‹ Qu'est-ce que la science sociale?Chapitre 11 sur 36 · CELA EST DANS LA NATURE DES CHOSES · texte numérisé non relu

CELA EST DANS LA NATURE DES CHOSES

(M. E. DE GiRARDiN, 13 novembre 1849.) — S'il est dans la nature des choses que le capital domine

Ir iravail, loat développement de Tintelligenee des masses, ayant pour but de découvrir le mal social, est un crime. Car alors, le désespoir u*a qu'une issue, le massacre et le pillage : pour mettre les riches à la place des pauvres; et, les pauvres i la place des riches. C'est le règne exclusif de la force brutale, c*est Tanarchie, c'est la mort sociale.

Non, il n'est pas dans la nature des choses que le capital domine le travail; mais seulement dans la nature de Tignoraoce sociale, et seulement pour autant que l'examen peut rcre comprimé; pour autant que la répartition actuelle des richesses peut être base d'un ordre plus ou moins durable.

Mais ayez donc un ordre plus qu'éphémère, en présence et l'incompressibilité de l'examen, lorsque d'une part Malvous dit :

« — Que chacun, en ce monde, K^ponde de soi et pour « soi. Tant pis pour ceux qui sont en trop ici-bas! On au- « fait trop à fiiire, si on voulait donner du pain à tous ceux « qui crient la faim ; qui sait nh>me s'il en resterait assez « ponr les riches. »

— D que d'un autre côté, M. Duchàtel , ministre, vous dit:

« — Sous le point de vue de l'économie politique, la créae tion du délit de mendicité conduit aux plus graves consé- « quences. Pour avoir droit de punir le mendiant, il faut que i l'Êtai garantisse la subsistance à quiconque manque de • pain, et donne du teâtail à tocs les ouvriers auxquels € tininstriê a'ea fournit pas. •

~ Voilà M. Duchàtel auteur des Tuileries transformées en hospice, et du droit au travail décrété en 1848.

Lrs propositions de Malthus et de Duchàtel sont également atopiques vis-à-vis de l'homme pratique ; et, cependant, sou.^ Il répartition actuelle des richesses, il n'y a de possible cotre les deux : que le despotisme conduisant à l'anarchie; •iranarcbie conduisant au despotisme.

Cest qu^en époque d^igDorance sodale sur la réalité du droit, et en présence de l'incompressibilité de Texamen, alors où la véHté même ne peut encore éîre qu'un préjugé, il n*y a de possible en fait de mouvement social, que des oscillations entre le despotisme et Tanarchie. C*est seulement lorsque tout préjugé social a disparu , lorsque la vérité sur le droit est rendue incontestable vis-à-vis de tous et de chacun^ qu'un ordre durable peut exister. C'est seulement alors qu'il y a harmonie entre la répartition des richesses et le droit dé* montré.

« — Les fautes d'un temps, dit Bonald^ sont la dtiite « ùèligée des erreurs d'un autre) et les hommes appellent « souvent bien, ce qui n'est en soi, et aux yeui de l'ÉTEi^ c N£LLE RAISON, qu'uu état provisoire de moins mal, qui

< prépare de loin à l^élat PEiuîiÂNkNt, qui ne pelii être que « le vrai bien. V

— Serai-Je dontf toujours obligé de répéter, et cela inutilement, cette vérité si simple, si évidente, si incontestable: qu'en époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit, et en présence de l'iiicoihpressibilité de Texamén, ioiit ordre social plus qu'éphémère est absolument impossible? Hélas! H. Guizot aVâit bien raison de dire :

« — 11 y a des vérités sitaples (Jue personne ne conteste, « qu'adoiet soudain le bon sens, et ()U1 cependant iie semc bleût admises que pour être aussitôt oubliées^ On dirait « que parce qu'elles sotit ^itnples, elles sont ^téHles, et qu'en

< les adoptant sans débat, on est dispensé dé faîi^ attention « h leurs conséquences. •

— Hélas! comment M. Guizot n'a-t-ilpas compris: qu'en présence de l'incompressibilité de l'exâttieh, l'ilieonlpatibllité de rordi*e, en présence du paupérisme, étAlt Une vérité qu'il nb devait pas laisseï^ stérile?

« — On agite des questions sans nombre, dit H. de La- « mennais. Qu'on y regarde de près, on verra qu'elles se

• rMoisenl é cette du gouverneur romain : Qu'est-ce que la « 9ériléf »

«- C'ert f rail Mais, Tépoque ob celte question peut être Mle^mis qu'il y ait unanimité sociale Sur la réponse, qu'elle «il keaée sur une foi commune ou sur la science rendue com- ■iMi est précisément l'époque d'ignorance sociale et d'à- MrcMe nécessaire. Voilà encore utie de ces vérités simples fii dait être placée parmi celles dont M. Guiiot a déploré le ■albMreiii sort.

à propos de la répartition des richesses^ remarquons que eÉtahd se divisent en deux parties t^sentiellement distinctes : k preaiére, matérielle^ est la richesse proprement dite, la iWMae échangeable; la seconde est la richesse flgurément iile, la richesse intellectuelle, l'éducation et l'instruction. kmarquons en outré : que la richesse flgurément dite ou inicttectuelle est nécessaires soit pour acquérir, soit pour cou- Mriif la richesse matérielle ; et que, à ce point de vue, elle éiM oceiper le premier rang quant A l'utilitéi Eh bien ! cette ridnseï en époque d'ignorance sociale et d'incompressibi- Bié de l'examen , ne pedl être Socialement répinie t pat* reicdiente raison que la société, précisément à cause de l'i- Ciaranee sociale, ne peut distinguer, dans cette richesse: fielle est la bonne ; quelle est la mauvaise. Il en résulte : que, cette même richesse ne peut être que domestiquement répirtiesous peine de despotisme; qu'alors, elle est nécessai- Kaent répartie proportionnellement à la richesse matérielle des familles; ce qui est essentiellement anarchique, toiyours ^ pK*sence de l'incompressibilité de l'examen.

« — La loi, dit M. Cousin, déclare tout citoyen admis-

• rible aux emplois publics; mais on n*y parvient pas sans

< capacité; car la capacité suppose réducation. Il ne sufOt

< pas de dire : la société vous laisse le champ libre; il faut,

< QuianI quepoisibUj qu'elle fournisse les moyens de le par-

• courir. •

*- Autant que paisible, est trés-joU! Mais en époque d*i-

gnorance sociale sur la réalité du droit et d'incompressibilité d'examen, ce que demande H. Cousin est absolument impossible : d'abord parce qu'à cette époque, il n'y a pas d'instruction proprement dite sur le droit, mais autant d'instructions que d'individus, et divergeant entre elles comme les rayons de la lumière matérielle. Ensuite parce que même en bornant la répartition de cette richesse à l'éducation, celle-ci, toujours en présence de l'ignorance sur la réalité du droit et de l'incompressibilité de l'examen, ne peut pas plus être tin^, socialement, que l'instruction elle-même. Supposons en outre que vous veuillez borner l'éducation aux sciences physiques et aux arts mécaniques. D'abord, sous la répartition actuelle des richesses, cela vous sera impossible au point de vue des finances nationales; ensuite cette éducation, dont la base est d'apprendre à lire, rend actuellement une nation ingouvernable, ainsi que nous l'a fort bien dit H. Michel Chevalier, excellent juge en matière d'économisme.

Voilà donc la plus utile des richesses nécessairement répartie en raison des forces domestiques de chacun. Vous imaginez-vous que ce soit là un moyen d'ordre, en présence de l'incompressibilité de l'examen ?

« — Tous les enfants des citoyens, dit Charondas, lé- « gislateur de Thurium , près de huit siècles avant l'ère « chrétienne, apprendront à lire et à écrire sous des maîtres « payés par le trésor public. »

« C'est par l'écriture que s'exécutent les choses les plus « utiles à la vie, les scrutins, les lettres, les testaments, l'ins- « titution des lois, et tous les devoirs de la société. »

— Mais, il était bien entendu : que, les enfants des non citoyens, ou les esclaves,'ne sauraient ni lire ni écrire. El, alors l'examen était compressible, l'éducation et l'instruction pouvaient être une et harmonique nationalement. En voici la preuve :

o — Tous, sans exception, dit Zaleucus, législateur de « Locres, honoreront les dieux du pays, suivant les rites

• ordoQoés par 11 loi. Ils regarderont ces dieux comme les

• plus resptclables de tous. »

(Déclaration des devoirs du citoyen.)

— Et vous concevez que Charondas et Zaleucus n'étaient pn boBBes à dire des lois sans être certains qu'elles rece- TraiCQl une sanction suffisante.

Aristote dit aussi :

« — Tous les membres du corps social ont une mémo

• ÛD. L'éducation doit donc être une et la même pour tous.

• D*où il suit qu'elle doit être publique et ne peut être parti- > coUére. Malheureusement celle-ci a prévalu de nos jours. « Od isole les enfants, on les instruit à l'ombre ; chaque

• péfe ne consulte que ses vues et ses goûts. Cependant ce

• qui est commun à tous doit être appris en commun : un « dloyen n'est pas à lui, mais tous appartiennent à la cité. « Chaque individu est un membre du corps social, et l'édu-

• cation de la partie doit être en rapport avec le tout. > «,. •••

t La loi doit donc fixer un mode d'éducation, et cette

• éducation sera commune. »

— Ce n'est pas tout que de vouloir une bonne chose pour que l'ordre puisse exister, il faut encore que cette chose soit possible. Toute éducation publique ne peut être basée : que ^r une foi commune; ou que sur la science rendue com- Buoe. Or, la science n'existait ni du temps de Charondas, ni du temps de Zaleucus, ni du temps d*Ari$tote, ni du nôtre ; ^i toute foi commune n*u de base possible qu'une inquisilion. Depuis Charondas, homme pratique, jusqu'à Aristote, boame llH^orique, il s'était écoulé trois sit'clc^s ; et la philo- ^pbie, dont Aristote était dev(*nu le chef matérialiste, avait ^ngulierement affaibli l'inquisition, mnl;;ré les efforts que ^n Battre Platon avait faits pour la restauror : en la d<>clafini seule basi* d'ordre possible, ce qui était vrai pour son ipoque.

|)u teqtps d'Aristote, |*é(li|patioD eoii|mune était donc déjà impossible.

Voulojr qqe |*é(lDpation soi| publique, en époque d*anarcbie, est aussi insensé : que de vouloir qu'elle ne le soit pas, en époque d'ordre réel.

Je termine ee chapitre en paraphrasant l'épigraphe que j'y ai placée :

« — Nous ne produisons pas trop de science ; mais nous « n'en consommons pas assez; parTe^eellepte raison : qu'en c fait d'qr^re social, noHs n'ep avons miette. >

« Criii qui ont accuRi^ h r^folution «io ne M IMK s'adaiitiT aii\ localité, île no |iaHVAiiiF.ii « a\ec vllc, u*onl pas cumpris I'impossibiutr « i\v% ('iircptions et la nécessite (fune rculc « miFORHE et ABSOLVE (laiis les ^tuicJcn n'*- « forme» »ui'iale«. » II. Thiers.

« Du iniimont que let: Traction!! humanit^iiroH, (I IcH iiatiuualltés sont en cohtact ihbvitable, « <le L'randes réformes i^ocialeit sont uécoii- (I saires.

« Donc : du moment que les nationalités « sont eu CONTACT inévitable, une rè^le lm-

(' FUBME. ABSOLrC, SANS EXCEPTION POSSIULE,

u «levicnt Va nécessite mkiiale. »

CuLixs, Commeniaire.

a Li presse, machine yi os ne pfit pli:s N BBIS1.B, continuera à détruire Taurieu monde, (c juM|n*a rr <|n\'lk' on ait Tormé un nouveau. M (ye>t uni" ^oie rairulée |K)ur W forum tré- M néral des peiples. » Chatsaubbiand.

« Il fallait dire : |K>ur le forum de l'ai^iAa nite. <^r le nouveau monde con^i^to : «Lins « ranéantiski^mcnt du prcple», clan» Tanéau- « tiShemeut des uationalitéh^ |>ar l'auéantisHe- (( mont des droits hy|Kithétique«, |»ar Tétabli»- « àcmeot universel du droit réel. »

Colins, Commentaire.

« Tant qu'on so battra en El bope, reU sera « une guerre rivile. »

L'EHPEBEtB, Saiuto-Hclëue.

¥ Au lieu <le en ErioPK, r\ht au M:io de (* I'hiiiamté, qu'il faudrait dire. »

CoLiks, Commentaire.

M Ui théorie d<-< impôt;* e!»t la ^érilaldo lêa ^iklation du peuple. »

llABOrit DE MlRABCAl .

« Tant quo l'iimoraiioo sociale tur la réalité q du «Irott u\'St |Miint anéantie, toute tliéurie « tendant h. ju«tirur rim|>dt établi, e«t nue H tlieono lie dos|»oti<inc ; et toute théorie, « tonilant à I amelioratitm de rim|>ôt, est une « théorie auarcliii|Ue. »

GuUM, Commentaire.

«IlOQS examiocr rimpùt du poim de vue de U r^r- • rîpbâssas, expression de lu sqciclé icutdle. Pour

le mettre en rapport avec la société future, nous le comparerons aux théories générales de l'impôt et à Torganisation de la propriété, dont ces théories sont Texpression. Elles sont connues de nos lecteurs.

Commençons par Sismondi :

« — La plus grande partie des frais de rétablissement soa cial est, dit-il, destinée à défendre le riche contre le pauvre, « parce que, si on les laissait à leurs forces respectives, le « premier ne tarderait pas à être dépouillé. »

— Ce passage caractérise : et Timpôt de la société actuelle; et la, répartition de richesse qui constitue cette société.

Une pareille répartition de richesse est-elle compatible avec l'existence de l'ordre, en présence de l'incompressibilité de l'examen? Nous adressons celte demande à toyut homme de bonne foi.

L'impôt relatif à la société nouvelle au contraire, est destiné : à établir et à maintenir l'impossibilité du paupérisme, tant moral que matériel; par conséquent : à procurer le plus grand bien-être possible de tous et de chacun. Et cela seul, en présence de l'incompressibilité de l'examen, se trouve compatible avec l'existence d'un ordre plus qu'éphémère.

« — // n'y a pas un sujet, dit M. Thiers, sur lequel la « science économique du temps soit plus courte, plus fausse tt qu*en matière d'impôt. »

— Après avoir étudié les théories générales de l'impôt et de l'organisation de la propriété^ il est facile de concevoir qu'il en doit être ainsi, tant que l'on n'a point reconnu :

4* Qu'il est une époque, celle d'ignorance sociale sur la réalité du droit et de possibilité de comprimer l'examen, pendant laquelle l'impôt, pour que l'ordre soit possible, doit peser exclusivement : sur le travail, sur le travailleur, sur la consommation.

%^ Qu'il est une autre époque, celle de connaissance sociale de la réalité du droit, pendant laquelle l'impôt pèse exclosî-

Tcsenl : sv la richesse, sur la production, c'cst-à-dirc : sur la richesse servant à la production.

3* Qu'il est une autre époque, celle d'ignorance sociale sv la rétiilé du droit ei d'impossibilité de comprimer Texa- Beo, époque existant immédiatement avant celle que nous veooDS de citer, pendant laquelle l'impôt, qu'il soit frappé sur la coDSouimatiou ou qu'il soit frappé sur la production, est égaleoient incompatible avec l'existence de l'ordre.

Tant que ces vérités ne sont point rendues incontestables, ainsi qu'elles l'ont été dans les théories générales susmenliouaées, € il n'y a pas un sujet sur lequel la science écono- • «que doive éire plus courte, plus fausse, qu'en matière « d'iapùu •

c — Le fermage, dit Ricardo, retombe toujours sur le con- € aoBunateur et jamais sur le fermier. »

— Cesl ce que M. Thiers a répété dans les termes suî- ▼aots:

— € Par rimpôt foncier, vous faites renchérir le pain et la € viande du peuple. »

— Cesld^uœ incontestable vérité. Mais, que rimp6t soit smr la terre ou qu'il soit sur le blé, qu'importe au travailleur, dès que, dans l'un et l'autre cas, c'est nécessairement lui qui le paie?

Du reste, l'abbé Haury avait dit à l'Assemblée nationale, avant Ricardo et M. Thiers :

« — Tout impôt sur la terre est un Impôt sur le blé. »

M. Thiers doit s'apercevoir que, quant aux résultats, la Mnence économique n'est pas aussi fausse qu'il se l'imagine. Ce que les économistes n'ont pas compris, ni H. Thiers lui- Méme, c'est quo l'incompressibilité de l'examen est un noutH élément social qui n'a rien d'analogue dans le passé. Et MM. les économistes, et aussi les prétendus socialistes, ont UNÛMrsvMlu chercher, dans le pané, le remède au présent, m. li

Cesl ce que Siéyès l^nr r^prochajf déj^ au poipm^npeTOent delà Révolution.

« -^ Le8 philosophes et les pubiicisies Q*ODt, diuil,^ii lire a l'avenir qup dans le passé; ^t lorsqu'une nouvelle causa a de pepfecUbilité, jetée sur la terre, leur présageait des « ehangements prodigieux parmi les homase^, oe n'est jamais < que vers ce qui a été, qu'ils opt voulu Mgapdep ee qui c pouvait être, ee qui devait être. »

— Voilà encore une de ces vérités qui ^ont i^térilçs, précisément parce qu'elles sont évidentes.

ff '«-[^ iffiPôlS dffcapil^tlQp, 4jt Mf Smitb, par 96 qui i< s'en lève sur les classes inférieures du peuple, sont 4MiV* « pots sur les salaires du travail, et ils entraînent à leqr suite « tous lesinconvénientsqui résultent de celte nature d'impôt. »

— Eh bien ! tout impôt sur la consommation n'est-il pas un impôt de capitation ?

« — Tout impôt sur les choses de consommation, ^it en- « core Ad. Smith, tend à réduire au-dessous de ce qu'elle se- « rait sans cela, la quantité de travail productif. »

— M. Thiers doit voir maintenant que sur ee qui esl vrai, les économistes sont généralement d'aocord entre eux. Ils ne diffèrent que sur les erreurs. Sauf cependant quelques erreurs sur lesquelles ils sont assez d'accord : comme, par exemple, l'utilité de la liberté des échanges entre les naê^ nalilés. Mais ne quittons point notre sujet de vue.

« — On peut af&rmer, dit le prince des éoonomistes (J.- « B. Say), que les impôts sur les consommations spD( le « plus inégalement répartis de tous; et que, dans les na- « lions où ils (lominent, les familles les plus indigentes sopt

a SACRIFIÉES. »

fs- Très-illustre prince! il n'y a de possible, dans la so^ ciélé actuelle, que Timpôt sur le sol, et l'impôt sur les con^ sog^iuatians. MAinian^nti vous dtea teus d'aoaord peur

' ifm rioipàt «ur le sol csl un Impôt indirectament placé sur la coosommalion. Alors, comment voulez-vous que Im iMiillet les plus indigentes ne soient pas sacriliées ? Puis, orayet-vous que le saorifico des familles indigentes, au flooibre de plusieurs millions, suivant M. Thiers, soit corn- 'palîbia avec Texistenoe de Tordre en présence de l*incompiwaîMIilé de Texamen?

Ce sacrifice nécessaire des famillos indigeules est encore exprimé par J.-B. Say, de la manière suivante :

• — n est, dit-il, affligeant de penser, mais il est vrai de

• tfre : que, mémi chex les nations les plus pros- € rtAES, une partie de la population périt tous les ans de « moiif. •

— Et voua voulais je le répète, qu'une pareille organisalioD de propriété, une pareille répartition de la richesse, soit désormais compatible avec Texistence de Tordre! En vérité, é'estdflaroUe!

€ — fTImaginei pas pouvoir faire contribuer les mar- « chiods à Pimp6l, disait le sage Franklin au parlement

• d*ADgleierre; ils mettent TimpAt dans leurs factures. »

(Dàllàrde, Assemblée nationale, 45 février 1791.)

— Voilà tout impdt sur le commerce frappé sur la coniMUMiioa.

8i vous frappez les rentes, le préleur mettra Timpôt dans la constitution de rentes, comme le marchand met Timpèl dais sa facture.

Résumons le Ksultat de la rep^irtitiou actuelle des rickesses, dont le revenu social , que sa source ait le nom d'imp6t ou d'assurance, est Texpression.

Si le revenu social provient du capital agricole, il frappe la eoDSommatioo.

Si le roveou social provieul du capital industriel, il frappa la consommation.

Si le revenu social provient du capital commercial, il frappe la consommation.

Si le revenu social provient du capital domestique, il exige le despotisme le plus atroce, et frappe directement la consommation.

Le seul des économistes qui ait parfaitement compris cette ' vérilé, est M. Thiers. Dans son Traité de la propriété, liv. x, chap. 5, il dit :

« — Quant à la manière dont rimp6t se répartit entre

tt les diverses classes de la société; ce qu'on peut avancer

a de plus vrai, c'est qu'il se répartit en proportion de ce que

tf chacun consomme, par la raison fort ignorée, j'en con-

d viens, et fort peu comprise, que Timpôt se répercute à

« rinfini, et de répercussions en répercussions, devient en

« définitive, partie intégrante du prix des choses. »

— M. Tbicrs a parfaitement raison : l'impôt se trouve toujours dans le prix des choses, et, de ce point de vue, l'impôt, pour la société future comme pour la société actuelle, pourrait être dit, se prélever nécessairement sur la consommalion. Mais il y a ici une petite distinction à faire entre la société actuelle et la société future; et cette distinction, je vais la faire remarquer.

Lo prix des chosos, ainsi que je l'ai fait observer dans les Théories générales, se compose toujours de deux éléments : rélément relatif au travail, et l'élément relatif au capital. Dans la société actuelle, l'élément relatif au travail est toujours au plus bas dans le prix des choses, et l'élément relatif au capital toujours au plus haut. Dans la société future, rélément relatif au travail est toujours au plus haut dans le prix des choses, et l'élément relatif au capital, toujours au plus bas; il en résulte :

Que^ dans la répartition actuelle des richesses, le revenu social, qu'il ait nom impôt ou assurance, se prélève exclusivement sur le travail, sur l'homme, et non point sur la richesse, sur la matière;

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