SOUVERAINETÉ
« — Que le PEUPLE, dit M. de Girardin, délègue ^a sou-
« verainelé à un roi héréditaire et inviolable, ou qu'il la dé-
c lègue à un président révocable et responsable, dans Tun
a comme dans l'autre cas, la souveraineté doit être entière,
< elle ne doit pas être mutilée. La souveraineté mutilée, c'est « Tîmpuissancc ; or, c'est de cette impuissance que la France « souffre depuis trente-cinq ans, depuis la chute de l'Em- « pire. » {Les 52, n*" ii, p. 1 1 3.) ^
— Savez- vous pourquoi. Monsieur? c'est que la souveraineté du peuple est anarchique par essence. Et que l'anarchie n'est autre que l'impuissance d'établir l'ordre.
« -* Rayor^ dit M. de Girardin, du grand livre des em-
€ pires le droit divin, c*est abjurer la foi monarchique, c'est « porter le coup mortel à la royauté héréditaire.
« Qui Ta porté? — La presse royaliste par cette déflni- « tion : — Royauté, délégation de la souveraineté du peuple « à titre héréditaire.
. « Si le peuple est souverain, comment par le seul fait qu'il c a délégué sa souveraineté, se transforme -t-il de souverain « en sujet?
€ Si le peuple, après avoir délégué à titre héréditaire la c souveraineté qui lui appartient^est opprime, si toutes ses « garanties lui sont retirées, si l'égalité devant la loi fait « place à rinégalité civile, si l'impôt mal employé le surcharge « et le ruine, quel sera le droit, quel sera le moyen de re- « cours du mandant trompé dans sa conflance à l'égard du « mandataire qui aura al)usé de sa force. »
(Ze5 52, n^iï, p. 123.)
— Très bien ! Mais, s'il est plus mal encore sous la démé; cratie? Alors il saute de l'anarchie dans le despotisme. Quand on est sur le gril, on aime à se retourner.
« — Nous comprenons, dit M. de Girardin, la souverai- « noté populaire. »
— Ah ! vous la comprenez, comme compatible avec l'ordre ! Je voue en fais mon compliment. Alors vous devez comprendre aussi l'astrologie.
« — Nous comprenons, ajoute M. de Girardin, le droit « divin. ...»
— Aussi comme compatible avec l'ordre en présence de l'incompressibilité de Texamen? Je vous en fais aussi mon compliment.
•* « — . . . .Je vais parler du monde politique, » ajoute M«i de Girardin.
— Je vous demande pardon. Monsieur; vous auriez dû dire : du monde ignorant.
« — Mais, ajoute H. de Girardin, nous ne comprenons pas
« celte souveraineté d'invention moderne, qui abdique eo fait « sous prétexte de se déléguer en droit. »
. (Les 52, n* xii, p. 26.)
— Eh bien I Monsieur. Je vous assure qu'elle n'est pas plus difficile jà comprendre que les deux autres. Les trois : sont d'un même acabit.