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Très-bien ! Mais avez-vous un remède? Connaissez-vous lealement la cause du mal ? Vous n*eii avez même pas Tombre d'une îd<V.
• — (jui a st'rieusement proposé, continuez-vous, des hé- «eatombet de nouveaux nés, Tasphyxie desenfants du pauvre? « (:*est Marcus, disciple de Malthus et d*Adam Smith. •
— » Mais, Monsieur, Malthus, Adam Smith et Marrus tHaient, à cet égard, les disciples d*Aristote, que la société que vous protégez a jadis défendu de contrarier, sous peine d*étre
pendu. Et Arislote, A. Smith, Mallbas el Marcos onl parfaitement raison, tonjonrs sous la société que vous défendez; à moins qu'il ne soit moins cruel de tuer des hommes par une mort lente, que de tuer des enfants, encore privés de connaissance, par une mort rapide.
c — C'est, continuez-vous, encore Malthus qui a écrit : ce Que chacun en ce monde réponde de soi et pour soi. c Tant pis pour ceux qui sont de trop ici-bas ! On aurait trop c à faire si Ton voulait donner du pain à tous ceux qui crient « la faim ! Qui sait même s'il en resterait assez pour les ridies? « Comme la population tend sans cesse à dépasser Itô moyens « de subsistance, la charité est une folie, un encouragement « à la misère. » »
— Ce que Malthus a dit, M. Duchàtel l'a répété. Il y a |)lus ; Malthus et Duchàtel ont tellement raison, sous la société que vous protégez ; que, ce fait qu'ils ont avancé, est aussi incontestable que la démonstration du carré de Thypothénuse.
« — Et ces lignes, continuez-vous, dignes en tout point « des précédentes :
«t A rigoureusement parler, la société ne doit aucun se- « cours, aucun moyen de subsistance à ses membres. »»
— Et ici, vous mettez entre parenthèse :
« — Alors, à quoi bon la société? »
— A quoi bon? Je vais vous le dire, Monsieur. A établir l'ordre au sein de la société; c'est-à-dire, à conserver la vie de l'humanité : jusqu'à ce que l'ignorance sociale sur la réalité du droit, ignorance dont la conséquence nécessaire est le paupérisme ou la mort, puisse être anéantie; et par suite, le paupérisme. Comprenez -vous, Monsieur?
ce — En se réunissant, continue la citation, chacun est c censé lui apporter ses moyens d'existence. »>
— Iri, vous mettez entre parenthèse :
< — Vous lipirez-vous U» nouveau uô apportant aviv lui « » venanl au monde, ses moyens d'existence? Chacun ap- « porte avec lui ses bras, sa bonne volonté, son travail, et « cela doit suffire pour lui donner le droit à vivre. »
— NoD, Monsieur. A supposer qu'il y ait un droit, dont la raisoo est Texpression, le droit de toute rhumanitê passe a? ant le droit d'une partie de Thumanitê. Le droit de Thu- Bunité, c'est le droit de la société. Et la société doit pouvoir vivre, même aux dépens de tel ou tel individu. Salu$ papuli wiiima Ux esio. Quand donc le paupérisme est nécessaire à reiislence de l'ordre, vie sociale, ceux d<»s pauvres qui sont 4e trop n'ont pas le droit de vivre. Il n*y a que les riches alors qui aient ce droit. Et c'est seulement quand le paup^ risflie devient incompatible avec l'existence de l'ordre, que /ont commencent à avoir le droit de vivre; droit qui neiieut se réaliser que par l'anéantissement de l'i^Miorance sociale; ignoraoce rendant nécessaire la société que vous protégez ; et, qui donne raison à l'auteur des citations que vous bliïmez.
• • Ceini, continue la citation, qui se présenterait à elle « sans ressources serait obli;,'é de les réclamer d'un autre « membre de la société; celui-ci serait fondé a demander en « vertu de quel droit on lui impose cette charge. Telle est la « rigueur du droit. »»
« Elles sont, dites*vous, de J.-B. Say, disciple de Smith. •
— Mais, Monsieur, tant que rinU'*nM général n'i'si point rpiidu identique aux intértHs individuels, re qui ne peut exister sous la société que vous protégez, J.-B. Say et Smith ont parfaitement raison.
m — Enfin ces mots^ ajoutez- vous, sont de J.-B. Say : « « Quand l'économie professait la pn-imlion de gouverner « rÉUt, on conçoit quelle pouvait porter ombrage a Tau- « tonte; mais œ danger n'est plus à craindre, mainlifiant « fm'eUene contisie qm^à décrire la manrre dont U^ ehov* « 9e ptaaeol dans la société. • » {Cown complet.)
« Et ailleurs :
< c Les économistes du XYin^ siècle, qui se croyaient apc priés à diriger le gouvernement, et malheureusement anasi c quelques auteurs (M. Sismondi, sans doute), ne me c semblent pas avoir compris le but et la dignité de la c science. > »
— c Quelle superbe ! ajoutez-vous. Mais, jamais, non, « jamais, l'économie n'a été dégradée, avilie, ravalée comme c dans ces lignes. »
— Eh ! Monsieur, vous qui voulez conserver la société de J.-B. Say, vous devriez parler comme lui, sous peine d'être illogique. Au reste, je pourrais vous citer des passages de J.-B. Say, où il dit tout le contraire. C'est que, quand on est saus base morale, on s'expose, comme vous le dites fort bien, à errer à travers les systèmes les plus contradictoires, adoptant aujourd'hui telle opinion, et demain telle autre, etc., etc.
c — Les économistes, dites^vous s'étant trompés sur le c but même de la science ; il n'est point surprenant qu'ils « aient fait fausse route. »
— Allons, Monsieur, nous allons voir si vous les redresserez. Mais faites attention qu'ils auront droit de vous dire ce que vous leur avez mis dans la bouche. — « « Quiconque c n'a pas de notion de la destinée humaine... ne peut ri- € goureusement distinguer ce qui est bien de ce qui est mal,
< ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est utile de ce qui c est nuisible. Dès lors, il n'a pas même droit de critique. « Que s'il vient à nous dire : Mais vous vous égarez, vous c faites fausse route ! il suffira, pour lui imposer silence, de
< répondre : Mais qu'en savez-vous, et que pouvez-vous en « savoir? » »
— « A les en croire, continuez-vous, tout va de soi- même, € et tout va pour le mieux dans le monde économique, € comme dans le meilleur des mondes possibles. Aussi la
€ 5dence doit-elle consister uniquemeni à docrii^ comment fl lesctioses se passent, puis à conclure : llfaui laisser faire. • € Mais, c*est proclamer la nullité et Tinutilité de la « science. »
— Mais, Monsieur, vous devriez conclure comme eux, si foits étiez fidèles à vos prémisses. Vous affirmez : que, la société basée sur Tuntropomorphisme ou sur le panthéisme, et «r raliénatioQ du sol est la seule possible. Or, sous cette société, tout conduit M^^cexxafVfifieii/ au pauptTisme. Alors, tout va de soi-meiBe, et tout pour le mieux; puisqu'il n'y a pas Mire chose possible. Vous concevez donc : que la science Ml oonsister uniquement à décrire comment les choses se pMfieol; puis à conclure : il faut laisser faire? Et en effet : fie Toudriez-vous faire si vous ne pouvez rien faire.
Remirqoez, d*ailleurs, que le laisser faire signifie seulesent : laissez faire ce t/ui est cofi forme à l'organisation actntlh éê la société; empêchez de faire ce qui lui est cofihmn. Et ce laissez faire existe nécessairement sous toute Mdèlè possible. Crovez-vous, par exemple, que la société actaelle laisserait faire : si les pauvres voulaient avoir ce à fiioi ils auraient droit s^ius une autre société? Allez donc le dénuder à It Constituante de sotte et san^rlante mémoire !
« Le laissez faiie, qa'est-ce donc antre « chose, s'il tous plaît, que la néçatioD for- « nielle de réconomie? S'il faut toujours lû»- « «er faire, il est évident que la sdeuce est tt parfaitemeot inutile, et nous ne Toyons ptf tt re que les savants auraient à nous ensê- « gncr ! GoiireTons, une fois pour toutes, qn^ u n'y a qu'à laisser faire, et tout sera dit La « belle science, en vérité, qui se résume eo « une négation : Ne iien faire!
« De science morale et politique qu'elle tt devait être, qu'elle était dès le principe, « la voilà donc réduite à ne plus être q^pae a science de pure curiosité, une science ei- « clusivement descriptive, une scienee nata- « relie, analogue à la botanique ou à la coii- « cbyologie ! L'économie observera, recueillera u des faits, puis les expliquera tant bien que « mal; elle enregistrera les phénomènes ao- <( ciaux, sans en discuter la moralité, puis eUe « eu rendra compte do son mieux, comme la « physique rend compte des faits qui sont de « son domaine ; elle dira enfin commenl les « richesses se produisent, se distribuent, se « rousommeut, sans se préoccuper aucnne- « ment de savoir comment elles pourraient, « comment elles devraient être produites et « distribuées, sans s'inquiéter <le l'ordre, de « la morale et de la justice, qui ne sauraient « avoir rien de commun avec l't*conomie.
« Ali! J.-B. Sa> avait raison. Les écono- « mistes libéraux sont les seuls qui aient « compris le but et la dicmilé de la science! « ils ont d'abord décrété la souveraineté, Hn- « faillibilité de Tindividualisme, ceux qui (( avaient tant ri de rinfaillibilité des papes et « (les rois. Ils ont posé l'intérêt particulier « comme rétrulateur suprême eu toute chose, u comme princiiH? de justice, au milieu de la « lutte acharnée <le tous les intérêts ; iU ont « fait de la force, de la ruse, du hasard et de « la mauvaise foi, les arbitres souverains du « monde économique ; ils ont transformé Tin- « dustrie en champ clos, ils ont poussé dans « la lice tou< les romballauts, et. pour toute « morale, ils ont proclamé cette maxime des « sauvages : « Malheir ai x vaincus î »
M. Vidal. Qiap. II.
— Ce passage esl ailmirable, el, de forée à broyer les
wuioiuisU's; mais il retombe de tout suii poids sur les prékiidu> s^KMalistes.
Sous i*anlropomorpliisme ou sous le panthéisme, seule alternalive admise par messieurs les prétendus soeialistes, il a\ a de possible : que, In souvi^rnintet' de droit divin, in- UIlibiKté des pa|»es; ou, que la souveraineté du peuple, inbillibililé de Tindividualisme. Kl, quVst-ee, s'il vous plaît, que la souverninet;* du nombre, si ee n*est (Muisser dans la lice tnus les oombnilaiils; puis, |>onr toute morale, proela- •er cette maxime des Sîinva^TS : MALiiErR AUX yaintcs !
Maintenant, Monsieur. ave/-V4ius une autre souvtTainetê à proposer? Si vous la proposiez, apn^s avoir admis qu'il n'y i de possible que l'antropomorphisme ou le panthéisme , vits recommeueez à errer au hasard au milieu de$ ténèbres, i Imters les systèmes les plus conlradicloires, adoptant aujêÊNThni telle opinion et demain telle autre.
Apres eela vous établisse»/ , à IVf^ard des tH:onomistes , sue série de : iV^ n'ont pas compris ; que , malhcureuse- Mil, TOUS ne eomprene/ pas vous-même.
Puis vous ajoutez :
• — EU nous aussi, nous voulons la liberté, la liberté < roiR TOts! Pour les faibles eomme pour les forts, mais « BOUS ne prentMis pas les mots pour la ehose. Nous voulons « une liberté K*elle, stable, permanente, et non pas une li-
• berk* nominale; et nous disons qu'aujourd'hui cette véri-
• table liberté n'existe pas pour tous ; qu'elle ne peut exis-
• ter qu'à la condiiion dVire efficacement garantie •
— El, où peut-elle se trouver, s'il vous plaît, celte gariDlie? Sous l'anlropomorphisme ou le panthéisme, que vous croyez seuls possibles, il n'y a de ^rantie efficace que LA roRCE. Kh bien ! celle ;,Mrantie de voln» choix elle existe depuis le commenc^^nent du monde. Uu<^) diable! voulezions donc?
— « On a bien assi'Z, ilit«»s-vons, dé^Minsidéré le principe « de raulurité; un a ashcz (*l trop fait de prolcstaulisme po-
« litique au profit exclusif de la noblesse et de la bourgeoic sic. Les véritables amis de la démocratie ont aujourdliai c à rébabiliter l'idée du pouvoir, dans f intérêt du peuple, < dans l'intérêt de l'ordre et delà liberti^. »
— Eb ! Monsieur ! sous Tantropomorphisme, Tordre^ c'est le despotisme; sous le panthéisme, la liberté, c'est l'anarcbie. Et vous n'admettez de possible : que, l'antropomorphisme et le panthéisme. Que voulez-vous donc que la société puisse faire : et de votre ordre, et de votre liberté?
— À En désarmant le pouvoir, continuez-vous, en lerè- « duisant à l'impuissance, on croyait arriver à la liberté la c plus complète, et l'on a abouti à l'excès de rimprévoyaooe et c de l'égoisme ; au triomphe de la force sur la raison et sur c le droit; à la domination de quelques intérêts particuliers, « des intérêts de la minorité; enfin à l'anarchie UNiTER*