‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 65 sur 120 · DES ÉLECTEURS JUDICIAIRES · texte numérisé non relu

DES ÉLECTEURS JUDICIAIRES

« Les élections judiciaires, en France et en Algérie, pour « la nomination du juge de paix de la commune, ont lieu, etc.

« Le candidat, licencié ou docte ur en droit, domine cilié, etc. » {Politique universelle, p. 164.)

— Licencié ou docteur en droit est très-joli !

Vous avez donc un droit national sous la liberté des opinions et même sous la négation du droit? Alors, vous avez un enseignement national, une religion nationale, ou votre droit n'est que celui du plus fort.

Encore une fois : Quel charivari !

Un chapitre porte pour titre : Èé forme pénale.

Et, sous quel critérium, s'il \ÔM plaît? Sous celui de la force ; car, la société ignorante n'en a point d'autre. Et, sous quelle sanction ? Aussi , sous la sanction de la force. Alors, savez-vous ce qui arrivera? Les faibles seuls seront condamnée.

« — Tout malfaiteur dorait alors, dit M. de Girardin, « condamné comme Gain, et comme le Juif-Errant, à inar- « cher toujours, jusqu'à ce qu'il eût trouvé une terre où la « civilisation n'eût pas pénétré.

« Ce serait, dit-on, le supplice de la marque.

« Je ne le nie pas. » {Politique universelle, p. 185.)

— Eh bien ! Monsieur ; cette marque, le pauvre seul en serait stigmatisé; car, sous le règne de la force, le fort n'est jamais puni.

La société actuelle est mauvaise. Vous voulez la rendre atroce. Merci !

« — Je propose, dit sérieusement M. de Girardin, le ré- « tablissement indirect de la peine de l'interdiction de l'eau 9^ et du feu, telle que l'avait instituée la république romaine.»

— Quelle miséricorde 1 et cela pour des malheureux : condamnés parce qu'ils sont faibles ; au nom d'un droit national basé sur la force brutale; et, pour avoir cru M. de Girardin*, leur ayant inculqué : qu'il n'y a ni bien ni mal. D'après le maitre, ils ont cru : qu'il n'y avait que des risques. Ils ont joué, ils ont perdu. Ils étaient pauvres et n'avaient pas de quoi jouer quitte ou double. Cinq cents francs de plus, ils étaient vertueux.

« — Il y avait à Rome, dans la loi Valérienne, dit M. de

« Girardin, une peine qui consistait à être réputé mé* « gBànt. Uû jour ) j'en ai la conviction) sous le régime du « suffrage universel et de la conscience publique fonction- « nant librement comme jury spontané, cette peine sera la « seule qui survivra ; il n'y en aura jamais eu ni de plus « cruelle, ni de plus efficace. »

— Sous le règne de la force, Monsieur, être réputé méchant signifie : être faible et vertueux. Si l'on donne des passeports, sous votre république, j'en demande un. Ce sera le cas de dire : Je voudrais bien m*en aller.

« — Désormais, dit la législation Girardin, le meurtrier « qui aura tué ou tenté de tuer sera condamné au supplice « de vivre, voué à l'exécration universelle. »

{Politique universelle, p. 194.)

— Voué à l'exécration universelle! parce qu'on se sera révolté Contre votre exécrable gouvernement, et que Ton n'aura pas réussi ! Allons I vous plaisantez.

« -^ Sont déclarées infamantes, dit la législation GIfttr- « din, les peines prononcées eh matière criminelle i l'ititéf*- « nat dans la commune-mère; la dégradation civique;* la

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