IKI
El 4«e Ja«s la fftpartîiioo future îles richesses, le rerenii sedal, qa*il ait Dom ispùt ou assurance, se pK^lève exclusifctteiit sur la richesse, sur la matière, et non point sur le traTail, sur ThoDune.
Tout cela estclairemiMitexiH^sô dans les Théories générales drjà BentioDiiêes. Mais, suppos<'z-vous privé de ce sruide, privé de la connaissance de ce qui fait |v^t nôct^^airement llapôi^ soit sur le travail, soit sur U richess<' ; et que, ayant rrcoDnu que l*impùl sur le travail est devenu source inévitable d'anarchie, vous veuilliez cependant remédier au mal anéantir la cause; voyez dans quel effroyable chaos s trouverez. C'est ce qui est arrivé à ceux qui, jusfa'lpiéseQt, ont voulu traiter de fimpùt pour le rendre compatible avec Texistence de Tonlre.
PrPDOQS nos exemples au hasard, pour éviter IVnnui qui, presque toujours, résulte d*un ordre arbitrairement établi.
c—n est fort difficile en France, dit M. Michel Chevalier, « de dégrever les masses »
— Vous De vous doutez pas pourquoi? C*est que, lorsque rtepM est sur la consommation, il est impossible de dégrever les masses qui ne consomment pas. — Il faut les faire cansonmier, direz-vous. — Très-bien! Là se trouve, en effet, le nœud de la question. Mais si la rt^partition de la riou Torganisation de la propriété s'y oppose, et que ne sachiez comment y remédier, que faire? Prouver M. Michel Chevalier, que les masses ne consomment pas, et les voir mourir faute de consommation , ou se révolter. Vous allez voir que c*est ce que fait M. Michel Chevalier :
€ — Parce que, dit-il, l(^ ressources de nos ouvriers
« et surtout celles de nos paysans, qui forment vraiment en « France la classe la plus pauvre et la plus nombreuse, sont « tellement bornées que le Use n*y a pas prise. Le paysan li- « Bousio, par exemple, ne paie rien ou presque rien à Tad- « minislration des contributions indirectes; rien ou presque
<( i*ien à celles des douanes, des postes et dé l'enre^stre- « ment, par la triste raiâôti qu^il ne boit pas de tio, qu*!! « mange très-rdretnênt de la viande, et qu'il ignore i*usage c du sucre, du thé, du café et des étoffés anglaises ; qu'il «( ne sait ni tît'e, ni écrire, et que, par conséquent, il tiêlui « arrivera jamais de recevoir de lettres; qu'il ne plaide pas, « faute de posséder aucuti sujet de litige ; ou que sHl possède a un lopin de terre, ce qui est assez souvent le cas, il le « garde sans le vendre ni Taccroître. A Texception de l'impôt < du sel, les taxes indirectes lui sont donô péU onéreuses. « Si l'on abandonnait ces taxes pour augmenter l*impdt a foncier, on grèverait un très-grand nombre dé paysaos « d'une sommé soUve&l égale à celle dont ils aUfâtéiit été • dégrevés d'un autre côté. »
•^ Voyéz-Voti^, dans te pésiagé, pefcer pai*toilt llncift^ cité de remédier au mal? Et cela, parce que l'auteur n'en connaît point la cause.
Et, savez-vous quel remède le pouvoir apporte h tant de misère? Des hospices et des ateliers nationaux» Vous croyez peut-^étre que je veux attaquer ici ce malheureux Gouverne^ ment provisoire, qui a été aussi sot que ses devanciers? Vous vous trompez : Je veux parler de Colbert et de Louis XIV. Écoutez I
— Un édit de juin 1662 (Colbert) veut qu'il soit fondé c< un hôpital en chaque ville et bourg du royaume pour les
« PAUVRES, MALADES, MENDIANTS et ORPHELINS, qui y
« seront instruits aux travaux dont ils pourront se rendre « capables. » (M. Blanqui , Hist. de l'Écon. pol.)
— Le grand Turgot avait aussi proposé les ateliers natipnaux comme remède social. C'est un cautère sur une jambe de bois.
« — Qn\ de nous, j*ose le demander, dit Mirabeau, a « calciUé l'actioh immédiate et la réaction plus éloignée de
• celle nuIUtude d*iaip6tsqui nous écrasent, sur la richesse
• générale dont on reconnail enfin qu*on ne peut plus se
• passer. »
I Est-il un seul de nos impôts dont on ait imaginé d*ap-
• profondir rinfluencesurraisance des travailleurs, aisance t sans laquelle une nation ne peut jamais èire riche? »
{Aiifmblée nationale, 31 août 4789.)
— Ce discours parlementaire est le même sur lequel tous * kl anpiiDcateurs parlementaires ont fait d'innombrables variittons depuis 89. Il aurait mieux valu rechercher :
Si) depuis Torigine sociale, le paupérisme, c'est-à-dire TeiclaTage des masses sous une forme quelconque n'a pas M) «lelusiTeBient, la base matérielle nécessaire de l'ordre sodat;
Si la répartition des richesses n'est pas la cause néceslalie de œt esclavage, dont Timpôt n'est que l'expression;
M ocl ewla? âge est encore compatible avec l'existence de !*ordfi|
El, ^il ne l*est plus, s'il existe une autre répartition de richaMe coBpatible aveo la liberté et le bien-être de tous dont rimp6l ne serait également que l*expression.
Mais, êllei donc parler de cela à des ignorants vaniteux et pttiaMDtsl lis croiront que vous voulez leur faire voir la lune en plein midi; et, leur premier soin sera de vous mettre à roabre. S^pfrtç crtde Boberlo.
« Si la mendicité est réeUement amenée « par le défaat de moyen d'existence, c'est un « reproche poar l'état économique da pays « où elle a lieu. »
M. Thibrs, Ra^, sur VÀMsUtaneê publique,
« 11 est afDigeantde penser, mais U est TrmI « de dire : que même cîiex les nations les phis « prospères, une partie de la population péril « tous les ans de besoin. » J.-B. Sat.
« La misère est la sauvegarde de ligne- « rance. n RoTn-GoLLaaD.
« Le vieux système est à bout. »
« Guerre pour guerre! sang poor tang!
« meurtre pour meurtre! Et vous aurei, à la « fin de ce siècle, ensanglanté tant de lattes a et de batailles, que personne de voos ne « peut en prévoir l'issue^ ni le dénoûment « final. » M. de Fallodx.
<c C'est la France qui vous dit à vous ses (c médecins et ses amis : donnei-moi un reo mèdc contre raoarchie, mais que ce remède « ne soit pas le despotisme. »
M. DE Falloux.
« En présence de l'ignorance sociale sur la a réalité du droit, il n'y a de possible : que le « despotisme, tant que l'examen peut être « comprimé ; et que l'anarchie, quand Texa- <c men devient incompressible. »
GoLiifs, CommeniairÊ.
« — Vous exigez, dit Duport, une imposition personnelle « (pour jouir des droits politiques) , mais ces sortes d'im- « positions dureront-elles toujours? Mais ne viendra-t-il < pas un temps où les biens seuls seront imposés? »
{Assemblée nationale, 22 octobre 4789.)
— Si Duport avait mieux étudié la répartition actuelle des richesses et ses résultats nécessaires , il aurait reconnu :
que, sous celte mémerépartilioa, il est aussi impossible d'imposer les biens, plus qu*en appareace, qu'il sera impossible, sooa la répartition future; d'imposer le travail.
« — Il y a, dit Baroave, une distinction radicale entre m les imp6ts personnels et réels, non-seulement dans l'usage, « mais dans les principes de l'impositiou. L'impôt personnel, m §1 j'entends par là tout impôt indirect, est le prix de la « protection de la personne; il est dû et doit élre payé par « die en proportion de ses jouissances. L'impôt réel est mis « Mr la chose, et est le prix de la protection accordée à la m propriété. •
{Auemblée constituante, 4 décembre 4790.)
— Qaelle logique! Si tous protègent chacun, chacun paie la proleetion de tous par la protection que lui-même accorde à loua. Est-ce que le riche tire deux coups de fusil quand le IMUTfett'eo tire qu'un? Quant à la propriété, il est juste que le psieaent de la protection qui lui est accordée soit propor- Uoonel à sa valeur.
Hais si Bamave avait parlé ainsi, il aurait anéanti toute défense des impôts indirects ; il aurait été fort embarrassé poar les remplacer. Il l'eût été bien davantage, s'il avait su, ronme H. Thiers le sait, que tout impôt sur la chose esl aussi, sous la répartition actuelle des richesses, un impôt indired eo réalité, un impôt sur la consommation.
Ce qu'il y a de charmant, c'est que tous les économistes se sont appuyés sur ce sophisme de Barnave, sophisme impuissant vi»4-vis le moindre éclair de raison.
Remarquez, je vous prie, cette distinction, empruntée aux juristes du droit hypothétique, entre le personnel et le rM. Le personnel c'est l'homme; le réel c'est la richesse. Pour ces Messieurs, la richesse est la K^alilé, la personnalité n*%st qu'un accident, un phénomène. Cette distinction caractérise la sociélé actuelle.
Si BsniaTe, avant de parier, avait mieux étudié son si^et.
il aurait fécofttid t que, soils la rèpàrtiUoti aûtaëlte des richesses, l'impôt pefsonilei est ^Ul réel, et, ({dé tout fltilrê ëm alors chimérique.
Arrivons à un constituant qui va dire tout le contraire du précédent. Âu^si, fie fait-il aUciihé âifflculté pour avouer son ignorance en malière dMnipôt : ce qui le rend iofiaitnent lûoins ignorant que ses confrères, tl sait qu^il ne sait pas.
« -^ PlusleUrÉ personnes, dit Rœderer^ pensent qu'il serait désirable de continuer à retirer de la oonsoninuiUoii du tabac un revenu de trente^deuX millions potir le trésor public; le comité partage cette opinion. Ce n'est pas qu'il ne trouve une grande injuiUêe à grever d'une charge inégale les citoyens qui consomment du tabac et ceux qui n'en consomment pas; à soumettre les premiers A une iorte de peine péeuniairoi comme si la société avait le dhiit de défendre ou de gêner 9$rtainesjouiiêanceè plutôt quê €€mtfu, quand elles sent toutes licites dd leur nature ; de mettare au-^dessus de la portée du pauvre le seul plaisir que la modicité de ses ressources lui permette; de lui faire acquitter, sous un vain déguisement, une taxe égale à celle du riebe , pour qui le tabac n'est même pas compté entre les nombreuses jouissances que chaque jour lui apporte, que chaque moment diversifie ; enfin d'inviter le misé^ rable à la contrebande par l'appât du gain^ et ensuite de lui infliger des peines pour des délits qui sont l'ou^ngê de la loi même, et dont la richesse est préservée eQUtmé de bien d'autres maux.
« Mais, d'un autre côté, le comité reconnaît h la taxe du tabac un avantage qui, comme le dit Nirabeau^ la rend un dei meillrars des mauvais impôts» »
{ài99mhlie nationale^ \ 3 finHer 1 791 .)
— Ainsi, sous la répartition actuelle des richesses, le meilleur des impôts est une grande injustice; il grève des hommes égaux d'une charge inégale; il soumet cette jouissance à une amende pécuniaire, quand toutes les jouissances
— fS7 -
doitmt MM lidtM ; il IBél ëù- dessus de là povU^ du pâUVfc le seul plaisir periDis à la ttiodicitè de ses ressources; il Invite le ■ûsérable à des déiils, ouvrages do la loi méoie^ délits que la kN puil) et dont la ricliesse est préservée.
Si a*asl li le OMûna mauvais des impôts, que sont les autres?
Frapper la jonissanœ^ o*est frapper Thumanilé; flrapper la îj o*6si frapper la matière. Mais, avant de vouloir d'iflipôts dans le but de protéger l'Iiumanité tout entiéra, et ooii les forla seulement, il faudrait avoir appris : que, vouloir frapper les ricliciines, sous leur répartition aotoeile, est aussi insensé, que vouloir frapper l'humanité ou le travail sous la répartition future.
Toales les fois que, dans une assemblée nationale queleoDqoe, états généraux, constituantes ou législatives, il a été qwBlion dlmpAt, seuls objets, du reste , sur lesquels elles •vatent I délibérer, vous verrez que toujours elles ont parlé pour M rien dire; ce que Voltaire appelait si énergiquement mâeàêfi9idi.
« «»Eo fait de contributions publiques, dit La Rocbefou* m a«ld| le ayaléme le plus simple et le moins compliqué est m k BMlleur. La multiplicité des impAts produit les veia- « taons. 9 {Aismbléê nalionah^ i9 février 1791.)
— * Oui, maia la multiplicité des itnpOts empêche de voir qÊB rtaDp6t fNppe eiclusivement le travail et Jamais la ri*cheaae : œ qui a bien son mérite. Établissez Timpôt sur le CMpMil, eoaiM le demande M. de Girardin , et immédiatemeiil tout le monde saura : que le capital nefait alofs qu*avancer nill«pMi tt qu'il se trouve eidusivement payé par la travail. L*impôi directeneot placé sur le capital, aoua la répartition actodle des ricliessea, c'est la mise à nu de l*exploiUtion dea pauvres par lesricbea.
Voici, eo fait d'impôt, ce qui a été dit de mieux depuis que les philosophes veulent parler d'impôts, comme les aveugles parient des couleurs.
« — DéBez-vous des idiVs philosophiques, dit d'André, ou
« bien renoncez aux impôts : car aucan n*est exempt d'im- « moralité. » {Assemblée nalionalej i 6 février 1794.)
:' — C'est complètement vrai, sous la répartition actuelle des richesses, si, par immoralité, vous comprenez rexploitation du faible par le fort. Mais, en époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit et d'incompressibilité de l'examen, la non exploitation conduit à l'anarchie, qui est bien aussi une immoralité. C'est que, dans cette époque, enfer au sein duqnd l'humanité achève l'expiation de ses crimes, il n'y a de possible que l'immoralité sociale.
< — Qu'est-ce que l'impôt, dit Voltaire? C'est, répondrîl, ^ une certaine quantité de blé, de bestiaux, de denrées, que
< les possesseurs des terres doivent à ceux qui n'en ont pas. »
— Ainsi, seigneur philosophe, c'est la terre qui doit subvenir aux dépenses sociales. Mais, seigneur, tout impôt sÂ^lt terre fait renchérir le pain et la viande du peuple, dit M. TUeis, aussi philosophe et de votre école. Alors, de votre avis, al de l'avis de M. Thiers, il faudrait donc que le sol appartint à la propriété collective! Mais, prenez-y garde! Si le sol appartient à la propriété collective, tout le monde saura lire, et la société, selon M. Michel Chevalier, qui est aussi un excdlent philosophe, ne sera plus gouvernable. C'est que : tant qu'il y a des philosophes qui se contredisent; qu'il n'est pfiu possible de les faire taire par la force; qu'il ne l'est pas encore de les concilier par la raison; l'ordre, au sein de la société, est aussi impossible qu'il le serait à Charenton, en l'absence des gardé-fous et des camisoles de force.
< — L'impôt, continue l'avocat patelin du bourgeoisisme,
< n'est donc que sur les riches; vous ne pouvez pas deman*
< der au pauvre une partie du pain qu'il gagne et du lait que
< les mamelles de sa femme donnent à ses enfants. »
— A cela, le prince des économistes, J.-B. Say, répond : « — Les épargnes du riche se font aux dépens des pauvres. » « — Ce n'est pas sur le pauvre, sur le mendiant, continue
c l'incarnatioD bourgeoise, qu'il faut imposer une (axe; il « fiof, en le faisanl travailler, lui faire espérer d'être un c jour assesc heureux pour payer des taxes. »
— Mais, si les épargnes des riches se fout aux dépens des puvrcS) cooiment arriver à ce but? En volant le riche? Ce mit peu moral. Puis, les riches sauraient y mettre ordre. Voosvous rappelez Sismondi :
• — La plus grande partie des frais de l'établissement
• social est, dit-il, destinée a défendre le riche contre le « paivre : parce que si on les laissait à leurs forces respec-
• tires, le premier ne tarderait pas à être dépouillé. •
^ Serait-ce là ce que Voltaire voudrait faire espérer au pune? Je le répète, ce serait peu moral.
• — Le peuple le plus lieureux, dit encore Voltaire, doit « Aie eelui qui paie le plus ; c'est incontestablement le plus « laborieux et le plus riche. •
-* Voilaire a voulu dire : le peuple dont le revenu social ^àt lephtt considérable. C'est là une immense vérité, quoique c^ntraira à ce que disent messieurs les économistes, propvateurs de la doctrine du gouvernement à bon marché. Iblbrareosement Voltaire ignorait et les économistes ignof^t: que, sous la répartition actuelle des richesses, le re- ^fWi social, quelqu'élevé qu'il puisse être, est toujours i^'oiBM>ins au minimum possible des circonstances; que, s<wla K*partition future des richesses, le revenu social, Vdquepou élevé qu'il puisse être, est toiyours, néanmoins, )< aaiimum possible des circonstances sociales.
Tout gouvernement à bon marché est un gouvernement de despotisne : une muselière et un bàlon lui sufllsent.
« — Je trouve les impôts très-justes quoique très-lourds,
• dit encore Voltaire: parce que dans tout pays, excepté « dans celui des chimères, un État ne peut payer ses dettes « qv'avec de l'argent. »
— C'est encore d'une incontestable vérité. Mais l'aifeot
— IftI —
— Cesl oxtrémemeni pliilnntropiqiit'; el le comiiô de la rue de Poitiers aurait ceriniiiemi\i( mis bonald au ban des socialistes. Mais le pain est aussi nécessaire que le sel; et le sol qui en est la source est aliânc. Kst-ce à dire: que le sol loîTeentri^r à la propriété colk»ctive,avanl que le paupérisme ■onl soit anéanti? Essayez, el vous verrez beau jeu. II eût (lèBiMix lie savoir préalablement : quVn époque d'ignorance sodale sur la risilité du droit et d*incompressibilité de FeuBen, si vous laisse/ subsister le pauptTisme matériel, FiDarchie est inévitable; il que si vous anéantissez le paupé- ' natériei, Tanarchie est encore inévitable.
< — Dans les besoins de première néi*e$silè, dit encore « Bonald, Thomme ne doit dépendre que de lui-même. »
— Miséricordi' du ciel ! quelle proposition ! Il y a \h^ en pnfseoce de rigiiorance sociale sur la réalité du droit et de riNoayrigéibilitê de l'examen, de quoi hire égorger, jus- ^aidtrnier individu, toutes les humanités possibles, si elles vvuMlà se trouver en contact. Et, cependant, Bonald était u bomne comme les assemblées législatives nVu possèdent pu oa ptr millier.
« — Cest peut-être une pénible question , dit Bonald, • de savoir si, pour bannir la mendicité, il ne faudrait pas c mmmtnctr par prévenir raccroissemenl immodéré des < Iwtaws. »
— Voilà t'impAt progri^f clairement indiqué. Et cet i^^ est une attaque au travail, une attaque è la propriété; ■eviopie enfin. Il aurait mieux valu riH-hercher quelle est là anse du paupérisme; el, auparavant: si le paupérisme ■alrricl nVst point nécess.iire a IVxi^tenee de Tonlre, tant ^■ile paupérisme moral nVst point anéanti.
• — Il n'y a pas de commune, dit encore Bonald, là où « S P'y • P^ communauté de jouissances. >
^. lîBaniIdn'éUitpasmortavaBt 4848, e'esl m AM^e mTA fudrait maintenant chercher sa cendre.
vn.
« Le ^nà iTStèoie écoiMMBiqae... tire le « piiDcipel reveim de l'Eut du dosiaise pi> c l>Uc. m l.-l. RocssEAU.
— Voilà Jean-Jacques procIamaDt : qu*eD dehors de rentrée du sol à la propriété collective, il ne peut y avoir que des impôts arbitrairement établis.
Comment se fait-il qu'une proposition aussi capitale soit, pour ainsi dire, isolée dans ses Œuvres, et ne se rattachée rien de ses immenses travaux sur Tordre social ?
C'est, qu'en époque d'ignorance, le génie ne fait jaillir que des éclairs; et, que la vue en reste éblouie : tant que les rayons de la science ne deviennent point nécessaires à la conservation de l'humanité.
Comparez ce passage à l'article Économie dont il est élirait; et vous serez étonné qu'une pareille pensée ait pu se trouver au sein d'un pareil fatras.
« — Le plus grand mal est déjà fait, dit Jean-Jacques,
« ()uand on a des pauvres à défendre et des riches à contenir.
« C'est sur la médiocrité seule que s'exerce toute la force des
« lois; elles sont également impuissantes contre les trésors'
« du riche et contre la misère du pauvre; le premier le^
« énerve, le second leur échappe; l'un brise la toile et Taot^
« passe au travers.
« C'est donc une des plus importantes affaires du gouver-
« nement de prévenir l'extrême inégalité des fortunes, non
« en enlevant les trésors à leurs possesseurs, mais en ôtant
« tous les moyens d'en accumuler ; non en bâtissant des bôpi-
« taux pour les pauvres, mais en empêchant les citoyens de
« le devenir. »
•» Si Jatn* Jacques avait étudié les bases de Tordre social, iurail recoonu : que, les bases de cet ordre sont exclusi- VMnt la foi et la science; qu'en présence de rincompressi- Milé de l'eiaoïeo, la foi ne peut plus être base d'ordre, et fiftk présence de l'ignorance sociale, la science ne le peut s; que tant que la foi peut être base d'ordre, le paupé- ) est nécessaire pour cmpécber l'examen ; que lorsque la Mdefieol iapuissanle, le paupérisme est anarchique; et que :du paupérisme l'est également, tant que la în'eiiste point comme dominatrice sociale, n aarait mieux fait de rechercher : comment il est possible vil s'y ait pas de pauvres; et comment la puissance des lois |cM l'exercer indistinctement sur les plus ou moins riches.
« — Celui qui n'a que le simple nécessaire, dit Jean-Jac-
• ^es, ne doit rien payer du tout; la taxe de celui qui a du
• npcrto peut aller au besoin jusqu'à la concurrence de
• IMI se qui excède son nécessaire. »
— Toalcela s'appelle : parier pour ne rien dire. Comment «wla-vousque celui qui n'a que le nécessaire, ou même n'a riai,|itt8e ne rien payer, si, sous la répartition actuelle des ridnea, foal revenu social possible se prélève nécessaire- ■artnr la consommation? Celui qui n'a rien alors doit né- Wiiimtnl : ou payer, ou mourir. Mais on aime à établir te propositions générales, qui toujours sont dcspropositel sottes, si elles ne sont applicables. Du reste, qu'aUendre « hit d'ordre d'un homme osant affirmer :
« — Que le droit politique est à naître, et qu'il est à pn>
• Wmet qu't/ ne nattra jamais? •
ioe cas, toutes les déclamations sur l'impôt, les rilel leur subordination au droit sont dépures niaiseries.
• — Ce que le pauvre paie, dit Rousseau, est à jamais « perdu pour lui ; et reste ou revient dans les mains du riche; « el comme c'e^t aux seuls hommes qui ont part au gouver- 9 MMBl, OQ à ceux qui en approchent, que passe tM ou
« tard le produit des impôts, ils ont, même en payaat leur « contingent, un intérêt sensible à les augmenten »
— Puis, Rousseau ajoute :
« — Résumons en quatre mots le pacte social des dttii « états :
« — Vous avez besoin de mol, car Je suis ricbe et Toas « êtes pauvre ; faisons donc un accord entre nous. Je pei^ « mettrai que vous ayez l'honneur de me sertir, à coadiiioo ce que vous me donnerez le peu qui vous reste, pour la peioe « que je prendrai de vous commander, t
— C'est parfaitement écrit et parfaitement vrai. Si c'est comme littérateur que Rousseau a travaillé, il a fait un cliefd'œuvre; si c'est comme philosophe, son chef-d'esuvre d'artiste est moins qu'inutile, il est nuisible. Il fallait recherclier : si la répartition de richesse produisant ce résultat est nêces* salre d'une manière absolue ou d'une manière relative; c'està-dire si la répartition de richesse peut avoir uDe sanction autre que la force; puis en quoi consiste essentiellement la répartition actuelle; puis, dans le cas qu'elle soit relative i rignorance, qu'est-ce qui peut la rendre incompatible avec l'existence de l'ordre; puis, en quoi peut consister une répartition de richesse rendant toute exploitaliou impossible; puis, ce qui est nécessaire pour que cette même répartition puisse elle-même être compatible avec l'existence de Tordre; puis, ce qu'il faut pour qu'elle soit conservée, etc., etc. Rousseau a-l-il suivi celle marche, la seule quisoil réellement philosophique, c'est-à-dire rationnelle? Hélas! non! ni les philosophes qui l'ont précédé, ni ceux qui l'ont suivi.
Si l'exploitation des masses est inévitable, il faut le dire ; s'il est possible de l'éviter, il faut dire comment et d'une manière claire, incontestable. Tout le reste est ignorance et vanité.
Citons maintenant un Père de l'Église du v* siècle.
« — Y a-t-il, dit Salvieo, rien de plus indigne et de plus
c criaillai que de ne pis hire supporter par tous une con-
• Iribulion à le charge de tous? Bien mieux, re sont les c ptsTret qui se trouvent grev6s du tribut des riches ; ce
• iMl les plus faibles qui portent les fardeaux les plus
• fHis..... Quoi! ceux qui manquent de propriété en su-
• iHMDt lei charges! Qui pourra qualifler cette iniquité?
• Lei osarpaieurs possèdent les biens des malheureux, et « las malheureux patent Timpôt pour les usurpateurs!... Ce « Vwje vais dire est pire encore: Les riches ne craignent pas
• d'fifver inressamment le chiffre de tributs qui doivent en
• délloîlive retomber sur les pauvres! Mais, direz-vous peut-
• être, les riches Jouissant d*un revenu plus fort, supportent « aaast une plus forte part des coniributions. Comment ad-
• Bellre dès lors qu'ils consentent eux-mêmes à a^'graver
• leur position? Je suis loin de convenir qu'ils ag^Tavent
• kar position; car ils n'augmentent les charges publiques,
• fM parce que ce n'est pas pour eux qu'ils les augmen-
• taiL.... Cliose étrange! c'est le plus grand nombre qui se
• liwfe opprimé par le plus petit; les impôts devenant la
• prait de quelques particuliers , pour lesquels le fisc n'est
• fa'm moyen d'accroître les fortunes privées, il irest pas de « fwetionnaire, depui> la première autorité jusqu'au dernier
« teemployésqui ne commette de semblables exaclion^i
« Ea férilé, il aemble que ce soit peu pour l'homme d'être
• keowiy ai ses semblables ne gémissent dans la misère. »
{De Subern. Dei, lib. iv et v.)
-*De pareilles plaintes sont éminemment anarchiques, ai, par conséquent criminelles, quand on ne présente point MBayen non utopique de remédier à ce qu'on bMme. Depais l'origine sociale, de pareilles plaintes ont causé des millimde révolutions. En est-il une seule qui n'ait point emfUé le sort des niasses? Ne serait -il donc |«as temps de rveanoallre : qn*nnssi longtemps que l'ignorance bocinle smp la réaHié du droit n'est point anéantie, Tordre ne |R*ut exister le paupérisme ou l'exploitation dt'> masses? Ce point
admis, il faudrait reconnaître également : qu*ea présence de rincompressibiliié de Texamen, le paupérisme est lui-même incompatible avec l'existence de Tordre, vie sociale. UnefMs le problème ainsi posé, il faudrait se demander : s'il est désor- mais possible de comprimer l'examen ? Celte question, sous peine de folie, se résout par la négative. Dès lors il n'y a plus qu'à chercher à anéantir l'ignorance sociale, ou se résoudre à voir périr la société au sein de l'anarchie. Toute autre discussion ne sert qu'à augmenter le mal au lieu de l'adoucir.
a — Les hommes qui ont été à la tête des États, dit Vola taire, se sont toujours plus occupés de leur intérêt parti- « culier que de l'intérêt public. »
{Idées r^ublicaines, xvi.)
— Tant que les intérêts particuliers ne sont point rendus absolument identiques à l'intérêt public, les hommes qui sont à la tête des États seraient de grands sots, s'ils agissaient aulrement. Voltaire aurait mieux fait de rechercher : comment il est possible d'identifier ces deux intérêts. Jusque-là il n'y a de possible que les déclamations de la vanité ignorante.
Il est une proposition contre laquelle on s'est généralement révolté. C'est qu'elle a été énoncée en termes équivoques. Nous allons citer cette proposition et voir ce qu'elle a de vrai et de faux. *
(( — L'impôt, dit Ganilh, excite le contribuable à écono- « miser et à produire davantage pour couvrir sa part cou- K irjbulive; et le pays se trouve plus riche de tout ce que « l'impôt a augmenté la produclio]). »
(Diciiof maire d'Économie politique.)
— Il est certain que rimpùl, sous la répartition actuelle iU's richesses, se prélcvanl exclusivement sur la consommalinii, plus rimpùl est ùlevé, plus les masses doiveut cberclier
à travailler pour ne poiiil iiuiurir. Nul iloulo qiio rimpùl l'iugiDf nie la richesse, mais aussi le paupérisme.
Le gouvernement cher est celui de rcsclavnge social; le IMTemeoienl à bon rnarcht^ c*est celui de l'esclavage domestique. Tout aulre gouvernement est celui de Tulopie : tant que ngooranoesocialesurla réalité du droit n*est point ant^antie.
Virgile avait bien raison de dire : Félix qui potuit rerum MfiOfCfre eauiot. Si les partisans des gouvernemtMits cliers M des gouvernements à bon marché, avaient connu les causes 4e richesse et de paupérisme au sein de la sociôté, ils n'aunient point autant parlé pour ne rien dire.
Il article de la Constitution de TÉtat d'Ohio dit :
é — Tout impôt par tête est injuste et oppressif. Aussi la i législature ne pourra jamais imposer par télc ni TÉlat ni i comté. »
— Lps constituants de TOhio ne se doutaient pas : que tant ffdya du sol libre, ce qui est le cas des États-I'nis, il est ma impossible d'imposi^r par tête que de prendre la lune UN les dents ; et que, dès que le sol est aliéné complètement, iMie imposition sur la richesse devient une imposition par Ite, puisque alors l'impùt se prélève nécessairement sur la eiaiOBDation.
• — L'impôt, dit M. Dupont-White, ne devrait point pe- « aer sur la consommation. »
— Ne devrait point est très-joli! Si M. Dupont- White avait Mhercbé les causes, il aurait reconnu : que tant que le soi ctf aliéné, l'impèt pèse nécessairement sur la consommation.
« — Dans Timpôt, dit M. Thiers, il entre la contribution • des pauvres ; et des pauvres plus que des riches, à cause « de leur nombre. »
^ M. Tbiers a de la franchise; c'est une M\c qualité. Ibis M. Thiers croit qu'en pn'*s(Micede rincompresMbilitêde reismm^ nne pareille société reste possible. r.V>l une fui
robuslo. El, commo saint Auguftiin, M. Thiors devrait dire : Credo quia absurdum.
< — Le mal est venu d'en haut, dit ML de Montalem- « bert. »
— C'est bien vrail Alors, que les gens d'en baal ne se plaignent pas de ceux d'en bas. Tant que l'ignoranoe sociale existe, il faut tromper le peuple pour que l'humaiiité puisse ne point périr. Mais quand il n'est plus possible de la tromper, il faudrait commencer par se détromper soi^^Bâoie.
« — C'est une grande question, dit Voltaire^ mais peu agi- « tée, de savoir : jusqu'à quel degré le peuple, c'est-à-dire f neuf parts du genre humain, doit être traité comme^des < singes. La partie trompante n'a jamais examiné eejiro- « blême délicat; et, de peur de se méprendre au calcul, die « a accumulé le plus de visions qu'elle a pu dans les têtes de « la partie trompée. >
— C'est encore vrai. Mais quand l'ordre ne peut plot ae baser sur la tromperie et que toutes les visions doivent 4|re détruites, il se trouve que celles de la partie trompante sont plus absurdes et plus difficiles à déraciner que celles de la partie trompée: l'antropomorphisme est moins tenaee que le matérialisme.
Et savoz-vous quand l'ordre ne peut plus se baser sur la tromperie? Lorsque, après avoir énoncé ia proposition suivante, il est possible d'arriver à être premier ministre.
« — L'empire de la loi a sa mesure, et cette mesure c'est « l'intérêt que les hommes ont à la respecter. »
(M. Thiers.)
— Et ces hommes sont les forts; car les faibles ont toujours inlérèl à la respecter. La proposition de M. Thiers peut seulementêtre vraie et compatible avec l'existencede l'ordre : lorsque la force est domiiH>c pur la raison ; lorsque la vérité est souveraine et universallement reconnue comme telle. Jua-
qiie-lk mOê pfopMition est TexpresBion d'une anarchie en piroMinmot. A quoi peut servir la discussion quand la force en est seu?c juge? A rendre Timpôl ce que Turgol dit qu'il ne doit pas être.
• — Ou*eat*ee que l'impôt, dlt*il? Est-ce une charge iio-
• poaèe par la forcée la faiblesse ? Cette idée serait analogue « i oslle d*un gouvernement fondé uniquement sur le droit
• ée oonquéle: alors le prince serait regardé comme l'en- « Demi commun de la société ; les plus forts se défendraient « diirtaipM comme ils pourraient, les plus faibles se lais- « arraîeot écraser. Alors il serait tout simple que les riches fl et les puissants lissent retomber toute la charge sur les
• fluMes et les pauvres. Ce n*esl pas Tidéo qu'on se fait m 4*00 gouveroeoient paternel fondé sur une constitution