ÊTRE LIBRE
* — Parce que, ajoutez-vous , nous ne croyons point a a la liberté /?r(f/en£(t/e des salaires; laquelle se réduit à la li- « berlé de ne pas travailler; c'est-à-dire à la liberté de mourir « de faim, »
— Ainsi, ce que vous reprochez à la liberté des salariés, c'est de n'être qu'une prétendue liberté! Vous êtes donc partisan de la liberté réelle des salaires! Vous avez raison, Monsieur. Hors cela, il n'y a de possible : que, le plus stupide des despolismes. Ce que vous avez voulu dire vaut infiniment mieux que ce que vous avez dit.
Plus loin, vous dites :
u — L'intention, la meilleure intention ne saurait suppléer a au savoir et à la capacité. »
— Ah! Monsieur! quelle vérité vous venez de dire! Elle devrait être la devise actuelle, et des économistes, et des prétendus socialistes.
Apres cela, vient une série de : nous ne croyons pas. Vous savez ce que dit saint Augustin d'un homme qui a une opiiûon ; et, actuellement toute croyance est une opi-
nioD. Que penseriez-vous, Monsieur, d'un maiire de mathématiques qui vous dirait, à vous son disciple : je crois que deux et deux font quatre; je crois que les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits; puis vous laisserait sans démonstration? Vous diriez, n*est-il pas vrai : voilà un roattre qui me vole mon argent? Eh bien ! depuis que Texamen est devenu incompressible; ilepuis que la force peut seule décider entre des opinions; il faut, en organisation sociale, parler comme on doit parler en mathématiques : démontrer; ou se taire; ou, voler l'argent de ceux qui vous paient, pour connaître la vérité.
H. Vidal termine ses : nous ne croyons pas, par le nous croyons suivant :
• — Nous croyons, au contraire, dit-il, qu'il faut, avant « tout, constituer la solidarité effcclive de tous les intérêts; « puis diriger toutes les forces vers un but déterminé. »
— Par exemple, voilà une excellente croyance! C'est bien dommage que sous l'antropomorphisme ou le panthéisme, que M. Vidal admet comme seuls possibles, et en présence de l'incompressibilité de l'examen, la possibilité de réaliser cette croyance soit la plus naïve des utopies !
€ — C'est, dit M. Vidal, l'erreur constante des écono-
< mistes, l'erreur mère et génératrice de toutes les erreurs,
< de toujours confondre l'économie, science morcelé avant
< tout, avec les sciences physiques. »
— M. Vidal a ici parfaitement raison. Seulement il oublie : que, l'erreur capitale des prétendus socialistes, erreur mère et génératrice de toutes leurs erreurs, est de croire : qu'une science morale peut exister, sous l'antropomorphisme on sous le panthéisme. Et, cependant, ils ne reconnaissent de possible que l'antropomorphisme ou le panthéisme.
« — Le monde moral, dit M. Vidal, diOëre essentielle- • meiit du monde physique. »
-^ Sous Faotropomorphisme, comme sous le panthéisme, III. \^
e( ?is-à-vis de la raison supposée exister alors, il n*y a pas plus de monde moral possible, que d'êtres réels au sein du néant.
c — Les minéraux et les végétaux, dit M. Vidal, sont à €pen pris aujourd'hui ce qu'ils étaient le lendemain de la « création. »
— Le lendemain de la création est joli ! Et la veille, s'il vous plaît, qu'est-ce qu'il y avait? Rien? El comment trouvez-vous, en face de la raison, faire quelque chose de