QUESTIONS SOCIALES
< — QiA3 dirons-nous, se demande M. de Girardin, des « partis qui, au lieu de terminer leurs différends par un dé- « bat et par un yote, dressent des barricades et s'arment de « fusils? Nous dirons qu'ils sont insensés, barbares, sangui- « naires; nous dirons que c'est par des arguments et non « par des balles que les questions sociales doivent se ré- « soudre. » {Les 52, n^' vu, viii, p. 224.)
— Vous devriez. Monsieur, dire que ce sont des ignorants qui, n'ayant aucun cntérium rationnel, pour distinguer les bons arguments des mauvais, sont obligés d'en venir aux balles, pour décider les questions. .Quant aux solutions par VOTE, rappelez -vous le mépris que vous professez pour les majorités. Quand les familles, à cause de l'ignorance sociale sur la réalité du droit et de l'incompressibililé de Texamen, se considèrent chacune comme autonomes, comme juges du droit, elles sont bien. obligées, pour avoir une espèce d'ordre plus ou moins éphémère, d'avoir recours à la force brutale, seule base d'ordre qui leur reste.
« — Pourquoi donc, ce qui n'est plus permis aux parlis « ennemis, le serait*il encore aux nations rivales? »
— • Comment^ plus permis? Et qui donc le leur défend, s'il vous plaît? La force, n'est-ce pas? Alors, quand ils sont, ou qu'ils se croient les plus forts, ils se moquent de la défense.
m — Pourquoi donc, continue M. de Girardin, le droit de « discussion, après avoir succédé au droit d'insurrection, « serait-il moins inexorable pour la guerre que pour les ré- « volutions? »
~ Consoleï-vous ! Monsieur ; il ne sera pas plus inexorable ir. 9
poil^ la guerre que pour les révolutionâ. dilûnà vbuè atltez ianéantl les révolutions, je vous répohd^J que les guerres internationales le seront également. El cela, par rexcèllenle raison : qu*il n*y aura plus de nationalités.
a — Pourquoi, continue M. de Girardin, Tune et Tautre ne « disparaîtraient-elles pas ensemble? Pourquoi les médita- « lions, au lieu de venir après la bataille, ne là précéde- « raient-elles pas? Pourquoi commencer par se battre, ff quand on doit finir par discuter? »
— Pourquoi ? Afin qiic l'anarchie fasse sentir le besoin de discuter, au lieu de disputer ; besoin qui n*esl nullement senti, paâ^ m$me de vous. Car, j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi, pour avoir, avec vous, une discussion publique ; et je n'ai jamais pu l'obtenir.
à — Ce qu'il fàUt désormais aux nations, dit M. de Girar- « din, ce sont moins des additions de territoire que descer- « titudesde débouchés ; or, des débouchés ne se conquièrent « pas la baïonnette au boiit du fusil; ils se conquièrent « en vendant et en transportant à meilleur marché que sea « concurrents, les produits de son sol et de son industrie. »
{Les 52, n* IX, p. 60.)
— Je pourrais vous dire, Monsieur, que la liberté de vendre et de transporter ne s'obtient que la baïonnette au bout du fusil : tant qu'il y a des nationalités. Mais, je dédaigne cet argument; et vous accorde la liberté du commerce. Voyez comme je suis généreux! Eh bien ! Monsieur. La nation qui peut vendre à meilleur marché, est celle chez laquelle le paupérisme est le plus considérable. Croyez-vous, qu'en présence de l'incompressibilité de l'examen, cette lutte, pour avoir le plus de pauvres possible, soit très-rassurante contre les guerres et les révolutions ?