MENT D£S IDÉES RELIGIEUSES
{Histoire de ta Civilisation en Europe, p. 136.)
— Cette proposition, dans la bouche d'un homme aussi éminent, prononcée du haut d'une chaire, dans la première école du monde, a fait plus de mal à l'existence de Tordre que toutes les folies prétendues socialistes. Je le répète : M. Vidal appartient-il à cette école? S'il y appartient, il s'expose aux dangers que lui-même a si bien décrits :
« A ne jamais avoir aucun moyen d'apprécier la justesse < ou la fausseté de ses pro[)res idées ; à se tromper saos « cesse ; à errer au hasard au milieu des ténèbres, à travers « lessystèmes les plus contradictoires; adoptanl aujourd'hui « telle opinion et demain telle autre ; à se contredire à chaque « instant; à combattre le lendemain, les principes qu'il dé- « fendait la veille; h tourner enfin dans un immense, dans « un éternel cercle vicieux. »
Comment est-il possible, après avoir si bien décrit l'abime et ses dangers, de s'y précipiter ainsi tête baissée?
« L*BCO!iniii pt'BLiot'E embrasM les obser- « nation» et le» |>rinripvg qui «mt rapport aui
« I^TLMÉT> il'uue liatiuu COMMOIUIEB E!I PAITI-
« ct'Likiiy <i comme p(»U¥ant être opposes av\
«* l?ITEEÉr!« D*r?IE AITIE ÏIATIOU. » J -B. SaI .
» C 'qiii.rlairrmeiit ciprim*'', M/iiitii* : i|iit.* la « liouiie économie publiqa« fl'un« nation eut : « vv qui l.i remJ l.i plus lortc ; et ce qui rcud c le« .iiilrf« li'o plu« fiiblfti.
« l.«ii Aiigl.ii», depuis un un le, ftont left « pnmicr^ ••i;i>Ufimi<»t<.'*i <lu mumlo. »
Colin», Commentaire,
M I/hCiiN'KlIlL PnLITlOI L rtJ.inlf le* lOttTi'ts « de <|*i(.lt|ue D-itiuu que re Miit, «hj de U Hh-
« CILTK IN Ok!<ikaAL. » J.-B. SaT.
« Et i-uinme, tint qu'il > n ile< ikitiimalitc^,
• c*f!«t-,i-dire tint que b Torce e^tle ««ulrriti*- « num iHi««iblc di? juiln-e euln- «dit**, Tint^^rOt
• de ki ftiiciét** m KéuérmI, abstraction faite de « la fon'«-, e*t ta plii^ uraiide di* l'TOPlE:»; il « faut en i'oiiclun> : que l'irronomie polltiqo« « est encore la plu» içraude de* L'TuPilf . »
C<>i.i?f.4, Commentaire.
« Quiconque n'iu'BLiE pas qu'il y a des Etat* c politique* fU^par^ lei un« de« .lutre* et cou»- « titue« diverMmeDt, ne traitera jam.ii« bien « aucnnc question d'économie politique. »
Tl^lOOT.
« Ce qui, clairement e&primé, «ignifie :
« quirompit; iroublit> pi« ireiaminer une « qui-^liuu dm» ('<- qir<:llc e«t , piiur n** m? « «ouirenirqu«* ilc feiaminer d.iu« r.- qu'elle « nVftt \tA^, ne traitiira jaoui» bien cette qiirft- « tu m, u*im|Hjrte i quel urdre elle appar- « tienne. » Coiiiit, Comm$mtair9.
Le chapitre ii a pour sommaire : Principes économiques. ÊÊtp objet ci définition de l'économie sociale.
t— L'économie, avons-nous dil, rt^pèle M. Vidal, est « frioripaleroent la science de rutile. •
-* Bien, lliuisieur. Mais ruiiie «l«'|H'iid aussi de la mu-
raie. El, s*il ify a pas de morale; c'esl-à-dire : s'il n'y a do morale qu'illusoirement, qu'est-ce qui détermine Tulile? Vous-même avez dit, qu'il faudrait crier à l'homme sans nolions certaines, qui voudrait déterminer l'utile : Qu*en savezvous, et que pouvez'vous en savoir?
Il y a plus : la science de Vuiile, socialement parlant, c'est la science de l'ordre. Car, ce qu'il y a de plus utile socialement, c'est de vivre ; et, hors l'ordre, la société doit mourir. Vous, vous dites : que, l'utile, c'est la non-existence du paupérisme. Mais, Monsieur, étes-vous bien sûr que le paupérisme ne soit pas absolument nécessaire à l'existence de l'ordre, tant que vous et les vôtres êles obligés de jeter vos ornements sacrés, comme forcés d'avouer que, pour vous, la science sacrée n'existe pas encore?
« — La misère, dites-vous, c'est la cause de l'abratisse- < ment, de la prostitution, de la servitude, de l'immoralité, c et la mère féconde des vices et des crimes. »
— Eh ! non. Monsieur. La misère n'est point la cause de Tabrulissement, etc. ; c'est, au contraire, l'abrutissement, c'est-à-dire l'ignorance, qui est cause de la misère, etc.
« — Eh bien ! continuez-vous, l'économie enseigne ou a doit enseigner comment, par le travail, on peut créer l'a- « bondanc<^, comment on peut faire participer tout homme « aux biens, aux joies de ce monde. )»
— Enseigne ou doit enseigner est très-joli ! Alors, Monsieur, pourquoi n'enseignez-vous pas? Parce que vous ne savez pas, n'esl-il pas vrai? Vous voyez donc : que, l'ignorance est seule la cause de la misère !
« — Nous croyons sincèrement, continue l'auteur, que « celui qui aurait trouvé un système économique, un méca- « nisme social, capable de mettre le dernier de nos semblables « à l'abri de Pindigence et des mauvaises suggestions de la « faim, d\KSsurer à tout individu, en échange de son travail, « as ez de bien-i*tro et de repos pour lui i)ormellre de déve-
« lopper son lnlollip:<^iir«^ o\ son tupiir; — nous croyons qiio
« criui*iâ aurait fait pour IVilucation, pour la moralisation,
• pour rafTranchissementdu peuple, pour la liberté et la di-
m goiié humaines, c^nl fois plus que tous les professeurs de
« OKiraleet les niailres dVoole, etc. »
— Dés Tabord, vous avez mis la morale au-dessus de la richeaae de tous; mainlenant vous mettez la richesse de tous au-dessus de la morale. Vous Tavez bien dit : sans morale, on esc exposé à se tromper sans cesse ; à errer au hasard au ■tlieu des ténèbres, à travers les systèmes les plus contradictoires, adoptant aujourd'hui telle opinion et demain telle mire; à se contredire à chaque instant; à combattre le lendemaÎD les principes que l'on défendait la veille; et c*est ce que TOUS faites.
VousYOUii trompez, Monsieur ; si même vous aviez donné les ■oyeos théoriques, et quant à la richesse seulement, de répartir tes produits du travail de manière à ce que nulle exploitation du Cûble par le fort ne fût possible, cette théorie serait complétcflieQl inapplicable : parce ({ue, comme vous Tavez dit, la répartition des richesses est subordonnée à Tordre moral. Eu dehors de la connaissance réelle de cet ordre, votre répartiliou, conforme au travail, neserviniitquVi faire des brigands. « Si toute la France savait lire, a dit M. Miciiel Chevalier, « elle serait ingouvernable. » Et, c*est très-vrai, en époque d*ignoraiice sociale sur la réalité du droit. Si, en effet, la Franee savait lire, elle verrait que vous placez les professeurs d'économie au-dessus des professeurs de morale. La France eu conclurait : que la ricliesse vaut mieux que la morale. C'est ce que les gens pri^tendus iiistruits de notre époque croieut savoir. Où en serions-nous, si les masses avaient une pareille iuslniction?
« — Vous dèUnirii*z IVconomie, dites-vous : La science « qui enseigne comment il faut or;;aniser rinduslrieel n*par- « tir les ricliesst*s, conformènieiit aux principi's «li» ruiilitè • géoêraleel de la justice disliibutivi*. •
^; 61^ comment elle peut se réaliser sans faire tort à penoDoe, tout en faisant le bonheur de tous.
• — Qui donc, dit M. Vidal, a cH^rit ces lignes impi- € toyiMes?
• • Cn homme qui naît dans un monde di^Jè occupé, si sa « tauUe B*a pas le moyen de le nourrir, ou si la société n*a
• paa besoin de sou travail; cet homme n*a pas le moini/rf « énitiê réclamer une portion quelconque de nourriture, et « il est réellement d$ trop sur la terre. Au grand banquet de la « nlare, il n*y a pas de place pour lui; la nature lui corn*
• mande de s*en aller, et elle ne tardera pas à mettre elle-
• même cet ordre à exécution. » >
« Cest, le croirait-on, un homme généreux, un philan- « trope sincère. Mais c*est un disciple de Smith ; c'est Mal-
• Ihus, le fondateur de Técole fataliste. •
— Eb bien I Monsieur, ce que dit Malthus est la pure vérilé, llnévitable vérité^ sous Torganisation sociale que vous prolégei, ayant pour base : Tantroporoorphisme ou le pan- Ibéisme i Tintellectuel, ef TaUénation du sol au matériel. i.-B. Say a exprimé la même chose en disant : Tou$ les ans
f partie d$ la population doit mourir de besoin, même au m de la nation la plus prospère. Et c*est nu^^i vrai^ sous la plume de Malthus que sous la plume do J.-B. Say.
Cela ne peut pas durer, sous peine d'anarchie, répéterez-