A MONSIEUR L'ARCHEVÊQUE DE PARIS
« J'accorde aux gouYernemenU pins de pou- H Yoir, peut-être, qu'ils n^endemaj^dent; maifl « je ne saurais leur reconnaître celui d'inter- « dire la discussion grave et sérieuse, sur quel- « qu'objet que ce soit d'ordre public. La vérité (( est le premier bien des hommes^ le plus sûr <f fondement des Etats; nous ne sommes ici-bas « que pour la connaître, et nous n'avons pas « d'autre moyen de la découvrir que de la cber- « cher. » BoNALD.
Saint«Blandé,4«' novembre 4851 (4).
Monsieur ;
Placés aux deux extrémités du monde intellectuel, la science et la foi, comment est-il possible que ce que je dirai, puisse, même après lecture, parvenir jusqu'à votrepropre jugement? Puis, tout en supposant que celte communication in« ^ teilectuelle se réalise, comment est-il possible qu'il puisse en résulter une utilité sociale? Voilà deux questions que je vais essayer de résoudre; et voici, en outre, pourquoi j*ose vous . adresser cet essai.
J'ai eu rhonneur de vous envoyer les premières livrai-
(1) Le retard apporté à l'impression de ce volume^ a empêché que cette lettre ne parftt à l'époque où elle a été écrite. Je crois néanmoins devoir lui conserver sa date.
sons de ce travail. L*eslime que vous inspirez, et l'immense portée que pourrait avoir votre concours à la régénération sociale, m'ont fait désirer vivement : que, vous voulussiez bien y jeter un coup d'oeil. Il me paraissait, contre l'avis de tous les miens , que vous seriez le premier, et peut-être le seul pendant longtemps, qui répondriez à mon appel. Je ne me suis point trompé. Peu après l'envoi de ma seconde livraison, j*ai reçu, de M. votre secrétaire général, la lettre suivante :
ArchcYéché de Paris. Paris, tl août 4854 .
« Monsieur,
c Je m'empresse de vous accuser réception des deux pre- « mières livraisons de votre ouvrage intitulé : socialisme c RATIONNEL. Mouseigneur me charge de vous en remercier « bien affectueusement^
€ Malgré la multiplicité des affaires de son administration, c lAonseigneur a déjà lu la première livraison. Il regrette « que le sens de plusieurs passages de son Mandement n'ait c pas été complètement sa\^i par vous; mais, ce qui l'a tou- « ché, c'est le ton de parfaite convenance et de sincérité qui « règne dans votre polémique.
« Quant au fond de votre système, lorsqu'il aura acbevé « la lecture de votre livre, 11 vous dira ce qu'il en pense, si « vous voulez en conférer avec lui.
c En attendant cette conférence, je pourrai moi-même c vous dire les réflexions que la lecture de ces premières « pages nous a suggérées.
« Je Joins mes remercîments à ceux de Monseigneur, et c je vous prie d'agréer. Monsieur, Tassurance de mes senti^ « ments distingués.
« Le secrétaire général,
< {Signéj COQUAND. >
Merci, Monsieur, mille fois merci, pour avoir osé me
adresser cette réponse! Il a fallu, de votre part, bien du com rage pour le faire. Permettez-moi d'ajouter : qu'il en a feliu aussi chez moi, pour m'adresser à vous. Si, chez les réac-^ tionnaires, on ne peut, en général, s'imaginer qoe^ cliez les révolutionnaires, il puisse y exister bonne foi et dévouement envers l'humanité ; il en est malheureusement de même, aus^i en général , chez les révolutionnaires envers les réaction- ' naires. Et, cependant, il est partout des hommes de bonse* volonté; et, votre législateur, comme aussi la raison, éter* nelie législatrice, disent également : paix aux hommes vê