‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 31 sur 120 · MAJORITÉS · texte numérisé non relu

MAJORITÉS

t — La confection des lois, dit M. de Girardin, sous peine « dé ne faire que des lois détestables, doit être désormais, c non pas Fœuvre de majorités ignorantes, mais d'apU- € tudes éprouvées. » {Les 52, n* ii, p. 30.)

-^ Et, comment trouver des aptitudes éprouvées : quand, pour distinguer, en fait de droit, Tignorance de la science, vous n'avez de critérium que la force brutale?

La logique de M. de Girardin est un cercle vicieux. Il se demande continuellement : comment a-t-on de bonnes lois? Et, il se répond : en ayant de bonnes lois. C'est une pétition de principe, déjà faite par Aristote^ il y a vingt-deux siècles

« — Majorité et minorité, dit M. de Girardin, sont, à mes c yeux, deux ornières également profondes, où le gouverc nement n'a d'autre alternative que celle de choisir de quel « côté il versera. »

— - C'est très-bien. Mais, dites-moi, en fait de loi, comment est-il possible de se passer de majorité?

c — Mettre aux voix dans une assemblée, dit M. de Gi« « rardin, l'adoplion d'idées dont l'application n'a pas encore « été faite, n'est-ce pas proscrire, sous une forme indirecte, c toute idée grande, toute idée neuve? N'est*ce pas lui fer- « mer l'accès pour ne laisser passer que l'idée vulgaire et la c négation présomptueuse? M'est-ce pas donner au savoir et « à la supériorité, pour juge suprême, l'ignorance et la mé* « diocrité?» (/rfm,p. 72.)

— Sans aucun doute. Monsieur. Et voilà pourquoi je veux que l'on ait besoin du remède social, avant de le présenter à Texamen des majorités. Mais, enseignez-nous : Comment, en époque d'ignorance el d'incompressibilité d'examen, il est . possible de se passer de majorités.

Page 1