‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 32 sur 120 · HO · texte numérisé non relu

HO

« — Est-ce que r^CQdépaiç des scieupes, consultée par le « premier consul, n'a pas, dit M. â§ Girardilli coiaroenoé « par condamner ritfvention deFulton? »

— Et cependant, elle était sclenflflque. Voyez-vous, que

ymvm raison da n^ w vouloir exposer enoora mon steamboat moral à l'ei^am^n (Je votre propre Aoadémie don poif Qca^,

QVaot que vpu^ u'eo aye» r^ponnu la qéce««i|^ que voMfl »ie2 actuelloœeqt. Pourquoi dOPc vous offrir (^ qud vous Qoopi* dérez comme inutile? Mais, je ypu§ présente ; mon sf^q/mboat matériel^ Vanéantissemenl du paupérim^t Prouve» qu'il P3t mauvais, sans vous conlentpr de rafftrfflPr} cljçvom fw\$ (quitte de (oui autre examen.

i «r« Royauté et majorité, dit M. de Girardin, sont deux fc principes eitentiellement eontraipes qui ne parviennent à $ vivre engemble qu'ft la condition que l'un se laisse absor-

« ber par l'autre. >

« On pourra ^o livrer, pour prouver le contraire de e^tie € afflrmatioR, au^ plW4 savante» dia^ertations; mais si aa^^ a vantes qu'elles soient, elles seront toujours moins oûn« « cluanles qye lea révolutions^i» {les ô?, p. 9 1 .)

— Vous avez parfaitement raison. Mais, comment se passer

de majorités légialatl vas, tout pu évitant Ip despotiamo et les révolutious?

« — Dans tout cabinet composé de neuf membres, dit < M. de Girardin, c'est la médiocrité qui fait toujours la ma* « jorité,Vest la supériorité qui est toujours en minorité, les « faibles nuisent aux forts, ceux qui sont ternes à ceu!i[ qui « sont brillants. »

— Très-bien ! Mais ce que voua dites pour descendre à neuf, jpeut se dire pour descendre à trois, D'aiUeura, en présence de Tunité législative et executive que vous voulez, dea miniatres ne aont que des valets, pu si vous Taimez mlpux^

' que des commis.

« '^ 9aPi(Hit, dit M. de Girardin, où la majorité ast iim- « veraine en droit, elle est souveraine en fait. »

(Z^^Sa^n^^iv^p. 94.)

— De mieux en miaui. La aouveraineté des majorités vous déplaît. Donnez-nous le moyen de nous en passer : lans daapotiamâ et sans anarchie.

« ~ Plus une majorité est forte, dit M. de Girardln, et « moins elle est unie; plus une majorité est forte et plus le « pouvoir parait faible s'il est dépourvu d'idées. »

— La preuve qu'un pouvoir est saos idée, q'est qu'il en demande aux majorités.

Cq a'est pas tout d'avoir une idée, tout le monde en a, et il y en a plus à Charenton qu'à l'Académie des sciences. Le tout est d'avoir une bonne idée. Et comment oonnattre qu'elle est bonne, quand on n'a de critérium social que les majorités?

« -^ Une majorité, dit M. de Girardin, vaut ce que vaut le « gouvernement qui la met en mouvement, a Si le gouvernement vaut peu, que vaudra la majorité?»

(/dm, p. 101.)

^ {.a preuve qu'un gouvernement ne vaHt rien, c'est qu'il n'a 4'appui que des majorités, toujours inlelleetuellement plus faibles que les minorités, selon M. de Girardin lui-même.

M. de Girardin, ennemi, avec juste raison, des majorités, de la souveraineté du nombre, cite, avec bonheur, le passage suivant de Montesquieu :

iK II semble que les têtes des plus g[rands hommes s'êtret cissent lorsqu'elles sont asseipblées, et que là où il y a pi lis c de sages il y ait aussi moins de sagessç, »

{Lettres persaneéi.)

— : Parfait! et j'acçlqpde à la citation de M. de Girardin. Mais, commept faire, en époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit, et, en présence de l'incompressibilité de l'exajnen, pour se passer de majorités législatives sans se livrer au despotisme? Ce n'est pas le tout de dire à un aveugle :

vous allez tomber dans Tabime; il faut encore le mettre sur le bon cbemin.

NÀTIONAUTÉS.

c — Il ne faut pas, dit M. deGirardin, se bercer dans une

• illusion funeste : ce qui existe aujourd'hui est l'isolement

« armé, et n'est pas encore l'association pacifique. La paix

« partout, la paix toujours sont de belles paroles auxquelles

« il n'a manqué, pour être glorieuses et fécondes, que d'a-

« voir un sens, d'exprimer une pensée, d'être une convic-

« tion d'homme d'État, et non pas seulement un mouvement

« d'orateur. » {Les 52, n^ i, p. 123.)

— Admirable! Monsieur. Alors, pourquoi donc étes-vous membre du Congrès de la paix? Pour former l'association pacifique des nationalités,dites-vous. Croyez-vous, Monsieur, que des nationalités autonomes ne doivent pas être constamment armées pour défendre leur droit, leur autonome; et, comment voulez-vous, que des nationalités en contact inévitable, n'ayant entre elles de critérium de droit que le canon, n'aient point pour expression, dans la conviction de tout homme d'État : la guerre partout; la guerre toujours^

c — Par son industrie et son commerce, dit M. de Gi- « rardin, l'Angleterre s'est emparée de la suprématie des a mers, véritable empire ^ la France n'a qu'à produire un « homme qui sache s'emparer de la suprématie des esc prits, empire plus vaste que la suprématie maritime. « L'Europe appartiendra à la nation qui saura exercer l'ini- « tiallve d'idées justes et donner une protection efficace à « toutes les prétentions fondées.?» {Idem^ n^ Ti,p. 10.)

— C^est très-beau I Monsieur. Mais, comment s'emparer de la souveraineté des esprits, en époque d'ignorance so* ciale sur la réalité du droit, et en présence de l'incompressibilité de l'examen ; quand des gens comme vous nient Jusqu'à

— ii3 —

la nécesaité et Pexistmce du droit (1 ), et qui plus est, l'exis* tence de Ja réalité de l'esprit, par leur adhésion au matérialisme.

Dans tous les cas^ l'Europe ^'appartiendra jamais à une nation; elle appartiendra à la vérité; et alors les nationalités seront anéanties* Quant à l'initiative des idées prélenduement justes, que voulez-vous qu'elle produise, quand il n'y a de critérium, pour distinguer socialement une idée juste d'une idée fausse, que la seule force brutale? Je ne parle pas de la protection efficace donnée à toutes les prétentions fondées; il est évident que, dans une pareille époque, il n'y a de prétention fon'dée que celle du plus fort.

c — Les chemins de fer, dit M. de Girardin, sontappefiSs c à rapprocher entre eux tous les peuples du continent, à « n'en faire qu'une seule grande famille, -ayant les mêmes in- < térêts, le même avenir, la même politique, la m4me devise :

« Respect des nationalités! liberté des mers. »

{Les 52, n^* vu, viii, p. 38.)

— Faire une seule famille de plusieurs familles en communication nécessaire, toutes autonomes, ayant chacune un droit différent, n'ayant de juge du droit que la force brutale, ayant des intérêts tellement différents que chacune d'elles ne peut augmenter sa richesse qu'en augmentant son paupérisme, à une époque où le paupérisme est devenu essentiellement anarcbique!! Est-ce donc ainsi que se forme la conviction d'un homme d'État?

Le respect des nationalités et la liberté des mers, équivaut à la liberté des forêts et à la multiplicité des brigands.

« — La gloire des peuples, dit H. de Girardin, ne réside « pas dans le gain d'une ou de cent batailles plus ou moins « chèrement disputées; elle est dans tout ce qui ajoute à la

(4) M. de Girardin m'a dit mille fois : /« ni$ U droit. Et il était attisi coih Taioca que Broutais diiant ; Je nie le moié

Page 1