SOCIÉTÉ
— El vous croyez; que de pareilles prédications, dont, en présence de Fincompressibilité de l'examen , tous les efforts faits pour les étoulTer ne font qu'augmenter l'énergie, sont compatibles avec rexistence de l'ordre! Délire ! délire! mille Ibis délire!
Ten dirai autanl du passage suivant de M. Proudbon.
« — La liberté^ pour le prolétaire, c'est, dit-il, la faculté « de travailler^ e'est-à-dire de se faire spolier encore, ou de c ne travailler pas, c'est-à-dire de mourir de faim. >
— Te! est, je raccorde, le résultat inévitable de la réparfitiao actuelle des richesses. Mais, en quoi consiste la r^r- Btion de la société future? voilà ce qu'il fallait dire. Vous ^oj€zun mourant endormi. A quoi bon le réveiller, si vous n'avez un remède à luidonner?
« — Malgré les discours plus ou moins ofGciels des gens « phis ou moins sérieux (il nous semble que Ton abuse un « peu de cette lourde épithète), il est un fait hors de toute « discussion — à savoir : que jamais les classes laborieuses ■ de la société n*ont été plus malheureuses. >•
(M. E. Sue.)
— Cesl vrai , malgré les étourneaux qui gazouillent le coatraire. Mais, ne serait-il pas d'un homme sérieux de chercher à remplacer la concurrence impitoyable, que M. Eu-
gène Sue donne comme cause de la répartition actuelle des richesses, et qui n*en est que l'effet, par une autre répartition des richesses, dont l'effet serait une concurrence rationnelle? Car enfin, il est aussi un fait hors de discussion — à savoir : que, hors la concurrence, la liberté est on mot vide de sens.
i( — Les hommes prétendus sérieux , dit encore M. Euc gène Sue,
« Préfèrent attendre le moment où la question sociale écla- < tera comme la foudre... Mais... au milieu de cette effroyable <c commotion, qui ébranlera le monde, on verra ce que dec viendront les questions sérieuses et les hommes sérieux de « ce temps-ci. »
— Certes, il est très-bien de dire à ses frères qu'ils sont malades, et il est inieux de consacrer ses veilles à le leur prouver. Mais, si vous leur présentez un remède qui ne sott pas sérieux; si la confiance qu'ils ont en vous augmente leur mal ; si la croyance que vous avez découvert et la cause da mal et son remède les empêche de rechercher et la cause réelle et le remède réel , n'étes-vous pas aussi réprébensible que ceux que vous blâmez?
Si, relativement à la répartition actuelle des richesses, il est dangereux et même nuisible d'inspirer de la confiance en de mauvais remèdes, il ne l'est pas moins d^nspirer le désespoir; et c'est ce que nous reprochons au passage suivant.
« — Nous savons bien, comme le dit H. Morin, qu'il n'y <c pas égalité complète entre le patron et l'ouvrier. Nous sa- « vous bien que l'ouvrier isolé , qui ne représente que le c besoin du travail sera toujours dominé par le patron qui « représente la puissance du capital. Oui , cela est regrette table sans doute, mais il faut bien reconnaître aussi que