‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 64 sur 120 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

« A dater du trentième jour qui suivra la promulgation « du présent décret, le travail des femmes est expressément c interdit dans les ateliers, magasins, usines, fabricfUes et 9 manufactures.

« Est également interdit le travail des enfants âgés de « moins de seize ans.

« Toute contravention sera punie solidairement d'une « amende de 00 fr. à 000 A*.

« Voilà ce que pourrait faire l'État. Je ne demande pas f qu'il le fasse, je préfère de beaucoup le régime de la lit berié au régime de la réglementation ; je demande seulec ment qu*il laisse faire la corporation. »

{Politique universelle, p. 131.)

* — Oui : que les corporations fassent; et l'État sanetionr nera, ce qui est la même chose.

Écoutez, Monsieur ! Régler et maintenir le taux des salaires. Voilà ce que vous voulez. Que puis-j^ dire à cela?

Régler et maintenir la pluie et le beau temps n'est pas moins déraisonnable.

Les salaires se régleront seuls, et voici comment :

Lorsque le sol est aliéné, les salaires sont nécessairement au plus bas des circonstances.

Lorsque le sol appartient à la propriété colleclive, les salaires sont au plus haut possible, aussi des circonstances.

Voyez les Théories générales.

Le minimum de salaire a pour conséquence nécessaire un maximum de marchandise.

Vous ne savez peut-être pas jusqu'où remonte, dans l'antiquité, l'invention du maximum. Permettez-moi devons mettre le passage suivant sous les yeux :

« — Que personne ne vende aux citoyens ou à leurs es* « claves, ni n'achète d'eux, ces sortes de choses (solides, lit quides, animaux, meubles, etc.), non plus que du froment « ou de l'orge mis en farine, ni aucune des denrées néces- « saires à la vie (tout devant être vendu au marché) . • . .

f Si l'on vendait ou si l'on achetait une chose

c en plus grande quantité eiplus cher qu'il n'est marqué par t la loi, qui a sçéci&é jusqu'où on peut porter ouMisser le « prix des marchandises, sans permettre d'aller au delà, « on inscrira le surplus chez les gardiens des lois, et on ef- « facera ce qui manque au juste prix. »

(Platon, Lois, liv. viu.)

-^<Sli bien! Monsieurt Malgré l'autorité de Platon, la pran. i5

— ti6 —

tique a renvoyé le maanimm de Platoa en utopie, pour y faire équilibre à la communauté des femmes.

A propos du fnaximtim révolutionnaire, M. Thiers dit i

« — La seconde loi du masnmum, qui, remontant au delà « des boutiques, fixait la valeur des objets sur le lieu de fabri- « cation, déterminait le prix du transport, réglait le profit du « marchand en gros, celui du marchand en détail, avait été « rendue. Mais le commerce échappait encore de mille ma- « nièrea au despotisme de la loi, et il y échappait surtout « par le moyen le plus désastreux : en s'aeréxânt. »

{Révolution, t. vi.)

— La fabrication et le commerce s'arrétant ! c'est la mort, Monsieur ; la mort sociale.

« — Le maximum, dit encore M. Thiers, devait résulter « des assignats... dès que la loi avait dit : ce papier vaut six « francs; elle devait dire : cette marchandise ne vaut que six « francs; car autrement le marchand en la portant à douze « échappait à rechange. »

— C'est juste : et le minimum des salaires équivaut à rétablissement des assignats. Dès que la loi dit : la journée vaut dix ou quinze francs, la loi doit dire également : cette marchandise ne vaut que dix ou quinze francs; car autrement, le fabricant, en la portant à trente, échappe à l'échange.

« — Les moyens forcés, dit encore M. Thiers^ conduisent « aux moyens forcés, comme nous l'avons dit ailleurs. On « s'était occupé dans les premières lois de la marchandise « ouvrée, il fallait maintenant passer à la matière premier^. « L'idée même de s* emparer de la matière première et de « l'ouvrier pour le compte de la république, germait dans « toutes4es tètes. C'est une redoutable oÛ^ation que eelle « de violenter la nature, et de vouloir régler tous les mouve- « ments. On est bientôt obligé de suppléer la spontfunéité en « toutes choses, et de remplacer la vie même par les ooi||- « mandements de la loi. »

«- Il n*y a nul doute, que le maximum de salaire aeêwdiiise

nécessairemeot : à la commandite de l'État ; au communisme de MM. Louis Blanc et Ledru^RoIlin.

Dernièrement, le conseil des prud'bommes s'était permis de fixer à douze firancs un salaire convenu à six francs cinquante.

Voici comment s'est exprimé le tribunal de Cassation : c Attendu :

« . . . ^ qu'une

c décision aussi arbitraire est non-seulement la violation la c plus formelle de l'article 1 4 34 du Code Napoléon , mais « encore celle de tous les principes de la législation sur la t liberté du commerce et de l'industrie;

« Par ces motifs, casse, etc.... »

{Presse du S5 janvier 1853.)

Eh bien ! tout le système de M. de Girardin, est basé, au matériel, sur la réglementation du salaire.

Quand un système est basé, au matériel, sur un pareil fondement ; et, au moral, sur Tabsence de bien ei de mal, de Juste et d'injuste, de devoir et de droit ; il est jugé.

A la page 1 40, M. de Girardin dit : que le salaire est fixé relativement à un ménage de cinq personnes. Puis dans une note il lyoute :

* « — - Le nombre moyen des enfants par mariage est < de 3, 40} il faut donc calculer que tout travailleur, s'il est « marié, doit pourvoira la subsistance de trois enfants et de « leur mère j et que s'il n'est pas marié, la somme dispoc nible que lui coûterait la subsistance d'une femme et de c trois enfants^ lui est nécessaire pour former TépargnOi f douaire universel. »

r^ Et, si, au \m de trois enfants, il en a douze? Mais, je perds la tête de vouloir faire àfi^ observations sur rabsurd9.

lit livre Y est intitulé ; la Justice u]!«iy£as£i.L£. •» La justice universelle l en présence des nationalités^ et d^ V93Mmm de bien et de mal, de juste et d'iAjttste, de ^vp^ 0t de droit I Que voules^ous dire à cela?

« — La justice universelle, dit H. de Girardin, c'est la « justice absolue ; c'est la justice n'ayant qu'une mesure et « qu'un poids pour tous les peuples, Faibles ou forts, « pour tous les individus pauvres ou riches, pour tous les <c âges, enfance, adolescence, maturité et vieillesse, pour les ' « deux sexes; hommes et femmes {.c'est la justice renonçant « à n'être qu'un vain symbole pour devenir une vérité appli- « quée; la justice universelle, c'est la balance séculaire.

« Qu'il n'y ait pour tous qu'une seule balance, comme « il n'y a pour tous qu'un soleil... »

— Et la justice sera absolue, quand, en époque d'ignorance sur la réalité du droit, elle est nécessairement relative à la force; elle sera la même pour tous les peuples, quand la jus* tice entre les peuples n'a de critérium que le canon ; elle sera la même pour le riche et pour le pauvre, quand le paupérisme, que M. de Girardin veut conserver, est l'expression même de l'injustice! Encore une fois, que dire à tout cela? que M. de Girardin a rêvé, qu'il rêve encore et qu'il serait bien temps qu'il s'éveillât.

Savez-vous qui se trouve le juge de la justice universelle, selon M. de Girardin? Des arbitres. Et, l'ordre de se soumettre aux arbitres, qui l'aura fait? Le nombre, n'est-ce pjus, c'est-à-dire la force brutale. Et, qui sanctionne cette règle? Encore la force brutale. Et, quand vient un homme fort qui jette à l'eau les partisans du nombre et les sottes lois qu'ils ont formulées, le nombre applaudit et fait bien. Puis, l'injustice, inévitable à l'ignorance, fait retriompher le nombre. Et, ainsi de suite : jusqu'à ce que tous reconnaissent : que la justice, par le nombre et la force, n'est qu'une anarchie. Il vous en faudra des dictatures et des anarchies, avant que vous ne veniez à reconnaître votre ignorance!

Quant à la balance séculaire, c'est une expression vide de sens. Ce qu'il fallait dire : c'est la balance éternelle de la vérité. Mais, pour s*en servir, il faut l'avoir. Croyez-vous qu'elle pourrait osciller : au moral sur la liberté des opinions; et au

matériel sur la réglementation du salaire ? Ce serait bien là une balance folle.

Viennent ensuite les merveilles que la justice universelle pourrait accomplir. C'est vrai : mais, elle ne peut exister : ni pour les ignorants ; ni pour les entêtés.

« — A défaut de celte certitude (delà sanction religieuse) c que nul n'a pu donner, à défaut de la s&nction au-dessus « de tous les doutes, il faut donc chercher l'arbitre au-desc sus de toutes les influences.

« Cela serait-il impossible ? y>

—Oui, Monsieur; parce que c'est absurde. Vous voilà réduit à proclamer implicitement : que, la justice réelle peut seulement se baser sur la sanction religieuse. Ne soyez pas honteux de cette proclamation ; soyez-en fier, au contraire. Continuez dans cette voie, et vous deviendrez un grand homme.

Voulez-vous un exemple des décrets de l'avenir formulés par M. de Girardin ? Écoutez !

« — TITRE m.

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