‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 73 sur 120 · II · texte numérisé non relu

II

. — * Cest : la richesse de chacun^ en proportion du dév«* loppemenl de soq intelligence.

Et, quelle est ensuite la conséquence de la richesse de chacun, mettant chacun à même de posséder tous les développements de Tintelligence?

— C'est, de raisonner ; c'est-à-dire d'examiner : le droit et la base du droit; c'est-à-dire : ce qui doit permettre ou restrdndre la satisfaction de nos passions.

Vous concevez que, si l'ignorance sociale existe encore; c'est-à-dire, si la société ignore encore :

Quelle est la base du droit ;

Quelle <^t la sanction du droit;

Si, l'honnête homme est un sot, dupe d'un sophisme ;

Si, le fripon, hypocrite et adroit, se trouve seul raisonner juste ;

Si, enfin, il existe un autre droit que la force;

Chacun deviendra htpogritk, pour jouir du masque de ta vertu, et, fripon, pour Jouir des fruits de son hypocrisie.

Dans une pareille société, la force aura bientôt détruit un état social, au sein duquel le paupérisme n'aura été qu^un seul instant anéanti ; cet anéantissement, ne pouvant être durable : que, par l'anéantissement de l'ignorance.

Voilà, l'existence du paupérisme; et, l'aliénation du sol, qui en est la source ; parfaitement justifiées. • Auriez-vous la bonté de me continuer votre attention I

Pouvoir justifier : et le paupérisme ; et l'aliénation du sol; était insuffisant au maintien de l'ordre. Il fallait, au contraire, pouvoir conserver l'ordre sans parler d'une pardlle justification, qui, elle-même, eût été essentiellement anarchique : en ce qu'elle eût été un aveu de l'ignorance sociale; et que cet aveu peut seulement être fait utilement, lorsqu'il est devenu socialement nécessaire.

Alors, qu'est-ce qui devait arriver, nécessairement?

Si I(;3 masses avaient examiné le droit social, elles auraient vu qu'il était basé sur le paupérisme, c'est-à-dire^ sur uns

injustice y si cette injustice n'eut pas été elle-

MÉlfE ItÉCESâÂlRË A L*EÎISTENCE DE L'ORDRE, tiE

«0G14LE t ce qui rendait l'injustice du paupérisme, la jus^ tiâs rétative à l'épocfue.

Alors^ pour que la société pût ne point périr, il fallait donc ; mnpécher que lèâ masses pussent examiner.

— M'avez-vous suivi? Est-^ce parfaitement clair T Comprenez-vous, maintenant, comment l'injustice absolue, peut être la justice relative à une époque? Continuons, j'atn^e à eroire que vous resterez attentifs.

— Et comment empocher les ma&rses d'examiner ?

— En établissant, et faisant accepter par l'éducation : une toi relative au droite qm^ sous peine de mort, défindtt l'exa-^ men, la discussion du droit. Voilà pourquoi : et Socrate; et

le Christ ; et tant d'autres ; ont été mis à mort. C'était le seul ' moyen possible d'avoir de l'ordre ; et, ce seul moyen possible a été universellement adopté. Toute société, qui'eii a négligé l'emploi, a toujours bientôt péri : sous les coups d'une société qui n'avait point commis la même imprudence. A cet égard, l'histoire est sans exception : sans exception, ne* l'oubliez pas. Aussi Platon, l'oracle commun, et des théologiens et des philosophes, déclare : que l'inquisition pouir la foi, est lésine quâ non d'ordre social. De Maistre n'a fait que le copier, quasi textuellement. Et M. Guizot, bien certainement à son insu, ne fait que traduire, et Platon et de Maistre, en s'écriant : « Le travail est une garantie^ efficace « contre la disposition révolutionnaire des classes pauvres. < La NÉCESSITÉ INCESSANTE du travail est le côté abui-c RABLE de notre société. Le travail est un frein.

Jamais la nécessité de baser l'ordre sur le paupérisme n'a * été mieux exprimée.

Mais, il vient une époque^ où l'examen ne peut plus étfe comprimé. Cette époque est celle où la presse se trouve indestructible.

Alors, qu'arrive-4-il, et nécessairement?

Que, sous peine d'anafchie, sous peine de mort sociale,

Pignorance doit disparaître ; c'est-à-dire : que la for€E ne pouvant plus être : ni le droit; ni la sanction du droit; il faut : que le droit réel apparaisse ; ou que la société périsse;

Que, le paupérisme; que, le prolétariat; que, tout esclavage quelconque, doit être anéanti ;

Que le sol doit appartenir à la propriété collective.

Et, comme nous n'avons à nous occuper ici que de Ta^ néantissement du paupérisme, en supposant Tignorance sor ciale anéantie ; et, que l'anéantissement du paupérisme tient essentiellement à l'entrée du sol à la propriété coUeclive; c'est donc exclusivement de cette entrée que nous avons, ici, à nous occuper :

En effet :

Tant que l'examen peut être socialement comprimé, c'est de l'existence du paupérisme, c'est-à-dire du maintien de l'aliénation du sol, que la société doit s'occuper. Mais, du moment que, par l'incompressibilité de l'examen, le paupérisme, le prolétariat, tous les esclavages possibles, sont devenus des causes d'anarchie ; c'est, de l'entrée du sol à la propriété collective, que la société doit spécialement s'occuper; et, elle doit s'en occuper toute affaire cessants.

Rappelons-nous, maintenant, ce que nous avons déjà énoncé : que, l'organisation sociale nouvelle, dont l'essence est d'être basée sur la justice, doit s'accomplir : sans causer une seule injustice.

Mais, comment le sol, qui se trouve aliéné^ peut-il entrer à la propriété collective, sans nuire aux individus qui possèdent le sol?

Ici, je répéterai, et je répéterais mille fois s'il était possible: que, le sol, actuellement possédé par des individus, doit entrer à la propriété collective sans nuire à ces mêmes individus; et, même en faisant leur propre bien-être, par la sécurité que cette entrée doit donner ; non-seulement a leurs propriétés; mais encore à leur existence, continuellement menacée par les révolutions.

Maintenant, arrivons à la pratique. Car, tout moyen d'organisation sociale, qui n'est point immédiatement pratique, sans inconvénient, sans reproche rationnel possible, est

ABSOLUBIENT MAUVAIS.

Ainsi, et, remarquez-le bien, je vous prie; du moment. qu'il sera possible d'adresser un seul reproche fondé au moyea que je présente; du moment même, qu'il pourra être ration^ nellement objecté : que, ce moyen n^est pas absolument unique, absolument nécessaire, qu'il ne doit pas être nécessairement employé sous peine de mort sociale, nous ayons

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