ; je les condamne Tun et l'autre, ensemble et séparément, à défendre leur dada, unguibus et rostro. Mais surtout, pas deJtirevet d'invention . Je veux que tout soit à jour -, et, que le public , de chaque nation, puisse les siffler sur pièces. Et ce sera pain béni. Après cette explication épisodique, vous comprendrez que je n*ai pas le moindre désir d'une première place : soit dans un ministère; soit dans une académie; soit dans un journal. Entre nous, je pourrais même vous dire : que, si j'ai tort. Ce serait bien en vain que vous chercheriez à me mettre à la première place, n'importe où. Bientôt alors, je tomberais audessous de la dernière. Et, si j'ai raison, ce serait bien en vain que l'on voudrait me mettre à la dernière ; alors, partout où je serai, ce sera la première.
Maintenant revenons à nos moutons.
De quoi s'agit41 entre nous?
Dé vous convaincre qtie vous ave^ tort, et que* moi j'ai raison.
Sur quoi sommes-nous d'accord? puisque pour discuter ensemble, il faut être d'accord sur un point.
. Sur la nécessité d'anéantir le paupérisme.
Sur quoi différons-nous ? car il est essentiel de le savoir pour ne point divaguer.
Sur deux points : l'un relatif au matériel, l'autre au moral.
J'affirme : que, pour anéantir le paupérisme matériel, le sol doit entrer à la propriété collective. Vous, vous le niez.
J'affirme : que, pour que le paupérisme matériel puisse être anéanti, sans augmenter l'anarchie et voir le paupérisme itumédiaténiôtit rétabli par le despoilâmé \ le pàtipé-
risme moral, coâsistant dans Tignoratice sociale sur la réa* lilé du droit, doit être préalablement anëauti/ Vous, vous le niez.
Voilà nos positions respectives parfaitement déterminées.
De plus, connaissant votre bonne foi, je vous ai pris pour juge.
Dans ce cas que devez- vous faire?
Ici, je devrais vous laisser l'initiative.
Mais, comme je sais que vous aussi avez confiance dans ma bonne foi, je vais vous dire ce que je crois convenable : certain, que si vous n'adoptez point mon avis, c'est que vous en aurez un meilleur à suivre.
1 ^ Faire, dans votre journal. Un appel à l'examen des trois théories générales que j'expose, et des questions qui s'y trouvent annexées.
2^ Insérer dans votre journal tout ce qui sera écrit contre ces trois théories, et que vous croirez digne d'être communiqué au public.
3** M'aocorder, dans votre journal, un dixième de la place occupée par ceux qui m'auront réfuté.
4**' Vous jugerez ensuite.
Ici je répète, en terminant, ce que j'ai dit dans ma dédicace :
a Puisse la discussion nous unir dans le sein de la vé- « rite! Colins. »
P. S. Pour éclairer voire conviction, ayez la bonté de lire Ids deux opuscules suivants, dont voici les titres :
r M. THIERS,