‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 27 sur 120 · II · texte numérisé non relu

II

— LMgnoraQce, Monsieur, est un crélinîsme moral. Que voulez-vous que choisisse hq (irélin? Ce qu'il est possible de vous assurer, et ce qu'il vous est possible de comprendre, c'est : qu'en présence de l'ignorance sociale et de l'incompp688tbilité de l-oxamea , ia liberté et l'inquisition , eomme baseg d^ordre durable, sont égalesieat impossibles.

If. de Girardin blâme beaucoup la phrase suivante , de M. Thlers :

t — Il Bit certain, incontiêti, et ineonteslable f dit « M. Tliiers, qitUl ne peut y avoir aucune liberté illimitée. € Il n'y a pas, dis-je, de liberté illimilée; la société eivili^ « sée, c-est la société de la liberté limitée /... »

— J'en suis bien fâché pour M. de Girardin; mais, M. Thiers a raison. M. de Girardin demande si la liberté de croyance n'est pas illimitée? Non, Monsieur. Dès que vous croyez qu'il est permjs de voler, de tuer, d'assassiner, ou même qu'il n'y a ni bien ni mal; la société, si vous maaifo^tcz votre croyance, vous renferme comme fou, ou la société elle-même n'e^t qu'une folle.

a — Est-ce, dit plus loin U. da Girardin, qu'on ^plus « ou moins la Ub^rté de l'assassinat, la liberté du vol, la « liberté de l'insurrection? ^qw : patte liberté n'e)^i§te à au- « cqn degré, » {les §î, n^' x, xi, p, 2^7.)

-- Vous vous trompez, Monsieur. Elle existe; quand on est d^i^z fort pour se mettre à l'abri du bourreau; lorfuiue la «anciiou inévitable est niée^ et qi)e l'on e$t votre disciple, quant à la Régqtlon au bieu al du mal»

a'^- t.a liberté de la presse, dit M. de Girardin, n'est que « la liberté de l'cnseignoracnl sôus une autre forme. »

{Idem, n^ i, p. i 34,-)

— Vous avez raison, Monsieur; les deux, en tant qu"illimitéos,sont aussi sottes, aussi anarchiques l'une (|ue l'autre.

PermcllriL'2^voug d'enseigner : que, les trois ang^les d'un triangle sont égaui^ à quatre droii&, sans donner un eonsoil de famille à ce bravo homme, ne fût-ce que pour Tempêcher de s^ jeter dans un puits?

Sans doute, vous permettriez de professer : qu*il n*y a ni bien ni mal, ni juste ni injuste, ni droit ni dQvoir. Permet* tez-moi de ne point partager votre avis.

En époque d'ignorance sur la réalité du droit, la liberté de renseignement conduit à la négation du droit, h l'anarcbie.

ËD épdque de connaissance réelle sur la réalité du droit, j)ermettre de professer la négation du droit, c*est permettre d'empoisonner mortqllemcnl. C'est pire encore que de permettre d'aller nu dans les rues. Ëtes-vous aussi pour que cette liberté soit illimitée ?

Ce qui vous cjiagrine, c'est que vous dites avec juste raison : que restreindre la liberté, c'e^t le despotisme. C'est vrai , Monsieur , pour l'époque d'ignorance sociale. Parce qu'alofs la liberté ne peut être restreinte que par les passions, les préjugés. En époque de connaissance, la liberté est limitée, restreinte par la raison; et alors la liberté restreinte n'est ' Qullementle despotisme. Mais, ce qui est également vrai, c'est, qu'en toute époque possible, la liberté illimitée c'est Panar^

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