‹ Qu'est-ce que la science sociale?Chapitre 19 sur 36 · SELLE · texte numérisé non relu

SELLE

— Vous aimez Tautorité et le pouvoir, Monsieur, et vous avez raison. Mais quelle autorité, quel pouvoir, s'il vous plaît? Est-ce l'autorité de vous-même, ou celle de M. Louis Blanc? Non, répondez-vous, c'est l'autorité, le pouvoir de la raison. Parfait, Monsieur! Mais, tant qu'il n'est pas possible de distinguer et de faire distinguer à tous, d'une manière rationnellement incontestable , l'autorité de la raison réelle de l'autorité du sophisme, raison apparente, — etcelc existe nécessairement sous l'antropomorphisme ou sous \i panthéisme, que vous tenez comme seuls possibles, — il n'y « d'autorité possible : que celle de la force, brutale ou masqiiéc de droit. Si c'est là celle que vous aimez, soyez satisfait : c'est ce que la société actuelle, sous tout gouvernement actuellement possible, vous donne nécessairement.

< — Lorsque nous employons le mot gouvernement, ditesc vous encore, nous y attachons un sens abstrait, nousvoU' c Ions désigner un principe. Nous supposons, à priori, m c pouvoir normal et régulièrement constitué; nous laissons

• I ehicmi 11 fàcalté de comprendre soos celte dénomina-

• lion, quel qa*il soit, le système qu*il préfère, qu*il désire, « qall conçoit oa qu'il rêve. »

— El vous laissez à la force, au despotisme ou à Tanardiie, de décider celui qui sera assez fort pour mettre le sien eo pratique ; et, encore à la force le soin de le conserver en viinieur.

Vous dites : que, reprocher à un écrivain d'avoir une apiuion arrêtée, un système, c'est lui reprocher de n'avoir pts pris la plume uniquement pour barbouiller du papier. Coaruenccz-vous à comprendre, Monsieur, qu*il y a aussi des systëoies uniquement bons à barbouiller du papier Y

El, eo écrivant ceci, je suis certaiu : que, M. Vidal sera loin d*y trouver une offense; qu*il n*y verra qu*une expression de bienveillance à son é^rani ; et qu*il aura pour moi la re- CMoaisBance que j'aurai pour lui toutes les fois qu'il voudra bien me corriger d'une erreur.

« — Le gouvernement, quel qu*il soit, continue M. Vidal,

• c'est pour nous la protection, la prévoyance sociale; le re- « prénentaot de l'ordre pour tous et de l'intérêt de tous ; « c^eal la direction supérieure des forces et des intelligences. « Eh bien! nous croyons que toutes les forces, toutes les « faMeiygeooes doivent être dirigées. •

— Et par qui, s'il vous plall? Encore une fois, est-ce par ^oos, par M. Louis Blanc, «m |»r la raison? Si c'est par la raison, dites alors : comment ce qu'elle ordonne se connaît ponr tous et pour chacun d'une manière rationnellement intfMtestable ; et, quel moyen possède la raison pour se faire obéir inévitablement? je vous pK'viens encore ; que, ces choses aani absolument impossibles, sous l'antropomorphismeetsous lapanlbétsme, que vous tenez comme seuls possibles. Alors, le seul directeur possible des forces et des intelligences, c'est kplu fort. Et c'est ce qui existe depuis le commencement ài monde. Pourquoi donc n'êtes-vous pas content?

Aprts oda, toos faites de la logomachie, sur la libre con-

currence, que vous repoussez ; et, sur la noble rivalité, que vous adiuellez. Eh, Messieurs! ne disputons point sur les mois. Si vous préférez l'expression noble rivalité à Texpression libre concurrence, soit. Dites-nous seulement : comment, la noble rivalité peut triompher, pour le bien de tous, au sein de l'humanité. Et surtout : ne faites ni logomachies ni utopies.

c — Nous ne serons pas , dites-vous, pour le salarial, « pour le libre débat des salaires, parce que nous ne croyons « pas à la liberté de l'affamé vis-à-vis du détenteur des « subsistances. »

— Alors, vous êtes pour le libre débat des salaires, puisque ce que vous lui reprochez actuellement, c'esl de N£PA8

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