‹ Qu'est-ce que la science sociale? (volume 4)Chapitre 90 sur 120 · RAISON · texte numérisé non relu

RAISON

« — Les tribunaux, continue M. Proudhon, en pronon- « ceraient d'office la dissolution, la non existence» »

— Et, avec juste raison : en tant que société particulière ou domestique. Mais, en iant que société générale, que voulez- vous que puissent y faire les tribunaux, eux-mêmes sujets du souverain? Vous voilà relo^ri^ dans la question mère. Quel gâchis! El, d'où vient ce gâehifs? De Tassimilalion : du souverain aux sujets; de la société générale, renfermant tous les individus, aux sociétés particulières n'en renfermant chacune que quelques-uns; de la propriété collective enfin, appartenant à tous, aux propriétés individuelles appartenant à tels ou tels (1 ).

oc — Ainsi encore , continue M. Proudhon , un acte de

« société dans lequel les contractants ne stipuleraient aucun

« apport, et qui, tout en réservant pour chacun le droit de

« faire concurrence à tous, se bornerait à leur assurer réci-

« proquement et le travail, et le salaire, sans parler ni de la

« spécialité de Texploitation , ni des capitaux, ni des intérêts

« et des profits et pertes; un pareil acte semblerait contra-

« dictoire dans sa teneur, dépourvu d'objet, autant que de

« raison, et serait, sur la plainte du premier associé réfrac-

« taire, annulé par le juge. y>

— Et, encore avec juste raison, eu tant que société parti-

(4) Rien, dit M. Arago^ D^est plus dangereux;^ daos les sciences^ .qae les ASSIMILATIONS. CouTS d'<istronomi&, ^ février 4845.

culière ou domestique : parce qu'une pareille association ne peut être que générale , établie par le souverain ; et , qu'une société sujette doit lui être soumise. Mais, comme société générale, dérivant de Tautorité réelle, ce serait différent. Vassociation mutuelle, dont M. Proudhon vient de parler, est relative : à la domination du travail sur le capital; à la domination de l'homme sur la richesse; est relative à la souya*ainelé de la raison dominant la force. Et, cependant, encore est-elle basée, quant à la matière, sur le capital collectif. Mais, la raison ne peut être souveraine, ne peut dominer la force : d'une part, tant que dure Tignorance sociale sur la réalité du droit; d'une autre, tant qu'une force quelconque peut être la base d'un ordre plus qu'éphémère. Et une force brutale, ou même masquée de droit, peut toujours dominer : tant qu'une anarchie, toujours croissante, ne vient point rendre le règne de la vérité absolument nécessaire. C'est, seulement alors que l'harmonie entre le socialisme et l'individualisme devient possible.

« — Des eonvonlions ainsi rédigées, continue M. Proudhon, c ne pourraient donner lieu à aucune action judiciaire. y>

— Toujours, avec juste raison : parce que : disposer des .propriétés individuelles, possédées selon la loi, ce serait anéantir toute propriété individuelle; faire du communisme absolu; de l'anarchie, ou plutôt de l'absurde.

Je viens de prononcer le mot communisme. C'est encore là une expression indéterminée, source, d'une logomachie effroyable d'où dérivent actuellement toutes les anarchies possibles. Il est temps de dompter cette hydre; et, d'en faire jaillir la vérité au bénéfice de tous.

Le communisme absolu est un idéal absurde, qui ne reconnait aux individus aucune propriété particulière, pas même celle du pain qui se trouve déjà dans l'œsophage; et, conduit ainsi, à la plus dégradante promiscuité. Cet absurde, si bien décrit par M. Proudhon lui-même, n'a jamais été professe par qui que ce soit au monde, pas même par le rêveur

PlatoD. Cependant, en dehors du communisme absolu, ou évidemment absurde, il n'y a de possible : que, des organisations de propriété, plus ou moins bonnes, plus ou moins mauvaises.

Disons, maintenant, pour élucider cette question, dont leB passions se sont emparées, que l'on a donné :Je nom de communistes à ceux qui croient que la propriété collective doit être la plus grande possible et les propriétés individuelles les plus petites possible, sous la condition de porter rex(diation au travail, la production, la consommation et leUeo*êtro de tous et de chacun, au marnnum possible ; et le nojm Ae propriétaires, ii individualistes, à ceux qui croient que les propriétés individuelles doivent être au maâ7Ïmt(m possible et la propriété collective au minimum possible. Il arrive ici, ee qui arrive toujours lorsqu'une question sociale est longtemps débattue. C'est, que les deux partis ont chacun raison, selon le point de vue d'où la question ee trouve considérée. Tant que l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, n'est point anéantie; les propriétaires, qui sont des communistes sans le savoir, puisqu'ils reconnaissent une propriété collective, ont raison : parce que leur système est seul compatible avec l'existence de l'ordre; et,- peut seul procurer l'ordre, tant que l'examen peut être socialement comprimé. Du moment que cette compression devient impossible, les propriétaires, les individualistes ont tort, et les communistes n'ont pas en* core raison ! Car leur système est incompatible avec l'existence de l'ordre, tant que l'ignorance sociale sur la réalité du droit et sur l'inévitabilité de sa sanction, n'est point anéantie.

Dès, ensuite, que l'ignorance sociale se trouve anéantie; les communistes, qui sont des propriétaires sans le savoir, puisqu'ils reconnaissent des propriétés ^individuelles, ont raison t parce qu'alors leur système est seul compatible avec l'existence de l'ordre.

Le fait est : que, communisme absolu et individualiême ahsolu, sont également absurdes ; que, l'individualisme, en donnant ce nom au système qui restreint la propriété collée*

tive au minimum possible, est seul capable de servir de base à rexislence de Tordre, tant que l'ignorance sociale, sur la réalité du droit, n'est point anéantie et que l'examen peut être socialement comprimé; que, le communisme, en donnant ce nom au système qui étend la propriété collective au maximum possible, est seul capable de servir de base à l'existence de Tordre; dès que Tignorance sociale sur la réalité du droit, se trouve anéantie; et, qu'en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité de l'examen, les systèmes individualistes et communistes sont également anarchiques (1 ).

Nous avons cru ces explications nécessaires sur l'expression communisme, dont chacun, malheureusement, se sert sans y attacher de valeur déterminée et ne renfermant rien d'absurde. Nous prions les journaux de tous les partis de vouloir bien les répéter, et les corriger s'il y a lieu. Nous considérerions leur silence comme une adhésion tacite. Cette discussion sera plus utile : que, toutes celles sur des solutions, actuellement toutes également incompatibles, avec Texistence d'un ordre plus qu'éphémère.

Dans notre prochain chapitre, nous reviendrons sur les associations particulières ou domestiques. Il y a encore là une source continuelle de logomachies.

(4) Ce passage a déjà été placé au 1«' volume, cliap. m. Nous le répétons. Nous Youdrious pouvoir le répéter encore.

a Si tous les docteurs de la même ville vou- « laient se rendre compte des paroles qu'ils (f prononcent, on ne trouverait pas deux licence ciés qui attachassent la même idée à la même a expression.. . vous m^objecterez que si la chose <c était ainsi; les hommes ne s'entendraient ja- « mais. Aussi en vérité ne s'entendent-ils guère ; « du moins je n'ai jamais vu de dispute dans

« LAQUELLE LES ARGUMENTATEUHS SUSSENT BIEN <r POSITIVEMENT DE QUOI H S* AGISSAIT (1). »

YoLTAiRE. Lettres chinoises et indiennes»

« Rien n'afELige la dialectique comme l'usage <c de ces mots vagues qui ne présentent aucune

« idée CIRCONSCRITE. » •

De Maistre. De VÈgl. gaUic, p. 347.

(( On dit des gueux qu'ils ne sont jamais hors « de leur chemin; c'est qu'ils n'ont point de dece meure fixe. Il en est de même de ceux quibis-

« PUTENT SANS AVOIR DE NOTIONS bÉTERMINÉBS. »

Voltaire. Pensées et Remarques,

« — Des gens qui se diraient associés de tout le monde, « continue M. Proudhon, seraient considérés comme ne Té- « tant de personne. »

Et, encore une fois, avec juste raison : parce qu'être associé de tout le monde, sans distinction de propriété collective et de propriétés individuelles, c'est supposer l'existence du communisme absolu ; et, cette existence, c'est l'anéantissement de toute association, c'est l'automatisme, c'est l'absurde, selon M. Proudhon lui-même.

ce — Des écrits, conlinue M. Proudhon, où l'on parlerait « à la fois de garantie et de concurrence entre les associés^ « sans aucune mention de fonds social et sans désignation

(4) Ce passage devrait être tracé, en lettres d'or, au-dessus de toute tribune parlementaire.

c d'objet) passeraient pour une œuvre de charlatanisme « transcendental. »

— Et, toujours avec juste raison : parce que la garantie est relative : à la propriété collective établie alors au maxi^ mum possible; à rinstriiclion réelle, alors existante et généralisée; et à la sanction inévitable, alors socialement reconnue ; tandis que la concurrence est inhérente à Tintelligence, à la volonté, et à là propriété individuelle. Nul doute que de pareils écrits ne fussent le digne pendant de la constitution de la valeur.

« — Dont l'auteur, continue M. Proudhon-,* pourrait bien « être envoyé ù Bicôtre, ù supposer que les magistrats con- « sentissent à ne le regarder que comme fou. »

— Je ne suis coupable ni de la constitution de la valeur, ni de son pendant, et je suis dans un cabanon. — (J'écrivais ce passage en décembre 18i8.) — Si M. Proudhon n'était pas de l'Assemblcc constituante, il serait possible que nous fussions dans la même loge : si cependant on ne voulait pas nous livrer en pâture aux lions du désert, infiniment moins à craindre que la crapaudine et autres jouissances algériennes. J'ajouterai qu'il y a pou de semaines (novembre 1850), j'ai eu l'honneur de recevoir la visite, trèspolie d'ailleurs, d'un magistrat pour me visiter de la cave au grenier, sous l'accusation de conspiration, de dépôts d'armes et de munitions. Et, cependant j'ai professé toute ma vie que les conspirations secrètes sont de véritables souricières à nigauds.

a — Et pourtant, continue M. Proudhon, il est avéré, « par tout ce que l'histoire et l'économie sociale constatent, « que l'humanité a été jetée nue sur la terre qu'elle exploite. »

— Ici, je me permettrai de faire observer à M. Proudhon : que, sous ce rapport, l'histoire naturelle en général, et la géologie en particulier, prouvent bien autrement que l'histoire et l'économie sociale.

, Que c'est elle, continue M. Proudhon, qui a créé « tous les 'jours toute la richesse... »

— Créé est trop fort pour le mot propre. Si c'est une* figure, soit. Dans tous les cas, la terre est une richesse incréée par l'humanité. Dès lors, voilà la propriété collective du soi, et les propriétés individuelles résultant du travail, parfailerment déterminées et justifiées.

« — Que le monopole en elle, continue M. Proudhon, « n'est qu'une vue 'relative,' servant à désigner le grade du « travailleur avec certaines conditions do jouissance... »

— Monopole, autre source de logomachie. Le monopole, largement compris, n'est autre que l'expression de la propriété. Mais, il y a monopole relatif à la forcé ; et, monopole relatif à la raison. Tant que la force domine, il ne peut exister que monopole relatif à la force. Quand la raison, par l'anéantissement de l'ignorance sociale, domine nécessairement la force, tout monopole dérive de la raison. Celle-ci donne à M. Proudhon le monopole de sa femme; et nous sommes certains qu'il ne voudrait nullement céder ce monopole à la force. Quant à l'existence des grades, elle n'est autre que la hiérarchie, en dehors de laquelle il n'y a de possible que l'anarchie. Seulement, en époque de force, la hiérarchie est relative à la force; et, en époque do raison, relative à la raison. C'est simple comme bonjour.

a -^ Et que, continue M. Proudhon, tout le progrés « consiste, en multipliant indéfiniment les produits, à en « déterminer la proportionnalité... »

— La proportionnalité se détermine toujours toute seule; elle est le résultat nécessaire de l'organisation de la propriété ; et il n'y en a que deux possibles. Quand la force domine, le sol est nécessairement aliéné. Quand le sol est aliéné, les forts ont le plus possible et les faibles le moins possible. Quand la raison domine, le sol, nécessairement, est entré à la propriété collective. Et, quand le sol appartient à- la propriété collective, il n'y a plus, socialement, ni fot*ts, ni

faibles; et, laproporlionnalitéest nécessairement relative à la raison, au mérite, au travail. Quant au progrès, ileonsiste, en époque de force, à ce que. tout, nécessairement, aijle de mal en pire : afin que la force devienne incapable de servir plus longtemps de base d'ordre ; et que la néceâsltédu rè^e de la raison puisse se faire sentir. Lorsque la raison , domine, le progrès moral devient une sottise : à moins qu'il jfy ait un règne qui vaille mieux que celui de la raison. Une pareille opinion peut exister ù Bedlam. 5

« — C'est-à-dire, continue M. Proudhon, à organiser le « travail et le bien-être... »

— Le TRAVAIL, c'est-à-dire les travailleurs, c'est-à-dire l'humanité, s'organise toujoitîrs nécessairemBut : en époque d'ignorance, par la force; et, quand la force ne peut plus être base d'ordre, l'ignorance s'évanouit nécessaireqaent. Alors, la raison domine : et, le travail, ou les travailleur^, ou l'humanité, s'organise rationnellement. C'est, encore simple comme bonjour. Quant aiu bien-être, il n'est, s^ôcialement parlant, autre que I'oRdre, vie sociale, à laquelle tout, ABSOLUMENT TOUT, doit êtrc.soumis : salus popuU ultima lex, esto. En époque d'ignorance ou de nécessité de force, ce bien-être, l'ordre, ne peut exister que par l'exploitation des masses au profit des minorités : tant que l'examen peut être comprimé. Quand l'examen devient incompressible; et, que l'ignorance sociale dure encore; te bien-être devient une impossibilité. C'est cette même impossibilité qui fait évanouir l'ignorance et dominer la raiwn. Alors, l'ordre ou le bienêtre, c'est l'abs'fence de toute exploitation. C'est encore simple comme bonjour!

a — Et le bien-être.M continue M. Proudhon, par la div^ « sion, les machines, Tatclier, l'éducation et la concurrence. « L'étude la plus' approfondie des phénomènes n*aperçoit « rien au delà. »

-^ Il est certain : qu^en dehors de l'oindre et du désordr^^

il n'y a rien socialement. Mais, quelles sont les lois de Tordre, et quelles sont les causes du désordre? voilà ce qu'il faut exposer, clairement et incontestablement, dès que l'examen est dçvenu socialement incompressible : sous peine d'anarchie ou d'agonie sociale.

« — D'aulrc part, continue M. Proudhon , il est évident « que toutes les tendances de l'humanité et dans sa polilique « et dans ses lois sont à l'uni vcrsalisation... »

— Est-ce à cause de cela que M. Proudhon veut : conserver les nationalités, et anéantir toute autorité : ce qui est la diversification à l'infini? D'ailleurs, l'humanité, au propre, n'est pas un être et n'a de tendance qu'au figuré. L'humanité, socialement considérée, o))cit aux nécessités sociales. Il y a trois nécessités sociales, et les voici : en époque d'ignorance et de compressibilité d'examen, I'exploitation des MASSES, conséquence nécessaire du règne aussi fiécessaire de la force ; en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité d'examen, Tanarchïe, conséquence nécessaire de l'impossibilité d'avoir plus longtemps de l'ordre par la force, et de l'impossibilité d'en avoir déjà par la raison ; en époque de connaissance, I'absence de toute exploitation, conséquence nécessaire du règne de la raison.

« — C'est-à-dire, continue M. Proudhon, à une transfor- « mation complète de l'idée de société, telle que nos codes tt la déterminent. » {Système des contradictions, ch. vi.)

— Et nos codes déterminent des associations de capitaux et non d'individus. Est-ce là l'idéal de M. Proudhon?

Après cela, M. Proudhon s'amuse à donner des chiquenaudes à M. Louis Blanc. M. Proudhon n'avait rien à faire.

J'ai beaucoup d'estime pour le caractère, les intentions, le talent d'historien, et surtout les services de M. Louis Blanc. J'en ai peu pour sa théorie d'organisation sociale, actuellement oubliée par ceux qui sont capables de la juger. Je n'ai pas l'honneur de le connaître très-particulièrement. Mais, un de nos amis communs (Guinard) m'a assuré que c'était un

cœur d'or; et j'ai beaucoup de respect pour les cœurs qui ont la pureté de ce métal*

Revenons aux associalions.

Nous l'avons dit ailleurs, et nous le répétons ici :

« Il y a association entre tous pour le plus grand bien-être « de tous; et association entre les forts pour le plus grand « mal-être possible des faibles. La première espèce d'as- « sociation n'est possible que lorsque la dernière n'est plus « possible; et, la dernière est seulement impossible, lors- « qu'une longue anarchie a fait sentir ^ socialement, \'d néces- « site d'anéantir l'ignorance sociale, qui seule rend le règne « de la force absolument nécessaire. »

Sortez de là, il n'y a de possible : que logomachie ou galimatias.

Le passage que nous allons critiquer est de M. Louis Reybaud.

« — Qu'on n'affecte plus, dit-il, autant de souci pour les « hommes qui vivent du travail de leurs mains »

— Il est possible, Monsieur, que vous ayez fort peu de souci pour eux; mais peut-être serait-il bon d'en avoir pour vous-même et pour les vôtres. Croyez-vous que : lorsque ces hommes, pour lesquels vous avez si peu de souci, finiront par avoir soin d'eux-mêmes, et cela au sein de l'ignorance, ils auront aussi le soin de ne vous faire aucun mal? Quand la force des faibles vient à triompher sous le règne de la force, ils mettent les jadis-forts à leur place. Cela vous convient-il ?

« — Ils trouveront leur route d'eux-mêmes ^ continue « M. Reybaud. y>

— C'est vrai. Monsieur. Mais, si vous ne leur montrez point la bonne route; et, si vous n'avez soin de vous y mettre; ils vous rencontreront sur la mauvaise. Et comme, ainsi que vous allez le dire, ils ont pour eux le nombre, c'est à-dire la force, ils vous y écraseront, vous et les vôtres.

« — Ils ont de leur côté la patience et le nombre, con-

< continue M. Reybaud. Quand ils y joindront l'esprit d

a prévoyance et de conduite »

— L'esprit de sage prévoyance et de bonne conduite ei incompatible avec l'ignorance. De votre côté, vous avez soi de leur inculquer l'esprit de leur force et de l'injustice qu'il subissent. Avec cela, $oyez tranquille, ils feront du chemin Est-ce pour le leur avoir enseigné que l'Académie des sciences

morales et politiques vous a appelé dans son sein? Hélas c'est précisément ce chemin qui devrait vous donner quelqu souci. Vous croyez faire de l'égoisme, en ne pensant 4^s eux ; et votre égoisme n'est que de la folie*

a — Toute société, continue M. Reybaud, devra compter « aveô eux. »

— Et, tant qu'il y aura des sociétés, c'est-à-dire des NATIONALITÉS, le résultat du compte, en présence de l'incompressibilité sociale de l'examen , sera toujours l'anarchie. Vous avez donc un bien grand amour pour l'anarchie! ce n'est cependant pas déjà si aimable.

« — On parle d'association, conlinue M. Reybaud, de « formule d'association »

— C'est vrai. Monsieur; comme les aveugles parlent des couleurs; ou les sourds de la musique ; ou les métaphysiciens de l'âme. Voyez ce que c'est que l'indétermination des expressiqns ! Voilà plus d'un siècle que l'on parle A* association ; et personne ne s'est encore occupé dé' donner à cette expression : un sens déterminé; et, ne renfermant rien d'absurde.

Déterminons !

— Qu'est-ce qu'une association?

— C'est une assemblée d'hommes unis dans un but.

— Qu'est-ce qui caractérise l'espèce d'association?

— Les conditions de l'association.

— Quel nom donne- t-on à l'ensemble des conditions?

— Organisation,

— Combien y a-t-il d'espèces d'organisation ?

•~ Deux, exclusivement deux : domestique et sociale* "^* Et quelle est la base, exclusivement la base de toute organisation?

— La sanction.

— Et, une organisation, privée de sanction, a*t-eUe une valeur pratique?

— Absolument aucune.

— Quelle est la sanction de toute association domestique?

— La sanction sociale.

Voilà toute association domestique éliminée de toute domination sociale; et, même de toute influence sociale : comme

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